Business : le Top 10 des pays où investir en Afrique en 2018

Dans ce classement effectué par Rand Merchant Bank (RMB), l’Egypte, considérée comme la destination des investissements les  plus attrayants de l’Afrique mène la danse, alors que le Cameroun n’y figure pas.

La septième édition du « Où investir en Afrique » de Rand Merchant Bank (RMB) a mis en évidence le Top 10 des pays qui ont compris la nécessité de s’adapter au ralentissement prolongé des prix des matières premières et à la faiblesse de la croissance de la production. Un classement effectué sur la base des sources de revenus en dollars en Afrique, permettant de mesurer les principaux générateurs de revenus et d’identifier les opportunités d’investissement. Dans ce numéro, l’Indice d’attractivité des investissements du RMB, qui équilibre l’activité économique et la relative facilité des affaires, illustre comment les niveaux d’activité économique modérés ont atténué plusieurs scores sur l’indice par rapport à l’année dernière.

Aisni donc, le changement le plus notable qui a été enregistré est la chute de l’Afrique du Sud qui perd son fauteuil de leader pour la première fois depuis la création du rapport. Le pays de Nelson Mandela cède sa place à l’Egypte, aujourd’hui considérée comme la destination des investissements les plus attrayants de l’Afrique. L’Egypte a en effet progressé grâce à son score supérieur d’activités économiques et les taux de croissance lents en Afrique du Sud, qui se sont nettement détériorés au cours des sept dernières années. L’Etat arc-en-ciel, deuxième dans ce classement, est également confronté à des préoccupations croissantes sur les questions de solidité institutionnelle et de gouvernance, bien que ses marchés des devises, des actions et des capitaux restent encore en bonne position.

Si le Maroc conserve la troisième position pour la troisième année consécutive après avoir bénéficié d’un environnement opérationnel grandement amélioré depuis le Printemps arabe qui a débuté en 2010, l’Ethiopie, pays marqué par l’instabilité sociopolitique, a déplacé le Ghana à la quatrième place, avec une croissance économique rapide, devançant le Kenya jusque-là considéré comme la plus grande économie en Afrique de l’Est. Mais la chute du Ghana à la cinquième position est principalement due aux perceptions de l’aggravation de la corruption et de la faiblesse de la liberté économique.

Le Cameron non-classé

Quant au Kenya, il se maintient dans le top 10 au sixième rang. Les investisseurs sont toujours attirés par la structure économique diversifiée du pays, ses politiques favorables au marché et la croissance soutenue de ses dépenses de consommation. Une série de réformes favorables aux entreprises visant à éradiquer la corruption et une croissance économique soutenue ont permis à la Tanzanie de grimper de deux places pour s’installer au septième rang. Quant au Rwanda, le pays est rentré dans ce Top 10 après avoir passé deux ans à la périphérie, boostée par l’une des économies les plus réformées au monde, les taux de croissance réels élevés et sa tentative continuelle de diversifier son économie.

Au numéro neuf, la Tunisie a fait de grands progrès dans la promotion de la transition politique, tandis que l’amélioration du climat des affaires a été réalisée par des réformes structurelles, une sécurité accrue et la stabilité sociale. La Côte d’Ivoire qui perd deux places, referme le classement en prenant la dixième place. Bien que sa notation de l’environnement des affaires soit encore relativement faible, son gouvernement a fait des progrès importants en invitant des investisseurs dans le pays.

Samuel Ze Mendo

Monnaie : la Cedeao veut faire disparaitre le Franc CFA d’ici 2020

Les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) a annoncé, la création de leur monnaie en 2020. C’était à l’issue du 52e Sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de cette zone.

La « Cedeao ». C’est ainsi que les Etats membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) comptent appeler la monnaie qu’ils ambitionnent de créer et de mettre en circulation d’ici 2020. « 2020 doit être la création de la monnaie de la Cedeao » assure Roch Kaboré. C’est à cette date que le président du Burkina Faso et ses paires, réunis en décembre dernier à Abuja dans le cadre de la 52e session du Sommet des chefs d’Etat de la Cedeao prévoient de faire disparaitre le Franc CFA, une monnaie commune utilisée par 15 pays francophones d’Afrique de l’ouest et du centre avec en moyenne 155 millions d’habitants. « La conception de la monnaie Cedeao se fera de manière progressive de sorte que tous les pays qui pourront répondre aux critères de convergences puissent commencer à battre cette monnaie en attendant que les autres pays se conforment et intègrent le processus », a-t-il laissé entendre.

