Les enjeux de la conversion au biofuel

En plus d’être une solution aux coupures intempestives du courant électrique, le biocarburant permet d’économiser jusqu’à 71% de la consommation quotidienne des entreprises.

Une société comme la SCR Maya & Cie basée dans  la  zone  industrielle de Bonabéri, à Douala IVème, consomme en moyenne 25 000 litres de gazole par jour, soit près de 9,2 millions de litres de gazole l’année, pour faire fonctionner ses machines.

Sachant que les industries opérant au Cameroun achètent le litre de gazole hors TVA au prix de 470 FCFA, la société Maya consacre ainsi la somme de 11,7 millions de FCFA à sa consommation journalière de gazole. Soit la forte somme de 4,3 milliards de FCFA par an. En effectuant une conversion au biofuel, cette entreprise leader de la production d’huiles végétales raffinées au Cameroun, économiserait jusqu’à 71% de consommation actuelle de gazole. L’équivalent de 3,05 milliards de FCFA l’année. Idem, pour une entreprise comme AFM BROLI qui annonce, apprend-on, une consommation journalière de 2000 litres de gazole par jour. Ce qui lui coûte 940 000 FCFA par jour, 23,5 millions de FCFA par mois et 282 millions de FCFA par an. Or, en s’arrimant au biofuel, cette dernière ne consacrerait plus que la somme de 331 200FCFA par jour à l’énergie lui permettant de faire tourner ses machines, grâce à une baisse de sa consommation actuelle de57%.

Ces données sont la résultante d’une étude menée auprès des industries locales par le Groupement d’intérêt économique (GIE) Powercam, qui travaille   depuis   quelques temps sur  la  conversion des industries au biofuel. Elles ont été présentées aux entreprises membres du Gicam, le mardi 19 septembre dernier, pour dé- montrer  l’efficacité énergétique  et  l’intérêt économique du biofuel. Le biocarburant,     puisqu’il s’agit de lui, est donc un carburant (biocombustible liquide ou gazeux) produit à partir de matériaux organiques non fossiles, pro- venant de la biomasse et qui vient en complément ou  substitution du  combustible fossile (essence, gaz, gazole, fioul, etc.). Ce que propose Powercam, à travers  le  projet  GEWC (Green Energy Wood Chips), qui est une filiale des membres de ce GIE, est la conversion des industries au biocarburant, en les aidant à se doter de centrales biomasses, fonctionnant grâce au bois issu des   exploitations  forestières, sous forme de Plaquettes forestières sèches (PFS). « GEWC a pour vocation de promouvoir l’utilisation  du   bois-énergie sous forme de plaquettes forestières ou chips pour le marché local. La PFS est le résultat du broyage par des engins mécanisés (broyeurs à couteaux) des rémanents d’une exploitation forestière ou de bois de faible diamètre dont c’est souvent la seule valorisation possible. Elle se présente sous la forme de petits morceaux de bois d’environ 2x2X5 cm, d’une teneur en eau variable de 25×55%. A cause du foisonnement, 1m3 de bois plein représente environ 2,5 à 3 m3 apparents de plaquettes », explique Jean Michel Job, administrateur de Powercam.

A l’en croire, les PFS, à un taux de 20 à 30% d’humidité. Les économies par rapport au gazole, au fioul et au gaz sont très importantes. Ce qui semble donc attractif pour les indus- tries du pays. Surtout que le coût de la mise à disposition des équipements (centrales biomasses) pour l’utilisation des PFS varie de 31 millions de FCFA 220 millions de FCFA.

Joseph Roland Djotié

Source: Le quotidien de l’économie N° 01384

Les routiers ouest africains soulagés par la réduction des tracasseries

Le président de la confédération des syndicats des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest (CSCRAO), Koné Vaffi a salué, mercredi, la réduction des barrages et des tracasseries routières dans l’espace CEDEAO estimant qu’il est temps de formaliser le métier de conducteur professionnel.

‘’Aujourd’hui, nous recevons aisément des conducteurs étrangers, grâce à la politique d’intégration de notre confédération. Le chauffeur est le poumon de l’intégration dans la CEDEAO. Il est donc important de se mettre ensemble puisque les préoccupations sont énormes donc il faut se réunir pour les résoudre. Aujourd’hui les barrages ont diminué, les tracasseries routières ont été réduites, et nous saluons ceci’’, s’est réjoui Koné Vaffi.

