Sélection nationale: Les U20 préparent les jeux de la francophonie !

Le deuxième regroupement des Lions U20 en vue de la préparation des 8e jeux de la francophonie qui auront lieu en Côte d’Ivoire démarre ce jeudi 29 juin au centre technique de la FECAFOOT à Odza. Le sélectionneur Christophe Ousmanou a rendu public une liste de 25 joueurs locaux plus une liste d’attente de 04 professionnels:

OMOSSOLA MEDJO SIMON (COTON SPORT GAROUA)

DANDE JUNIOR (APEJES DE MFOU)

DJOMO TCHOTCHEU CEDRIC (TITANIC FC EDEA)

TCHOFO KUATE ANGE (ASTRES FC DOUALA)

MBAISSIDARA MBAIZO OLIVIER (UNION SPORTIVE DE DOUALA)

NKOLO MVOGO A. LANDRY (ASTRES FC DOUALA)

YAMPILI MAAKTE ULRICH (COTON SPORT GAROUA)

TSOPGNI GANKEMG BEAUCLAIRE (AIGLE MENOUA)

NSEGBE CARSON ELIADE MARVIN (AS FORTUNA MFOU)

DIN GUILLAUME (RACING BAFOUSSAM)

MPINDI EKANI VICTOR (AS FORTUNA MFOU)

KEMAYOU WILFRIED (UNION SPORTIVE DOUALA)

OUM GOUET SAMUEL YVES (APEJES MFOU)

NGUIDJOL BAYEMI CHRISTIAN (EDING FC YAOUNDE)

EKOLLO MALOLO SERGE (DRAGON FC YAOUNDE)

DONFACK NGUIMZEU RAMES (UNISPORT HAUT NKAM)

NGUEDE NGUEDE JUNIOR (COLOMBE SANGMELIMA)

BESSONG JUNIOR ANTOINE (RACING BAFOUSSAM)

NDAM MOUNTALA MOHAMED (CANON SPORTIF YAOUNDE)

SIME PRINCE JUNIOR (AS FORTUNA MFOU)

NJIFAINJOU LIFAP ABDOU (AVION FC)

TCHAYI TCHAMBA CYRILLE (BOTAFOGO FC DOUALA)

ESSOME NJANGUI SAMUEL (AIGLE DSCHANG)

MASSI ENGOLO JOEL LIONEL (EDING FC LEKIE)

EYEYA ZANGA LOUIS (AIGLE DE LA MENOUA)

LISTE D’ATTENTE

AYUK MBU ERIC (JONKOPINGS SODRA IF, SUEDE)

JIH KALVIN KETU (ALCOBENDAS LEVITT CF, ESPAGNE)

TCHAMBA BANGOU DUPLEXE (RACING CLUB DE STRASBOURG)

KEVIN SONI OLIVER (PAU FC, France)

Cameroun – football – MTN Elite one : Yong Sport surprend Unisport, Eding se relève, Dragon enfonce Colombe ; résultats partiels et bilan de la 19e journée !

La 19e journée du championnat national MTN Elite one a livré la copie partielle de ses résultats ce mercredi. 08 matchs ont été joués, 12 buts inscrits 05 victoires pour 03 à l’extérieur et 02 à domicile.

Les tops :

  • Apejes enchaine sa 2e victoire en deux sorties pour la phase retour avec 0 but encaissé et 03 inscrits ;
  • Yong Sport Academy de Bamenda obtient sa deuxième victoire ;
  • Eding Sport creuse l’écart et reste seul en tête ;
  • Newstars et Dragon se relèvent après le coup de frein.
  • Racing n’encaisse pas depuis deux matchs

Les flops :

  • Canon se retrouve à la limite de la zone rouge ;
  • Colombe Sportive du Dja et Lobo enchaine sa 2e victoire consécutive pour cette phase retour ;
  • Ums enregistre 1 pt/6 malgré le changement d’entraineur.
  • Unisport n’arrive pas à décoller à domicile

Les Résultats 

APEJES vs STADE R 2-0

UNISPORT vs YOSA  0-1

UMS vs FEUTCHEU 0-0

AIGLE vs UNION  0-0

EDING SPORT vs ASTRES  2-1

COLOMBE vs DRAGON 0-2

CANON vs LION BLESSE 1-1

NEW STARS vs RACING 0-2

Match en retard 11/07

Bamboutos – Coton Sport

Jean Morand Mbarga

Cameroun – football MTN Elite one : Apejes de Mfou séduit face à Stade Renard (2-0) !