Ainsi donc, cette décision actée par les chefs d’Etats et de gouvernements membres de la Cedeao africains vient relancer le débat sur l’impact du Franc CFA sur l’économie des Etats qui l’ont en partage. Si l’Afrique de l’ouest est d’ores et déjà résolue à se séparer de cette monnaie liée à l’euro, reste attendue, la réaction des Etats membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) dont fait partie le Cameroun.

SZM  

Performance : les 10 pays les plus riches d’Afrique, selon la BAD

La Banque africaine de déplacement vient de rendre public son classements des Etats les plus riches du continent, sur la base notamment de leur Produit intérieur brut (PIB).

Dans ce classement des 10 pays les plus riches d’Afrique, la Banque africaine de développement place le Nigéria à la première position. Parce qu’en matière de PIB, le pays devance de loin tous les autres Etats du continent. Aidé par une forte production pétrolière et le redressement des cours mondiaux des matières premières, le PIB aux prix courants du Nigeria qui  représente plus de 72 % de l’ensemble des économies de l’Afrique de l’Ouest, devrait atteindre 581 milliards $ cette année contre 519 milliards $, en 2016.

Derrière le Nigéria pointe l’Afrique du Sud qui est sortie de récession au second trimestre. La richesse créée au cours de cette année civile par les résidents sud-africains, pourrait passer la barre des 276 milliards $. Reléguée au troisième rang par la nation arc-en-ciel, l’Egypte dont l’économie est encore convalescente, marque la présence du premier pays nord-africain dans ce classement, grâce à un volume d’activité qui pourrait avoisiner les 264 milliards $. L’Algérie qui  pourrait totaliser 170 milliards $, complète le quatuor de tête, suivie de l’économie soudanaise qui pèsera au bout de cette année à 124 milliards $. Cette dernière surclasse ainsi le Maroc qui, malgré le dynamisme de son économie marquée par un début accentué de diversification, se retrouve à la sixième place. Porté par une croissance de 4 % au moins, le Pib du Royaume chérifien devrait franchir la barre des 121 milliards $ au terme de cette année. Le Maroc doublerait ainsi la taille de son économie en 12 ans, selon les chiffres consultés par l’Agence Ecofin.

Avec 104 milliards $, l’Angola restera le septième pays le plus riche en Afrique en 2017, devant l’Ethiopie, locomotive de la croissance africaine avec 93 milliards $ contre 84 milliards en 2016. Un bond qui confirme les prévisions des institutions internationales. Le pays qui, en 12 ans, a presque sextuplé son PIB, devrait enregistrer cette année la plus forte croissance à l’échelle mondiale. Enfin, le Kenya (77 milliards $) et la Tanzanie (52 milliards), tous de la sous-région la plus dynamique d’Afrique (l’Est), en termes de Pib, complètent le top 10. Aucune trace donc du Cameroun.

SZM

Réformes : la Beac au secours des banques des Etats de la Cemac

La Banque des Etats de l’Afrique centrale a lancé un dispositif d’apport de liquidité d’urgence aux banques des six Etats de la Communauté.

Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) a adopté à Yaoundé « la décision portant sur le cadre général du dispositif d’apport de liquidité d’urgence aux établissements de crédit » des six pays membres de de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), a annoncé l’Agence Ecofin. Selon notre confrère, Abbas Mahamat Tolli (photo), le Tchadien qui préside aux destinées de l’institution d’émission des six pays de la Cemac, que sont le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad et la République centrafricaine, a révélé qu’avant même la validation de ce cadre général, la Commercial Bank Tchad (CBT) avait déjà bénéficié des bienfaits de ce nouveau dispositif, à travers la mise à disposition d’une enveloppe de 11 milliards de francs CFA, par la Beac.