S’exprimant lors du 2ème congrès ordinaire de la confédération des syndicats des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest, M. Koné a déploré le fait que la signature du document qui doit sortir le métier de chauffeur de l’informel dans chaque pays de la CEDEAO tarde à être signé par les transporteurs.

Babacar Carlos Mbaye représentant résident de la CEDEAO en Côte d’Ivoire a pour sa part indiqué que les 21 et 22 septembre prochains les délégués des pays membres se réuniront à Accra pour élaborer et adopter les modalités opérationnelles du mécanisme aux niveaux national et régional.

‘’Dans chaque pays membre concerné, un comité national de pilotage du mécanisme de suivi de la libre circulation des véhicules de transport, des personnes et des biens sera créé’’.
Koné Vaffi a été plébiscité à nouveau à la tête de cette organisation de la confédération des syndicats des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest (CSCRAO).

Source: news.abidjan.net

100 milliards d’économie en vue

Des réformes sont engagées par le gouvernement camerounais, dans le but de réduire le train de vie de l’Etat, jugé trop dispendieux. Des économies de l’ordre de 100 milliards de F CFA sont attendues, à faire notamment sur l’achat des véhicules administratifs lors du prochain exercice budgétaire. Toujours dans cette rubrique appelée à une cure d’amaigrissement : les frais de carburant et les missions à l’étranger des personnels de l’Etat.

Au cœur des finances nationales: Difficile mais exaltante mission

L’ancien étudiant d’électronique à l’Université technique de Rhénanie-Westphalie à Aix-la-Chapelle (Allemagne), qui aura aussi étudié en Belgique et en Turquie, n’aura guère tardé à imprimer sa marque, dans les clous de la feuille de route reçue, une fois installé au Minfi. Avec de grands dossiers l’y attendant. En matière budgétaire, lui était ainsi confié le soin : de l’élaboration de la loi de règlement et de loi de finances ; de la préparation, du suivi et du contrôle de l’exécution du budget de fonctionnement de l’Etat, ainsi que de l’exécution du budget d’investissement en relation avec le Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat) ; de l’exécution du budget d’investissement, en liaison avec le Minepat ; des opérations de dévolution du patrimoine immobilier, mobilier de l’Etat, des Etablissements Publics Administratifs (Epa) et des sociétés à capital public, en liaison avec le Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières ; du contrôle financier des organismes dotés d’un budget annexe et des établissements publics autonomes suivant les règlements propres à chaque organisme ou établissement ; de la mise en œuvre des privatisations et de la réhabilitation des entreprises publiques ; du suivi et du contrôle de la gestion des créances et des participations publiques, de l’endettement des personnes morales de droit public et de l’emploi des subventions ; de la prévision à court terme dans le cadre de l’élaboration du budget de l’Etat.

En matière fiscale, lui revenait de s’occuper du sensible domaine des impôts et des douanes. En matière monétaire et financière, il devenait responsable : de la gestion de la dette publique intérieure et extérieure ; de la gestion du trésor public ; de l’élaboration de la balance des paiements ; du contrôle des finances extérieures, de la monnaie et de la réglementation des changes ; de la promotion de l’épargne et de son emploi pour le développement économique ; du suivi de la coopération monétaire et financière, en liaison avec le Ministère des Relations Extérieurs ; du suivi et du contrôle des établissements de crédits, des compagnies d’assurances et des marchés financiers ; du suivi des affaires du Fonds Monétaire International, en liaison avec le Ministère des Relations Extérieures.

Toujours parmi les attributions du Minefi : la tutelle sur l’institut d’émission, des établissements de crédit, des compagnies d’assurances, de structures comme la Caisse Autonome d’Amortissement, la Caisse des Dépôts et Consignations, et la Société de Recouvrement des Créances du Cameroun. Avec en outre, comme structures rattachées à son ministère, le Centre National de Développement de l’Informatique (Cenadi), la Commission Technique de Privatisation et de Liquidation des Entreprises Publiques (Ctpl), la Commission Technique de Réhabilitation des Entreprises Publiques (Ctr) et l’Agence Nationale d’Investigations Financières (Anif).