Il est indéniable que s’il y a un club qui séduit de par son football actuellement c’est Apejes de Mfou. Après la victoire que d’aucuns avaient qualifiée de surprise face à l’Union des Mouvements Sportifs de Loum (1-0), les poulains d’Herman Sokba Oumarou « Marcello Bielsa » ont récidivé de fort belle manière devant Stade  Renard de Melong (2-0). Comme face à UMS, c’est celui qui arborait fièrement le brassard de capitaine, Brice Owona qui a montré le chemin à ses camarades à moins de 10 minutes de jeu. Après une belle action d’un Nelson Moukeu qui revient à son meilleur niveau, le numéro 9 des académiciens de Mfou va tromper le vétéran Maturin Kameni. Les enfants de Léon Aimé Zang régalent. Sur une relance, Junior Dande, le portier des détenteurs du trophée de la coupe du Cameroun, retrouve Cyrille Ngando qui lance Gerard Nkwahtong Tamukong. D’une frappe sèche, ce dernier va définitivement sceller le sort des hommes du coach Jean Pierre Ngwe Bahabege (2-0) au grand bonheur du public venu suivre la rencontre. Du retour des vestiaires, malgré les deux changements effectués côté Melong avant la pause, rien ne se passera plus. Très attendu dans ce match, Ledoux  De Gas Parin Moudoungo ne trouvera pas la solution. Avalé au milieu de terrain par l’intraitable Alima Atangana et Joel Emmanuel Kofana. Cette victoire place Apejes à la 2e position en attendant le résultat de Coton Sport qui se déplacera à Mbouda. Le prochain match d’Apejes sera à Douala face à Union pendant que Stade Renard qui s’éloigne de plus en plus du haut du tableau sera face au Canon.

Jean Morand Mbarga

Cameroun – football MTN Elite one : Essono offre un point précieux au Canon !

Le canon sportif de Yaoundé a concédé un match nul (1-1) au stade militaire de Yaoundé ce mercredi 28 juin 2017 face à la lanterne rouge Lionblessé.

 

Un début de match parfait !

C’est un canon à deux visages que l’on a observé cet après-midi au stade militaire. Pour son premier match en championnat cette saison, Lionel Otto Essono qui a eu la confiance de son coach Jean Pierre Fiala Fiala a démarré de la plus belle des manières. L’ancien jouer d’Atromitos FC (Grèce) pensait avoir fait le plus dur en ouvrant son compteur but (1-0). Après avoir hérité d’un ballon à l’entrée de la surface, l’ancien numéro 10 de Green City jeune se jouait des deux défenseurs d’un contrôle avant de fusiller  Yebi Zogo resté scotché sur sa ligne. Après une saison blanche la saison dernière suite aux problèmes de santé, Otto qui a refusé de repartir de suite à l’étranger inscrit là son premier but  en elite one.  Les poulains de l’actuel entraineur adjoint des Lions U20 se font plaisir et contrôlent le jeu. Mais plus d’une fois, n’arrivent pas à tuer le match. C’est encore Essono qui essaiera de se faire justice à quelques minutes de la pause après avoir subi une faute mais voit son coup franc se diriger dans le décor. C’est donc avec un léger avantage que le club de Nkolndongo va se retrouver à la pause.

Le réveil du lion blessé !