Cette décision, a souligné le gouverneur de la Banque, faisait suite à une décision prise lors du Comité de politique monétaire de la Beac, tenu le 22 mai 2017. Pour lui, ce dispositif permettra « aux établissements de crédit jugés solvables, de faire face aux tensions temporaires de liquidité pouvant affecter la stabilité financière ». Car, le système d’apport de liquidité d’urgence aux banques de la Cemac, précise le gouverneur de la Beac, est suffisamment encadré pour éviter que les établissements de crédit s’en servent, pour simplement capter de la liquidité supplémentaire, bien que ne se trouvant pas en situation de tension de trésorerie.

Les mesures prises pour éviter pareilles dérives, indique l’Agence Ecofin, peuvent ainsi aller jusqu’à l’interdiction de distribuer les dividendes aux actionnaires, avant le remboursement complet des fonds mis à disposition par la Banque centrale, après un examen minutieux de la situation de la banque concernée, par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), le gendarme du secteur bancaire dans la zone Cemac.

Samuel Ze Mendo

Sécurité : 124 milliards pour les dépenses militaires en 2018

Cette enveloppe arrêtée par le gouvernement camerounais a pour objectif de faire gagner la guerre contre Boko Haram à l’Extrême-Nord et mettre fin à l’insurrection menée par des séparatistes anglophones dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Sur l’enveloppe globale des 238,910 milliards de francs CFA dédié au budget du ministère de la Défense issu de la loi de finances de 2018, 124,212 milliards de francs CFA seront consacrés aux dépenses militaires notamment aux volets logistique, humain, technique et opérationnel. Ce montant qui vise prioritairement à « préserver l’intégrité territoriale du Cameroun et d’assurer la sécurité des citoyens et de  leurs biens » a pour objectif, selon le ministère de la Défense (Mindef), d’enrayer les crises sécuritaires qui secouent le pays, notamment la guerre contre Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord et mettre un terme à l’insurrection menée par sécessionnistes anglophones autoproclamés dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. « Aucun pan du territoire national ne sera négligé » et il est question d’apporter des réponses idoines à ces deux « pôles d’insécurité », a laissé entendre le ministre camerounais de la Défense.

Les fonds ainsi alloués aux opérations militaires pourraient même être revus à la hausse selon des contingences.

SZM

Aide : le FMI valide la 1ère revue de son programme avec le Cameroun

Satisfait de la performance du pays dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC), le Fonds monétaire international a fait un nouveau décaissement de 65 milliards de francs CFA.

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a récemment validé la première revue de son programme économique triennal (2017-2019) avec le gouvernement camerounais. « La performance du Cameroun dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC) a été globalement satisfaisante. Les autorités restent pleinement attachées à l’assainissement budgétaire, et le budget 2018 est conforme aux objectifs du programme. Cependant, atteindre les objectifs de déficit peut être difficile dans le contexte de recettes plus faibles que prévu et de pressions sur les dépenses en 2018 et 2019 », a déclaré Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint du FMI.

D’après un communiqué officiel de l’Institution de Bretton Woods, cette validation, donne droit à un nouveau décaissement d’environ 117,2 millions de dollars en faveur du Cameroun, soit plus de 65 milliards de francs CFA. « Ce décaissement supplémentaire porte à environ 292,9 millions de dollars (environ 162 milliards de francs CFA), l’enveloppe globale mise à la disposition du Cameroun par le FMI, depuis la conclusion, en juin 2017, d’une Facilité élargie de crédit, entre le Cameroun et cette institution », explique l’Agence Ecofin. D’un montant total de 666 millions de dollars (plus de 370 milliards FCFA), le programme avec le FMI prévoit des décaissements échelonnés sur une période de 3 ans, sous réserve de la validation des revues semestrielles par le Conseil d’administration du Fonds.

Pour mémoire, ce programme triennal signé entre le FMI et le Cameroun vise à soutenir les efforts du pays pour restaurer la viabilité extérieure et budgétaire, et jeter les bases d’une croissance durable et inclusive, impulsée par le secteur privé.

Samuel Ze Mendo

Consommation : l’ACDIC dénonce le retour du poulet congelé

L’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs s’insurge contre les importations et la consommation dangereuse de cette denrée interdite depuis le 16 mars 2006.