Autant de missions auxquelles s’attelle au quotidien,  avec les résultats que l’on sait, qui ne devraient qu’être encouragés, celui qui en 1993, entra à la banque Ccei (qui deviendra Afriland First Bank), avant d’en être promu directeur général 10 ans plus tard. Lui qui, en 2004, avait piloté le lancement de I-Card, le premier porte-monnaie électronique dans la sous-région d’Afrique centrale. C’est sous sa férule comme ministre des finances que le pipeline Lom Pangar est achevé, que notre pays a passé le cap des 5% de croissance dans un contexte financier international moribond. Encore à son actif, le fait d’avoir mené des réformes de simplification des procédures et de modernisation des administrations. Sous son impulsion, le premier site internet du ministère des finances camerounais a été lancé, jeune et moderne qu’est ce désormais grand commis de l’Etat. Toujours parmi ses principaux faits d’armes, on peut relever en décembre 2012 le point d’honneur qu’il mit à défendre et réguler le secteur de la microfinance, par lui identifié comme un excellent vecteur de croissance du pays. En février 2014, il avait fait fermer 84 établissements de microfinance illégaux au Cameroun, et rappelé à l’ordre les autres l’année suivante, ceci pour faire respecter scrupuleusement les règles en vigueur.

L’une des plus grandes innovations de cet homme très apprécié des milieux d’affaires,  reste le concept de budget-programme qui planifie les recettes et les dépenses, permettant ainsi au Cameroun de devenir le premier pays d’Afrique subsaharienne francophone à basculer totalement dans un système de budgétisation programmée.

Léopold T. Yamdjeu

BEAC: L’élan d’un nouveau départ

La prise de fonction du nouveau gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale y a apporté une bien meilleure dynamique, observable dans le fonctionnement de cette institution.  

Abbas Mahamat Tolli est le fils de la sœur aînée du président tchadien Idriss Déby Itno. Lorsque, l’an dernier, le nouveau gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) fut nommé par les chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), certains esprits chagrins n’avaient voulu qu’y voir une marque de népotisme. Son oncle aurait usé de tout son poids pour l’imposer à cette prestigieuse fonction, disaient les ragots ; d’autant plus que son adjoint à la Beac, le Camerounais Mevou Mekou, est lui aussi neveu (car fils de la sœur) de Paul Biya. De là à y voir une volonté manifeste des deux chefs d’Etat de caser leur protégé, il n’y avait qu’un pas. Que beaucoup par contre n’auront pas franchi, la réalité étant tout autre. En effet, de même qu’on ne saurait parler d’arrivisme pour Dieudonné Evou Mekou qui était depuis une décennie à la Caisse autonome d’amortissement (Caa) camerounaise, Abbas Mahamat Tolli avait au préalable occupé de bien hautes fonctions. D’ailleurs,  Rigobert Roger Andely, ancien ministre congolais de l’Économie et ex-vice-gouverneur de la BEAC, qui eut à le côtoyer, balayait d’un revers de la main une telle assertion, affirmant à Jeune Afrique : « Il faut arrêter avec le délit de parenté. Plus que tout, son intelligence et son management collaboratif le qualifient pour le poste [de gouverneur de la Beac] ».

Né en avril 1972 à Abéché à l’Est du Tchad, Abbas Mahamat Tolli peut se prévaloir d’un parcours riche et dense. Après un Bachelor en Administration des Affaires de l’Université de Québec au Canada, il a occupé plusieurs hautes fonctions dans son pays. De 2001 à 2002 il est directeur des Douanes et Droits indirects, avant d’aller faire un an à l’Ena en France, où il obtint un diplôme en économie. Entre 2003 et 2004 on le retrouve directeur du Cabinet civil du président de la République tchadienne, avant de devenir entre février et août 2005 secrétaire d’Etat au ministère des Finances. Puis ministre des Finances jusqu’en 2008. Il est fait plus tard ministre des Infrastructures et des Equipements (2011-2012), et de 2012 à 2015 il trône au secrétariat général de la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac), avant sa nomination en 2015 à la présidence de la Banque de développement des Etats de l’Afrique Centrale (Bdeac). Qui  est une institution financière internationale chargée de financer le développement des pays membres de la Cemac, créée par un accord signé le 3 décembre 1975 à Bangui par les chefs d’État de la sous-région.