C’est un autre Canon qui se présente au retour des vestiaires. A la fatigue, s’ajoute la maladresse. Les camarades de Thierry Onana ont du mal à répondre à l’impact physique que leur impose leur adversaire. En face, Jean Félicien Nko’o quoique n’étant pas sur le banc de touche, a réussi à booster le moral de ses hommes. Thierry Bedime Dikombwe s’impose de plus en plus au milieu de terrain. L’entrée de Sylvain Franck Poualeu ne va pas arranger les affaires des rouge et vert. Alors que le secteur offensif ne répond plus côté Canon, le dernier du championnat décide d’accélérer. Après un débordement dans le couloir gauche d’André Kamgang Pangop qui met au vent Hervé Zoa et prend de vitesse Axel Ndzana, avant de servir le nouvel entrant qui ne se pose pas de question et bat Paulin Tafou pour l’éfalisation (1-1). Les jérémiades de Ndzana  imposent auprès de Mpellé Mbellé qui n’avait pas vu la faute commise sur le milieu de terrain des Mekok Megonda ne changeront rien. Entré en cours de jeu, Ndam essayera tant bien de se battre en vain.

A la 20e journée, le Canon sportif affrontera Stade Renard à Melong tandis que Lionblessé recevra Eding.

Jean Morand Mbarga 

 

Au cœur des finances nationales: Difficile mais exaltante mission

L’ancien étudiant d’électronique à l’Université technique de Rhénanie-Westphalie à Aix-la-Chapelle (Allemagne), qui aura aussi étudié en Belgique et en Turquie, n’aura guère tardé à imprimer sa marque, dans les clous de la feuille de route reçue, une fois installé au Minfi. Avec de grands dossiers l’y attendant. En matière budgétaire, lui était ainsi confié le soin : de l’élaboration de la loi de règlement et de loi de finances ; de la préparation, du suivi et du contrôle de l’exécution du budget de fonctionnement de l’Etat, ainsi que de l’exécution du budget d’investissement en relation avec le Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat) ; de l’exécution du budget d’investissement, en liaison avec le Minepat ; des opérations de dévolution du patrimoine immobilier, mobilier de l’Etat, des Etablissements Publics Administratifs (Epa) et des sociétés à capital public, en liaison avec le Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières ; du contrôle financier des organismes dotés d’un budget annexe et des établissements publics autonomes suivant les règlements propres à chaque organisme ou établissement ; de la mise en œuvre des privatisations et de la réhabilitation des entreprises publiques ; du suivi et du contrôle de la gestion des créances et des participations publiques, de l’endettement des personnes morales de droit public et de l’emploi des subventions ; de la prévision à court terme dans le cadre de l’élaboration du budget de l’Etat.

En matière fiscale, lui revenait de s’occuper du sensible domaine des impôts et des douanes. En matière monétaire et financière, il devenait responsable : de la gestion de la dette publique intérieure et extérieure ; de la gestion du trésor public ; de l’élaboration de la balance des paiements ; du contrôle des finances extérieures, de la monnaie et de la réglementation des changes ; de la promotion de l’épargne et de son emploi pour le développement économique ; du suivi de la coopération monétaire et financière, en liaison avec le Ministère des Relations Extérieurs ; du suivi et du contrôle des établissements de crédits, des compagnies d’assurances et des marchés financiers ; du suivi des affaires du Fonds Monétaire International, en liaison avec le Ministère des Relations Extérieures.

Toujours parmi les attributions du Minefi : la tutelle sur l’institut d’émission, des établissements de crédit, des compagnies d’assurances, de structures comme la Caisse Autonome d’Amortissement, la Caisse des Dépôts et Consignations, et la Société de Recouvrement des Créances du Cameroun. Avec en outre, comme structures rattachées à son ministère, le Centre National de Développement de l’Informatique (Cenadi), la Commission Technique de Privatisation et de Liquidation des Entreprises Publiques (Ctpl), la Commission Technique de Réhabilitation des Entreprises Publiques (Ctr) et l’Agence Nationale d’Investigations Financières (Anif).

Autant de missions auxquelles s’attelle au quotidien,  avec les résultats que l’on sait, qui ne devraient qu’être encouragés, celui qui en 1993, entra à la banque Ccei (qui deviendra Afriland First Bank), avant d’en être promu directeur général 10 ans plus tard. Lui qui, en 2004, avait piloté le lancement de I-Card, le premier porte-monnaie électronique dans la sous-région d’Afrique centrale. C’est sous sa férule comme ministre des finances que le pipeline Lom Pangar est achevé, que notre pays a passé le cap des 5% de croissance dans un contexte financier international moribond. Encore à son actif, le fait d’avoir mené des réformes de simplification des procédures et de modernisation des administrations. Sous son impulsion, le premier site internet du ministère des finances camerounais a été lancé, jeune et moderne qu’est ce désormais grand commis de l’Etat. Toujours parmi ses principaux faits d’armes, on peut relever en décembre 2012 le point d’honneur qu’il mit à défendre et réguler le secteur de la microfinance, par lui identifié comme un excellent vecteur de croissance du pays. En février 2014, il avait fait fermer 84 établissements de microfinance illégaux au Cameroun, et rappelé à l’ordre les autres l’année suivante, ceci pour faire respecter scrupuleusement les règles en vigueur.