Le poulet congelé est de retour dans certains marchés de la ville de Yaoundé. Le constat est de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC). Dans un communiqué récemment rendu public, l’organisation citoyenne tire la sonnette d’alarme. Selon cette ONG, la nouvelle méthode de vente consisterait à exposer de toutes petites quantités de poulet congelé sur quelques étals et de dissimuler le gros lot dans des domiciles privés. Dans quelques rares poissonneries de la capitale politique camerounaise, les cuisses et pattes de poulet congelé côtoient celles du poulet local. Et les consommateurs ne s’en rendent pas compte.

« Pour les grosses commandes, poursuit l’ACDIC, il faut avoir le bon réseau ou se renseigner chez la bonne personne, ensuite montrer patte blanche pour être discrètement conduit au magasin ». Selon un délégué d’arrondissement des Pêches et des Industries animales, cité par l’organisation citoyenne, ce trafic « est mené par des commerçants véreux qui développent en permanence de nouvelles stratégies de contournement, dissimulant leur marchandise à l’approche des équipes de contrôle, et entreposant des chambres froides dans des domiciles privés ». Mais l’ACDIC semble voir derrière ce « juteux business », la main de « certains hauts fonctionnaires », les mêmes qui protègeraient ces commerçants. D’autres raisons, pouvant expliquer la résurgence de ce commerce concernent les prix de vente du poulet congelé proposé à 2000 francs CFA, contre 3000 francs CFA pour un poulet local de 1,8 kg.

En rappel, l’importation du poulet congelé a officiellement été interdite au Cameroun le 16 mars 2006, au terme d’une dure bataille de la filière avicole dénonçant la malbouffe et la mort programmée du secteur. Selon les statistiques de l’ACDIC, le Cameroun, avec comme premier consommateur son armée, aurait pourtant importé 635 tonnes d’abats et de viandes de volaille pendant la période allant du 1er janvier au 30 septembre 2011.

Samuel Ze Mendo

Transport aérien: après le Sénégal, Camair-Co va desservir la Côte d’Ivoire

Le début des vols commerciaux vers Dakar est annoncé pour ce 15 décembre, date de l’ouverture de la desserte d’Abidjan.

La compagnie nationale de transport aérien, Camair-Co poursuit son expansion. Après le développement des vols domestiques (en moyenne 104 vols par semaine), l’entreprise déploie désormais ses ailes sur le Sénégal. Un vol inaugural à destination de Dakar, la capitale, été tenu le 8 décembre dernier. Et à Camaair-Co, cela a été fêté. « Le chef de l’État a lui-même donné un souffle nouveau à la compagnie nationale, soutenu par le plan Boeing de relance qui intègre la ligne de Dakar, comme une ligne particulièrement importante pour faire la jonction entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale. Nous y sommes et il fallait donc que ça se sache de façon particulière », a confié quatre jours plus tard, Ernest Dikoum, directeur général de la compagnie à Cameroon Tribune.

Cap sur Abidjan

Dans un communiqué publié plus tôt, la compagnie affirmait que ce vol-test vers Dakar, la capitale sénégalaise, aurait 130 passagers à bord et ouvrirait une série de quatre rotations hebdomadaires notamment lundi, mercredi, vendredi et dimanche. Le prix du billet d’avion vers cette destination étant fixé à 449.700 francs CFA. Les vols commerciaux proprement dits vers le Sénégal débuteront, eux, le 15 décembre, date de l’ouverture de la desserte d’Abidjan, en Côte-d’Ivoire, une escale du trajet Douala-Dakar. « Dakar fait partie des six destinations régionales de Camair-Co, avec Cotonou, Ndjamena, Libreville, Bangui et -bientôt-Abidjan », dit-on à la Camair-Co.