Depuis la cérémonie de son installation officielle le vendredi 31 mars 2017  à  Yaoundé, le nouveau Gouverneur qui était en fonction depuis février 2017,  s’investit  afin de  relever les nombreux défis  qui l’interpellent, en vue  d’accélérer les réformes économiques et financières envisagées par les chefs d’Etat qui l’ont coopté. La Cemac  connait depuis plus de deux ans des turbulences susceptibles de ralentir son émergence. Dans ce climat marqué par la détérioration  de la situation économique et financière « Abbas Mahamat Tolli est  l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, au regard de son profil et de son parcours professionnel bien riche » assène Calixte Nganongo, le président en exercice du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale.

Même si, après une préparation de six mois avant le passage de témoin, Abbas Mahamat Tolli prend une maison en assez bonne santé financière, il n’en a pas moins des défis. Dont le moindre n’est pas de pérenniser les acquis et de s’attaquer aux dossiers chauds, notamment en ce qui concerne le débat sur le Franc CFA de plus en plus présent dans les esprits. Parmi les principaux chantiers qui l’attendent et auxquels il doit s’attaquer sans atermoiements, figure notamment le renforcement de la qualité de l’information financière, nécessaire à l’accroissement de l’accès aux crédits bancaires.

BUREAU DE GESTION DU FRET TERRESTRE: Encore une tempête dans un verre d’eau…

Ce 29 mai des transporteurs routiers ont remis un mémorandum au Mintss pour secouer un cocotier qui leur fournit pourtant de beaux fruits. Peu de chances cette fois encore que cette énième initiative du genre prospère. Décryptage.

Dans ce pamphlet, les transporteurs expriment le désir de voir l’administration du Bureau de gestion du fret terrestre (Bgft) assurée par le Conseil national des chargeurs du Cameroun (Cncc). Ses auteurs dénonçant «les dirigeants actuels du Bgft qui refusent d’appliquer les principales missions qui lui sont assignées afin de satisfaire les attentes des acteurs de la chaîne des transports et de logistique».  Réunis sous la bannière de l’Organisation des transporteurs terrestres du Cameroun (Ottc), ces activistes qui sont coutumiers du fait semblent avoir encore donné un coup d’épée dans l’eau. Ainsi que le montre déjà la réaction du ministre Grégoire Owona, qui a émis des réserves sur une telle démarche, ne se cachant point pour leur dire qu’ « on ne commence pas une négociation en brandissant la grève. Vous savez que vous êtes un secteur sensible. Il ne faut pas que lorsque nous ne nous serons pas entendus, qu’on entende parler de grève. Je voudrais qu’on sorte de là et qu’on reste dans la politique des gens qui veulent régler des problèmes et améliorer leur travail ». Propos qui pourraient amener à se frotter les mains Pierre Sime et El Hadj Oumarou respectivement président du comité de gestion et coordonnateur général du BGFT. Le premier ayant du reste soutenu devant le Mintss qu’une plateforme des syndicats routiers avait depuis vu le jour, tous les acteurs ayant alors accepté que ce conclave soit le cadre devant gérer tout problème survenant entre les uns et les autres. L’on pourrait d’ailleurs se demander comment ils peuvent demander l’éjection de ce tandem « en attendant d’y voir clair » sur leur gestion, comme si la stratégie était de les écarter avant même de les avoir reconnu coupables.

Pourtant, le comité de gestion du Bgft n’a pas pour seuls responsables ces deux hommes, et comprend 1 représentant du ministère chargé des transports ; 1 représentant de Camrail ; 1 représentant du Conseil National des Chargeurs du Cameroun ; 1 représentant du Syndicat National des Transporteurs Routiers du Cameroun et 1 représentant du Syndicat National des Commissionnaires Agréés en Douane et Transitaires. Il a une compétence générale sur tout problème relatif à la gestion du fret terrestre. Comme : définir et d’arrêter les principes généraux de la répartition de fret et du respect des quotas conventionnels ; approuver l’organigramme du Bureau de Gestion du Fret Terrestre ; négocier les barèmes indicatifs de fret et le prix minimum applicable ; examiner l’avant projet du budget du Bureau de Gestion du Fret Terrestre présenté par le chef du BGFT et de le soumettre à l’approbation du ministre chargé des transports ; donner son quitus au chef de Bureau de Gestion pour l’exécution des missions à lui assignées par le Comité ; et enfin donner son avis sur la création ou la suppression des agences de frets sur le territoire national et dans les pays voisins.