L’une des plus grandes innovations de cet homme très apprécié des milieux d’affaires,  reste le concept de budget-programme qui planifie les recettes et les dépenses, permettant ainsi au Cameroun de devenir le premier pays d’Afrique subsaharienne francophone à basculer totalement dans un système de budgétisation programmée.

Léopold T. Yamdjeu

BEAC: L’élan d’un nouveau départ

La prise de fonction du nouveau gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale y a apporté une bien meilleure dynamique, observable dans le fonctionnement de cette institution.  

Abbas Mahamat Tolli est le fils de la sœur aînée du président tchadien Idriss Déby Itno. Lorsque, l’an dernier, le nouveau gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) fut nommé par les chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), certains esprits chagrins n’avaient voulu qu’y voir une marque de népotisme. Son oncle aurait usé de tout son poids pour l’imposer à cette prestigieuse fonction, disaient les ragots ; d’autant plus que son adjoint à la Beac, le Camerounais Mevou Mekou, est lui aussi neveu (car fils de la sœur) de Paul Biya. De là à y voir une volonté manifeste des deux chefs d’Etat de caser leur protégé, il n’y avait qu’un pas. Que beaucoup par contre n’auront pas franchi, la réalité étant tout autre. En effet, de même qu’on ne saurait parler d’arrivisme pour Dieudonné Evou Mekou qui était depuis une décennie à la Caisse autonome d’amortissement (Caa) camerounaise, Abbas Mahamat Tolli avait au préalable occupé de bien hautes fonctions. D’ailleurs,  Rigobert Roger Andely, ancien ministre congolais de l’Économie et ex-vice-gouverneur de la BEAC, qui eut à le côtoyer, balayait d’un revers de la main une telle assertion, affirmant à Jeune Afrique : « Il faut arrêter avec le délit de parenté. Plus que tout, son intelligence et son management collaboratif le qualifient pour le poste [de gouverneur de la Beac] ».

Né en avril 1972 à Abéché à l’Est du Tchad, Abbas Mahamat Tolli peut se prévaloir d’un parcours riche et dense. Après un Bachelor en Administration des Affaires de l’Université de Québec au Canada, il a occupé plusieurs hautes fonctions dans son pays. De 2001 à 2002 il est directeur des Douanes et Droits indirects, avant d’aller faire un an à l’Ena en France, où il obtint un diplôme en économie. Entre 2003 et 2004 on le retrouve directeur du Cabinet civil du président de la République tchadienne, avant de devenir entre février et août 2005 secrétaire d’Etat au ministère des Finances. Puis ministre des Finances jusqu’en 2008. Il est fait plus tard ministre des Infrastructures et des Equipements (2011-2012), et de 2012 à 2015 il trône au secrétariat général de la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac), avant sa nomination en 2015 à la présidence de la Banque de développement des Etats de l’Afrique Centrale (Bdeac). Qui  est une institution financière internationale chargée de financer le développement des pays membres de la Cemac, créée par un accord signé le 3 décembre 1975 à Bangui par les chefs d’État de la sous-région.

Depuis la cérémonie de son installation officielle le vendredi 31 mars 2017  à  Yaoundé, le nouveau Gouverneur qui était en fonction depuis février 2017,  s’investit  afin de  relever les nombreux défis  qui l’interpellent, en vue  d’accélérer les réformes économiques et financières envisagées par les chefs d’Etat qui l’ont coopté. La Cemac  connait depuis plus de deux ans des turbulences susceptibles de ralentir son émergence. Dans ce climat marqué par la détérioration  de la situation économique et financière « Abbas Mahamat Tolli est  l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, au regard de son profil et de son parcours professionnel bien riche » assène Calixte Nganongo, le président en exercice du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale.