En attendant, l’heure est aussi à la première évaluation du plan de relance à la Camair-Co: « Pour le moment poursuit Ernest Dikoum, nous sommes en train de régler les fondamentaux, restructurer et assainir le fichier des ressources humaines. Nous sommes en train de faire le rattrapage comptable qui est un très gros chantier ». Pour le directeur général, le niveau de la performance actuelle de la compagnie est assez « éloquent » : « nous avons dépassé 200 000 passagers cette année, nous sommes à 80 % de taux de ponctualité et à près de 99 % de taux de régularité, ce qui est carrément extraordinaire ». Quant au déficit d’exploitation et des recettes de la compagnie, celui-ci affirme que : « nous avons ramené le déficit d’exploitation qui était déjà autour de 2 milliards de francs CFA à près de 840 millions de francs CFA à partir de janvier 2017.  Au mois d’août dernier, nous étions déjà revenus à 38 millions de francs CFA. Maintenant, il faut savoir que toute ouverture de ligne engage de nouvelles dépenses. Il nous revient donc d’être pointilleux sur la maîtrise des dépenses, afin que les recettes soient supérieures ».

Samuel Ze Mendo

Eséka: la fièvre de l’or

Depuis sa découverte il y a trois mois, le filon a complètement changé le quotidien des habitants.

D’habitude tranquille et même très souvent monotone, la vie a, depuis la mi-août, date de la découverte d’un gisement d’or, pris une tout autre tournure à Eséka. Dès les premières heures de la matinée, par groupes de trois, quatre, cinq ou dix, les habitants (hommes, femmes et enfants)  prennent d’assaut les rues de la ville. A pied ou à moto, c’est selon. Bottes aux pieds, bassines, pelles, pioches et motos-pompes sur la tête ou les épaules. Du centre ville à Song Matip, en passant par le lycée, Batbat, le lac… c’est à un véritable exode qu’on assiste. Direction, les différents sites d’extraction de l’or.
Une réalité qui a complètement changé le cours de la vie à Eséka. Sur les marchés de la ville, les prix se sont littéralement envolés. Dans les quincailleries, la paire de bottes qui hier encore revenait à 5 000 F, se vend désormais à 10 000 F. De même les prix des pelles, pioches, bassines et motos-pompes. Et malgré cette inflation galopante, tout ce matériel s’arrache comme des petits pains. Les commerçants eux, se frottent les mains. « Depuis deux mois, mes ventes ont complètement explosé. Je vends en moyenne 3 à 5 motos-pompes par semaine », déclare hilare, un réparateur de motos reconverti, qui a tôt fait de flairer le bon filon. Et il n’est pas le seul à profiter de l’aubaine.
On estime entre 1 000 et 1 500, le nombre de personnes arrivées dans la ville depuis la découverte de l’or. Une ruée qui fait l’affaire des propriétaires immobiliers qui s’en mettent eux aussi plein les poches. Une chambre simple est louée entre 15 et 20 000 F aux nombreux orpailleurs, venus en majorité de la Centrafrique, du Niger, du Nigéria et du Tchad. Dans les débits de boisson, c’est animé à longueur de journée. Les orpailleurs s’y succèdent sans discontinuer et la bière coule à flots. Dans les différents marchés de la ville, les prix ont flambé, répercutés par les gargotières sur ceux des plats de nourriture. Ils oscillent entre 750 et 2 000 F, contre 500 et 1 000 F il y a encore quelques semaines. « C’est une bonne chose pour nous. Après l’accident de train d’octobre 2016, les affaires tournaient au ralenti. Mais depuis deux voire trois mois, le marché recommence à vivre, les affaires tournent grâce aux gens qui sont venus chercher l’or à Eséka », raconte ravie, une propriétaire de « tourne dos ».
Si tout semble se passer sans anicroche jusque-là, entre les habitants de la ville d’Eséka et les orpailleurs, des hypothèques devront être levées pour éviter bien des dérives. Sur le plan social notamment. On relève déjà les cas de nombreux élèves abandonnant les salles de classe pour les sites miniers. On y rencontre également des femmes enceintes et des enfants en bas âge. Ce qui est interdit par la réglementation en vigueur. Le délégué départemental de l’Industrie, des Mines et du développement technologique, Minka Joseph Dalambert n’a que la sensibilisation, pour le moment comme seule arme pour y faire face. Les stupéfiants commencent aussi à circuler dans le milieu, et chaque week-end, c’est par charters entiers, selon un habitant de la ville, qu’on voit débarquer des filles de joie venant de Yaoundé ou Douala. Ce qui ne va pas sans quelques problèmes sur le plan sécuritaire. Des conflits fonciers entre familles sur la limitation des terres se font de plus en plus jour, sur fond d’espace à louer aux orpailleurs etc. Toutes choses qui appellent des actions urgentes de la part des pouvoirs publics. Au risque de voir la ruée vers l’or d’Eséka, lui créer plus de problèmes qu’il n’en a, et ne point profiter à la cité.