Dossier réalisé par Popocas

EXPRESS UNION: S’adapter pour survivre

Le leader du transfert d’argent qui subit les coups de boutoir des deux principaux opérateurs de téléphonie mobile réussira t-il son pari ?

Après une longue période faste, celle des vaches grasses, c’est au régime de la vache enragée que les employés d’Express Union sont depuis astreints, avec l’entrée fracassante sur le marché du Mobile money de Mtn et d’Orange Cameroun. Pour faire face à cette rude concurrence, sous-tendue par la dure et implacable loi du marché,  les dirigeants d’Express Union ont dû repenser leur stratégie de fond en comble, et offrent désormais aux commerçants, distributeurs de crédits (call-boxeurs), coiffeuses, boutiquiers, et autres opérateurs économiques, le service « Express Union Mobile Money ». Comme mesure incitative pour se faire et fidéliser un vaste réseau, ils promettent du reste  à ceux-ci jusqu’à 40% de commissions sur les frais, sous forme de microcrédits pouvant booster le développement de leurs activités. Car, ne l’oublions pas, Express Union n’opère pas seulement dans le transfert d’argent, mais fait aussi dans l’épargne et l’investissement.

Innovations

A l’évidence, l’offre de cette structure camerounaise est nettement plus avantageuse et alléchante que celle des autres, parce que supérieure au pourcentage de 5% que les call-boxeurs, par exemple, perçoivent chez MTN et Orange pour leurs divers types de transferts. De plus, Express Union Mobile propose une commission proche des 50% que le Syndicat des délégués et commerciaux distributeurs des produits des télécommunications au Cameroun (Sydecdiprotec) a très souvent réclamée. A travers des grèves observées chez Orange ou Mtn Cameroun. En vain.

Cette batterie de mesures démontre à suffisance qu’à Express Union, l’on ne baisse pas les bras, et que les difficultés ne font pas peur. Et l’on peut se demander si, dans ce combat, les nôtres auront les reins assez solides, puisque ses services dépendent largement des prestations que lui offrent ses deux concurrents étrangers.

Cécile Bebey

Mutation des voitures d’occasion: la carte grise désormais en ligne

A partir de ce jour, toutes les opérations fiscales relatives à son obtention se feront exclusivement par internet

Dès ce jour, rien ne sera plus comme avant en ce qui concerne les opérations fiscales relatives à la mutation des véhicules d’occasion. Désormais, les importateurs et acquéreurs locaux de cette catégorie de véhicules  ne vont plus se diriger vers un centre des impôts pour la mutation de la carte grise. Tout se fera à travers Internet sur le site de la direction générale des Impôts. A travers le Smartphone, la tablette ou l’ordinateur, l’usager accomplira toutes les formalités liées à la mutation de la carte grise. Le ministre des Finances a publié le 10 mai dernier un  communiqué informant le public du démarrage à partir de ce 1er juin de ce nouveau processus. Pour amorcer un kick-off sans anicroche, la direction générale des Impôts a organisé la semaine dernière deux séminaires à Yaoundé et à Douala pour mettre toutes les administrations partenaires au même niveau d’information. Les services des douanes et des transporteurs, deux acteurs clé dans la chaine de la procédure de mutation des véhicules d’occasion ont été étroitement associés pour l’implémentation de la réforme. Au cours de ce séminaire, les responsables du fisc ont présenté les déclinaisons  de cette réforme qui vise l’amélioration de la qualité du service aux usagers et l’accroissement de performances.
De manière pratique, l’acheteur d’un véhicule à l’étranger, avant de sortir son véhicule du port, devra faire une télé-déclaration sur le site de la direction générale des Impôts. Cette déclaration via Internet comporte les informations sur le véhicule (châssis, âge et prix d’achat). Muni de l’avis d’imposition généré par le système et de la déclaration douanière validée, l’usager se dirige à la banque pour effectuer le virement ou versement sur le compte du receveur des impôts. Au vu du reçu de la banque, le receveur délivre une quittance que l’usager doit présenter au service des douanes pour la sortie de son véhicule au port.
Pour les véhicules acquis localement, l’itinéraire est le même avec quelques variantes. Ici, il faut télé-déclarer le certificat de vente à partir duquel le système liquide  l’ensemble des droits à payer. Après les opérations bancaires et l’obtention de la quittance chez le receveur des impôts, la suite se déroule au bureau des  Transports. Pour contourner la tricherie sur le prix d’achat, une mercuriale a été adoptée et incorporée au logiciel de traitement des données numérisées. Selon le chef de la division de la législation et des relations fiscales internationales à la direction générale des Impôts, « aucun paiement supplémentaire n’est à effectuer dans les services des Transports pour la délivrance de la carte grise ». Roland Atanga Fonga assure par ailleurs que toutes les dispositions ont été prises pour que la nouvelle donne soit implémentée sur toute l’étendue du territoire national.  La déclaration fiscale électronique des mutations des véhicules d’occasion rentre dans le cadre de  de la simplification et la modernisation des procédures, en application des dispositions de la loi de finances 2017.