Même si, après une préparation de six mois avant le passage de témoin, Abbas Mahamat Tolli prend une maison en assez bonne santé financière, il n’en a pas moins des défis. Dont le moindre n’est pas de pérenniser les acquis et de s’attaquer aux dossiers chauds, notamment en ce qui concerne le débat sur le Franc CFA de plus en plus présent dans les esprits. Parmi les principaux chantiers qui l’attendent et auxquels il doit s’attaquer sans atermoiements, figure notamment le renforcement de la qualité de l’information financière, nécessaire à l’accroissement de l’accès aux crédits bancaires.

PAUL AYAH ABINE: Des interrogations sur son avenir

La session du Conseil supérieur de la magistrature tenue ce 07 juin 2017 a, en plus d’autres décisions fortes comme le remplacement du président du Tcs, réglé définitivement la carrière professionnelle de ce leader politique.

Tout partit d’une convocation qu’il reçut le jeudi 19 janvier 2017 à son domicile à Yaoundé, en milieu d’après-midi, servie par deux gendarmes du Sed. Convocation initiée dans le cadre de la vague d’arrestations au lendemain de l’interdiction d’activités faite au Cameroon anglophone civil society consortium (le Consortium), et au Southern Cameroon national Council (Scnc), mouvement sécessionniste. Ce magistrat était alors avocat général près la cour suprême, où il avait été nommé en 2014. Certains durs du régime le considérant comme étant le leader des factieux, lui qui devint député de la Manyu pour le compte du Rdpc en 2002, avant d’en démissionner en janvier 2011 pour créer le People’s action party (Pap), dont il porta la candidature lors de la dernière présidentielle.  Au sein du Rdpc déjà, Paul Ayah était connu pour être une forte tête, comme se préparant à la dissidence, n’hésitant alors pas à braver les instructions de la hiérarchie. C’est ainsi qu’en 2008, il fut contre la révision constitutionnelle devant permettre à Paul Biya de briguer un troisième septennat consécutif, en 2011. Et partant  pouvoir se faire élire autant de fois qu’il le souhaiterait. Avant même cette action d’éclat qui au sein du Rdpc était considérée comme un acte de témérité courage suicidaire, le catéchisme officiel du parti étant parole d’évangile, il fit partie des députés qui demandèrent une enquête pour corruption contre un membre du Gouvernement, Augustin Frédéric Kodock, alors ministre de l’Agriculture.

C’était donc un grand risque que prenait le chef de l’Etat en le nommant à la cour suprême, dans une geste qui se voulait un exemple palpable de bonne gouvernance et respect des us démocratiques : la nomination d’un opposant à une telle fonction, sans que les circonstances l’exigent formellement. «Avant cette nomination, des informations persistantes le déclaraient bientôt à la tête du SCNC», écrivait Mutations le vendredi 20 janvier dernier.

C’est le 21 janvier dernier que Paul Ayah Abine avait été interpellé. Il devait répondre des faits de complicité et apologie de terrorisme dans le cadre des revendications relatives à la crise anglophone. Le 16 mars 2017 à la première audition, ses avocats dénoncèrent les conditions d’arrestation de leur client, les estimant non conformes. Mais le 21 mars 2017, celui qui est détenu Sed avait vu rejeter la  demande de libération immédiate déposée par ses avocats, devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi. Celui-ci estimant qu’il n’y avait eu aucune violation de la loi lors de son arrestation. Ce à quoi s’opposent ses conseils, qui relèvent que l’intéressé a été interpellé sans mandat d’amener.