Source: www.cameroon-tribune.cm

Les enjeux de la conversion au biofuel

En plus d’être une solution aux coupures intempestives du courant électrique, le biocarburant permet d’économiser jusqu’à 71% de la consommation quotidienne des entreprises.

Une société comme la SCR Maya & Cie basée dans  la  zone  industrielle de Bonabéri, à Douala IVème, consomme en moyenne 25 000 litres de gazole par jour, soit près de 9,2 millions de litres de gazole l’année, pour faire fonctionner ses machines.

Sachant que les industries opérant au Cameroun achètent le litre de gazole hors TVA au prix de 470 FCFA, la société Maya consacre ainsi la somme de 11,7 millions de FCFA à sa consommation journalière de gazole. Soit la forte somme de 4,3 milliards de FCFA par an. En effectuant une conversion au biofuel, cette entreprise leader de la production d’huiles végétales raffinées au Cameroun, économiserait jusqu’à 71% de consommation actuelle de gazole. L’équivalent de 3,05 milliards de FCFA l’année. Idem, pour une entreprise comme AFM BROLI qui annonce, apprend-on, une consommation journalière de 2000 litres de gazole par jour. Ce qui lui coûte 940 000 FCFA par jour, 23,5 millions de FCFA par mois et 282 millions de FCFA par an. Or, en s’arrimant au biofuel, cette dernière ne consacrerait plus que la somme de 331 200FCFA par jour à l’énergie lui permettant de faire tourner ses machines, grâce à une baisse de sa consommation actuelle de57%.

Ces données sont la résultante d’une étude menée auprès des industries locales par le Groupement d’intérêt économique (GIE) Powercam, qui travaille   depuis   quelques temps sur  la  conversion des industries au biofuel. Elles ont été présentées aux entreprises membres du Gicam, le mardi 19 septembre dernier, pour dé- montrer  l’efficacité énergétique  et  l’intérêt économique du biofuel. Le biocarburant,     puisqu’il s’agit de lui, est donc un carburant (biocombustible liquide ou gazeux) produit à partir de matériaux organiques non fossiles, pro- venant de la biomasse et qui vient en complément ou  substitution du  combustible fossile (essence, gaz, gazole, fioul, etc.). Ce que propose Powercam, à travers  le  projet  GEWC (Green Energy Wood Chips), qui est une filiale des membres de ce GIE, est la conversion des industries au biocarburant, en les aidant à se doter de centrales biomasses, fonctionnant grâce au bois issu des   exploitations  forestières, sous forme de Plaquettes forestières sèches (PFS). « GEWC a pour vocation de promouvoir l’utilisation  du   bois-énergie sous forme de plaquettes forestières ou chips pour le marché local. La PFS est le résultat du broyage par des engins mécanisés (broyeurs à couteaux) des rémanents d’une exploitation forestière ou de bois de faible diamètre dont c’est souvent la seule valorisation possible. Elle se présente sous la forme de petits morceaux de bois d’environ 2x2X5 cm, d’une teneur en eau variable de 25×55%. A cause du foisonnement, 1m3 de bois plein représente environ 2,5 à 3 m3 apparents de plaquettes », explique Jean Michel Job, administrateur de Powercam.

A l’en croire, les PFS, à un taux de 20 à 30% d’humidité. Les économies par rapport au gazole, au fioul et au gaz sont très importantes. Ce qui semble donc attractif pour les indus- tries du pays. Surtout que le coût de la mise à disposition des équipements (centrales biomasses) pour l’utilisation des PFS varie de 31 millions de FCFA 220 millions de FCFA.

Joseph Roland Djotié

Source: Le quotidien de l’économie N° 01384