La parole aux acteurs

Roland Ekombo: « It is a laudable initiative »

Vehicle owner

“It is a laudable initiative that has been taken by the government because it will help a lot. Individuals who are very occupied with their daily chores can now do the transaction anywhere when there is internet, to have these documents processed in little or no time without necessarily moving and without any stress. I want to believe that, it is a good measure for the government to generate some revenue into the State treasury because we are aware that there are some middlemen who through these transactions make illicit cash which originally should go to the State treasury.”

 Idrissou Souaibou: «Ces mesures permettent d’éviter des tracasseries»

Vendeur de véhicules d’occasion

« Ces mesures prises par le ministère des Finances nous évitent des tracasseries. Mais le problème, c’est qu’on essaye d’imaginer combien l’enregistrement va coûter étant donné que les droits de mutation étaient standards. Généralement je payais 5%. Maintenant que c’est  informatisé, je suis inquiet du pourcentage. Malgré tout, je suis satisfait car à travers mon téléphone à la maison, je peux payer sans me déplacer ».

Uba Adama: “Documents Processing Have Been Made Easy”

Car dealer

“It is a very good idea that the government has come up with. We are waiting to see how it will operate. Since it is online it will be easy for individuals to process their documents because people can just connect anywhere in their homes and offices to do their transactions. I don’t think it is going to pose a problem. Many people are occupied to be moving around to follow up transport documents and with this, it is going to solve the problem of movement because people can sit in their homes and work if they have internet connection, they will not need to move from one office to the other to process documents. So, it has come to solve this situation.”

Yannick Tene:  «Nous attendons ce qui va se passer »

Homme d’affaires

« Le ministère ne fait rien pour rien. Il y a quelque chose derrière tout ça. Le fait que tout devient informatisé, ne signifie pas que les 5% d’enregistrement vont baisser, bien au contraire. De toutes les façons, nous attendons de voir si ces mesures seront prises au sérieux. Quoi qu’il advienne tout le monde va se conformer à la nouvelle règlementation. Mais rien n’a changé »

Source : www.cameroon-tribune.cm

Port autonome de Kribi: la mise en service approche

Une dizaine d’avis d’appels d’offres lancés par la direction générale en vue de s’équiper et remettre en exploitation certains équipements.