Le collège de ses avocats, sous l’impulsion du Pr Maurice Kamto, rappelant que l’arrestation d’un haut magistrat obéit à des procédures spécifiques, qui d’après eux auront tout simplement été violées avec le leader du Pap. En tout cas le tribunal aura été d’un avis contraire, et l’homme doit rester derrière les barreaux pour affronter la justice. Se confiant au quotidien Emergence,  son fils Ayah Ayah Abine, porte-parole de la famille, déclarait  fin avril : «Cela fait 100 jours que la famille est partagée entre la peur, les menaces et les intimidations. Par exemple dans la nuit de vendredi à samedi matin dernier, des gens ont essayé pendant plus de deux heures de temps de forcer notre portail. Ils ont sonné, ils nous ont même appelés. Est-ce une coïncidence ou un pan de tout ce qui nous arrive à notre famille depuis le 21 janvier 2017, jour où notre père a été enlevé ? Le fait que tout ceci nous arrive après son enlèvement nous fait croire que c’est juste la suite de ce complot politique qui est mené contre notre famille».

A propos de la demande d’habeas corpus rejetée par la Cour d’appel, le porte-parole de la famille Abine alléguait, reprenant des arguments des conseils de la famille, que «soit cela relève de l’ignorance des juges, ou alors ils reçoivent des ordres de l’exécutif. L’article 584 du code de procédure pénale parle de l’habeas corpus et stipule que le Tribunal de grande instance statue sur l’arrestation et la détention illégales d’un individu en cas de non suivi de la procédure. L’article 18 du même code stipule que l’arrestation s’effectue sur la base d’un mandat d’arrêt, sauf en cas de flagrant délit qui ne s’applique pas à Paul Ayah Abine. Y avait-il un mandat d’arrêt lors de son arrestation ? Non. C’est pour cela que je parle d’enlèvement. Il a été mis en détention un samedi, en violation de l’article 119 alinéa 4 du code de procédure pénale».

C’est dans ce contexte qu’est intervenue la nouvelle de l’arrestation du fils de ce magistrat embastillé, alors qu’il attendait dans l’enceinte du Tribunal militaire de Yaoundé la nouvelle comparution des leaders du Consortium Anglophone Musicians. Ayah Ayah Abine, quelques jours avant son 34ème anniversaire qui est survenu le vendredi 09 juin 2017, aurait été mis aux arrêts par la gendarmerie. Ceci en compagnie de son cousin, étudiant à l’Université de Buea, le nommé Christian Etonong. Il serait reproché au fils Ayah, fonctionnaire du ministère des Sports et de l’Eduction physique, diplômé de l’Injs, ainsi qu’à son compagnon d’infortune, d’avoir apporté une camera au tribunal militaire. On les soupçonnerait ainsi d’avoir fait des prises de vues illégales. Série noire pour le jeune homme car le jour même, parmi les résolutions prises par le Conseil supérieur de la magistrature s’étant tenu au Palais de l’Unité, figurait la mise à la retraite de son géniteur, le magistrat hors hiérarchie qui perdait ipso facto ses fonctions d’avocat général près la Cour suprême du Cameroun, avec à la clé quelqu’un d’autre nommé pour le remplacer : l’ancien président du Tcs Yap Abdou. Le Chef de l’Etat, président du Conseil supérieur de la magistrature, n’a donc pas suivi certains de ses conseillers qui lui recommandaient la révocation pure et simple de cet homme de droit qui se dit incarcéré « sans justification aucune, sans la moindre inculpation et personne ne me déclare jusqu’à présent ce qui justifie ma présence ici (au Sed, Ndlr)».

PATRIMOINES FAMILIAUX De la fourmi aux cigales

Des biens péniblement amassés à la sueur du front de certains pères sont dilapidés par leurs héritiers.

Significatif est l’exemple d’une famille qui n’a su faire fructifier une succession : les Noussi. M. Philippe Noussi, patriarche baleng depuis installé dans la capitale où il avait, au prix d’efforts incessants, finit par faire fortune, fut davantage connu par ce qui était le navire amiral de sa flottille d’activités, la menuiserie Noussi dont l’enseigne était une référence. En dehors de ce lourd investissement au quartier Anguissa, l’hôtel le Progrès du marché Mokolo, toujours dans la capitale, qui se voulait un des fleurons du déploiement économique de l’homme de Baleng. Aussi avait-il prévu, soucieux de l’extension et la modernisation de son infrastructure hôtelière, pensé à installer un ascenseur, après avoir augmenté le nombre d’étages pour lesquels des fondations conséquentes avaient été posées. Mais patatras ! Le destin frappa à sa porte, et vers ses ancêtres il partit, Dieu l’ayant rappelé à Lui. Nous sommes au début des années 1990.