«On est en train de finaliser la préparation de la mise en exploitation du port de Kribi », indique Patrice Melom, directeur général. Un air de déjà entendu pourrait-on dire. Sauf que cette fois, la structure est effectivement en train d’investir d’importants moyens financiers, pour des activités préparatoires au grand plongeon. Illustration avec la dizaine d’avis d’appels d’offres nationaux et internationaux, récemment lancés en procédure d’urgence. Globalement, il est question d’aménagement des aires de stockage ; d’acquisition de matériels et de remise en exploitation d’équipements de manutention, système de communication et d’aide à la navigation. Sur ce dernier point, Patrice Melom rappelle que « ça va bientôt faire deux ans que ces équipements sont parqués au port, subissant les intempéries dont les affres des vents marins. Il est donc question de remettre en état d’exploitation optimale les équipements de manutention, avant de les rétrocéder aux concessionnaires des terminaux  qui sont en train de finaliser la signature de leur contrat avec l’Etat du Cameroun ». Le DG souligne au passage que dès que les contrats seront signés, chaque concessionnaire disposera de trois mois pour s’installer. « Un temps qui peut s’avérer extrêmement court, si l’on n’anticipe pas certaines activités, dont la passation des marchés ».
Certains avis d’appel d’offres lancés par la direction générale du Port autonome de Kribi (PAK) portent sur la mise en place d’un système d’information et d’un logiciel de gestion intégrée. « Des opérations qui prennent également beaucoup de temps », à en croire Patrice Melom. Dans la foulée, le port est en train d’acquérir des balises d’orientation des navires, des équipements de surveillance et de prévisions météorologiques, etc.
Que dire sur l’aménagement en vue de 13 ha de terre dédiés aux activités logistiques ? Notre source explique que la première phase de construction du port était prioritairement axée sur les ouvrages portuaires dont la digue, les deux terminaux, stations d’épuration des eaux, des bâtiments administratifs, etc. Mais pas de zones logistiques, notamment les aires de stockage et autres magasins. « On n’imagine pas une exploitation efficiente d’un port sans ces espaces externes à la plateforme mais qui sont essentiels ». Une première zone logistique prioritaire de 18 ha est déjà en cours d’aménagement. Mais compte tenu de la pression des potentiels investisseurs, le conseil d’administration du PAK a validé un plan d’aménagement des 13 ha supplémentaires.

Source : www.cameroon-tribune.cm

PIAASI: Sortir l’économie de l’informel

Le programme intégré d’appui aux acteurs du secteur informel assure la promotion de l’emploi  décent. Pour quels résultats ? Décryptage.

Créé par un acte du chef de l’Etat en 2002, c’est depuis 2005 que ce programme a effectivement lancé ses activités. Le président Paul Biya l’a mis en de sûres mains en confiant sa coordination nationale à Sa Majesté Claude Melone Loe, le PIAASI étant mis en œuvre par un Comité de pilotage qui fonctionne sous la  présidence du MINEFOP Zacharie Perevet. Cette initiative connait un large déploiement sur le territoire national, avec plusieurs représentations locales dans les 10 régions et 58 points focaux départementaux. Et même des bureaux d’arrondissements, pour en assurer la proximité, au nombre de 284.

Sa mission principale est de muter à terme le secteur informel de notre économie vers le secteur formel, par l’appui à l’organisation de ce secteur, la formation de ses acteurs ainsi que le financement de leurs activités. Rappelons que pour le Droit comptable OHADA, le secteur informel est celui qui regroupe de tout petits acteurs économiques menant leurs activités sans numéro de contribuable et/ou sans comptabilité formelle écrite. Les objectifs stratégiques du PIAASI sont d’apporter un soutien déterminant et des avantages spécifiques à toutes les activités commerciales du secteur informel, avec pour finalité de transformer leurs structures en PME, afin de les faire mieux contribuer à la croissance économique. Dans ce cadre, l’on voit le PIAASI contribuer efficacement à la structuration des activités de l’informel en corps de métier pouvant occuper les jeunes sans emploi, apporter des financements, favoriser la création d’emplois stables, productifs et décents, renforcer les capacités techniques et managériales des acteurs du secteur informel, notamment à travers des séminaires d’information. Le PIAASI les aide ainsi à consolider leurs aptitudes organisationnelles, et grâce à l’élaboration de la typologie des activités de ce secteur, les amène à se constituer en groupes structurés pour promouvoir une plus grande productivité de leurs activités. Sur le volet formation, le PIAASI assure aux bénéficiaires l’acquisition de compétences en développant leur habileté à planifier, organiser, suivre et contrôler leurs activités, être plus autonomes et mieux organisés, donc davantage aptes à créer de nouveaux emplois. L’on ne saurait occulter l’initiation à la gestion, ceci à la faveur des programmes sur le management des projets.

Des chiffres éloquents

Pour ce qui est de son appui au financement, dont l’éligibilité est subordonnée à la justification préalable d’une activité économique, le PIAASI accorde de 100 000 F à 4 000 000 de F CFA, remboursables avec un taux d’intérêt de 6 % sur le montant total du crédit alloué. La période de différé durant 6 mois à compter de la date d’octroi du microcrédit, avec une période de recouvrement  étendue sur les 10 mois qui suivent le différé. Les projets soumis au financement sont examinés  par un Comité de crédit, qui s’appuie sur le milliard et demi de budget annuel du PIAASI. Les dossiers privilégiés étant ceux concernant les projets palpables et durables. Comme conséquences concrètes de ces financements, l’on a des résultats sans cesse améliorés, avec déjà plus de 14 000 acteurs formés sur le plan national à travers des séminaires régionaux, et plus d’un demi-millier de maîtres artisans de divers corps de métiers ayant bénéficié de ce renforcement des capacités. Grâce au PIAASI, près de 50 000 emplois ont été créés dont environ 40 000 indirects, avec pour les caisses de l’Etat pas loin du milliard de F Cfa engrangés au titre de l’impôt libératoire auprès des bénéficiaires des microcrédits du PIAASI.

Cette structure a mis au point 10 fichiers des acteurs du secteur informel, a déjà reçu plus de 50 000  dossiers de demande d’appui financier, dont environ la moitié reste en attente de financement. Des statistiques rendues publiques l’an dernier révélaient que 11 631 projets avaient déjà été financés par le PIAASI, pour une enveloppe globale de plus de 7,18 milliards de nos francs. Avec à la clé 46 524 emplois générés. Ces résultats des plus encourageants ayant été obtenus grâce à une stratégie reposant sur l’appui à l’organisation du secteur informel à travers une vaste action de sensibilisation et d’information dans les médias, les fora et les séminaires.

Ce tableau reluisant aurait été encore plus élogieux si le PIAASI ne faisait face à certaines difficultés. Notamment l’insolvabilité de certains bénéficiaires et le pessimisme au sein de l’opinion publique, qui dans une large mesure reste dubitatif et blasé. Alors qu’ici il y a des fruits à récolter. Pour faire rendre gorge à certains acteurs indélicats qui ne veulent pas rembourser leurs crédits, il a depuis 2008 été élaboré des mesures dissuasives, sur   prescription du Comité de pilotage. L’on a ainsi vu naître en son sein un service de recouvrement relayé sur le terrain par les brigades régionales, tout comme la création de points focaux du PIAASI dans les départements, pour un suivi de proximité des bénéficiaires.  Ajoutons-y l’institution de 2 documents désormais incontournables pour bénéficier d’un appui financier : la caution morale du maire (la collaboration avec les mairies amenant celles-ci à vérifier la localisation du domicile du promoteur et s’assurer de l’exécution effective  du projet concerné) et un certificat d’avaliste. Il en est de  même de l’adoption du financement par chèque assorti d’un décaissement séquentiel auprès d’un établissement de micro-finance partenaire, conformément au compte d’exploitation présenté par le promoteur. Ceci pour s’assurer que les fonds débloqués servent véritablement à ce à quoi ils sont destinés.

Pour bien remplir sa mission ses missions ayant le volet social pour substrat, le Coordonateur national n’a point négligé les améliorations en interne de sa structure, qu’il a récemment améliorés avec l’acquisition de matériels roulants pour certaines antennes régionales, la dotation en matériel de bureau au profit de l’ensemble de ses services ; et sur le plan des ressources humaines, le redéploiement des personnels avec des nominations opérées pour renforcer le top management. Son ambition étant de voir transformer ce programme en Fonds d’appui aux acteurs du secteur informel (PAASI), ce qui aurait pour corollaire la densification de ses actions, dans une perspective  davantage pérenne. Ce que ne peuvent qu’appeler de tous leurs vœux les bénéficiaires qui en ont bien besoin, eux qui sont issus des secteurs les plus fragiles de l’économie : vendeurs à la sauvette, bayam-sellam, vanniers, fabricants de brisques, maçons, coiffeurs, mécaniciens, tenanciers de bar/restaurants/cafétéria, tailleurs, petits agriculteurs/éleveurs/artisans. Puisse-t-il être entendu…

F.K.