A peine le corps enterré, avant même que le délai de viduité imposé par la loi aux veuves se soit écoulé, d’âpres batailles commencèrent à être livrées, certaines feutrées, en sourdine, d’autres ouvertement, déchainant des passions à la mesure du gâteau à partager.

Et des ayant-droits, le défunt en laissait ! En fait, plus d’une vingtaine. D’autres parlent de plus de trente. Polygame comme à l’époque tout bon Bamiléké arrivé, il avait tant d’enfants, qu’il aurait dit à un ami lors d’une soirée arrosée, que l’on pourrait se demander si ce n’était pas de l’élevage. Surtout qu’en plus de sa propre progéniture, il avait en charge les orphelins de son défunt frère aîné. Celui-là même qui lui avait fait quitter le village pour le retrouver à Yaoundé, où il était arrivé comme pionnier d’une fratrie comprenant en outre feu Bonjawo, le père de Jacques du même nom, connu pour avoir été un informaticien de génie à Microsoft, et reconnu en raison du projet de télémédecine qu’il a implémenté.

Des femmes d’origine bamiléké,  bamoun et béti, le défunt Noussi en avait, dont les enfants étaient tous éligibles à la jouissance de ses biens. Sans compter un autre qu’il reconnut, issu de ses œuvres avec une veuve de son défunt frère aîné. Qui en cette qualité, était autant que les autres rejetons Noussi admis à la succession.

Différentes péripéties émaillèrent alors l’administration de ces biens,  qui finirent par fondre comme du beurre au soleil, rétrécir comme une peau de chagrin, au gré de successives ventes auxquelles l’un des enfants dit s’être toujours opposé : Noussi Atangana Edy, qui tel que son nom l’indique est issu d’une des femmes béti laissées par le patriarche Noussi. Le problème pour lui, était que le fruit de ces différentes ventes était en grande partie dilapidé une fois réparti en de si nombreuses parts. « Il y en a qui ont tout mis dans les machines à sous », aurait-il confié.

Et c’est suite à son opposition de laisser vendre le dernier bien immeuble d’envergure, l’hôtel le Progrès, qu’il aurait été agressé par Alphonse Ntognia Kuize dit Cameroun Bébé, ce que nous relations dans notre dernière édition. Le mis en cause, contre qui une plainte en bonne et due forme a été déposée chez le procureur du tribunal de grande instance du Mfoundi pour « tentative d’assassinat et filouterie de loyer », le second motif lui aussi étant passible d’incarcération, devant déférer aux convocations de la gendarmerie à qui a été confiée l’affaire pour la conduite de l’enquête préliminaire.

Mais déjà, un des témoins clés se rétracte : « Je n’ai rien vu, ne me citez pas », implora-t-il quand on lui rappela sa comparution prochaine pour avoir assisté à l’agression. L’on réalise qu’il ne veut point incriminer son patron par son témoignage, sachant que ce dernier a tort dans cette affaire, puisqu’il travaille pour Cameroun Bébé.  D’après certaines rumeurs,  Alphonse Ntognia Kuize aurait eu un deal Avec le reste de la famille Noussi pour l’achat de ce building de Mokolo, dont il n’est jusqu’ici que locataire d’une partie. Et c’est fort du soutien des autres Noussi  qu’il veut se prévaloir du statut non de simple locataire, mais de potentiel acquéreur et même futur  propriétaire. Noussi Atangana Edy étant l’obstacle à éliminer pour parvenir à ses fins, assure un proche de la victime. Car un frère d’Atangana, né d’une femme bamoun, l’a même attrait au tribunal pour lui arracher tout pouvoir de décision dans l’administration de leurs biens. Procédure pour laquelle ils sont de nos jours au niveau de la Cour suprême.

L’âme du défunt Philippe Noussi, qui n’aspirait qu’à reposer en paix, pourrait bien être torturée par ce qui se passe après lui, au point que ses restes se retournent dans sa tombe. Lui dont la gestion de l’héritage est révélatrice de l’incapacité de certaines familles de pérenniser un héritage, ce qui ne peut que laisser une impression de gâchis.