Liberté de la presse: Le Cpj dénonce la loi anti-terroriste

L’Ong internationale accuse le gouvernement d’utiliser cette législation pour museler les

journalistes.

«Journalistes, pas terroristes ». Ainsi s’intitule le rapport 2017  du  Comité  pour  la  protection des journalistes (en Anglais, Commettee To Protect Journalists, CPJ), une association à but nonlucratif fondée depuis 1981 et basée aux Etats-unis. Cette Ong dont le but est d’observer les abus contre la presse et de promouvoir la liberté des médias à travers le monde, accuse les autorités de Yaoundé d’utiliser la loi portant répression des actes de terrorisme pour museler la presse. «Le Cpj a constaté que les autorités se servent de cette loi contre des journalistes»peut-on lire dans le texte rendu public hier.

En décembre 2014, alors que le pays est engagé dans une guerre contre la secte terroriste Boko Haram, le gouvernement fait voter une loi anti-terroriste. Le texte est adopté par le Parlement malgré une levée de bouclier de la part des politiques et de la société civile. Depuis lors pour le Cpj, les autorités se servent du texte pour faire taire des voix discordantes dans la guerre contre Boko Haram, mais égale- ment dans la crise anglophone qui a éclaté fin 2016. «Outre la détention des journalistes, les autorités ont mis au banc des accusés les organes de presse réputés bienveillants à l’égard des manifestants anglophones», relève le rapport qui ajoute que «au Cameroun, la législation anti-terroriste est utilisée pour imposer le silence aux opposants et réprimer la dissidence». Aussi, rapporte le Cpj, «la loi anti-terroriste camerounaise serait un instrument puissant pour susciter la peur.

Les dispositions de la loi sont critiquées comme étant d’application trop large avec un potentiel facile d’abus à l’encontre des opposants politiques et du droit à la liberté d’expression». Le document rapporte le résultat de son enquête auprès de journalistes et de patrons de presse du Cameroun et note que «le gouvernement combine la couverture médiatique des militants ou des manifestants avec des éloges, et les journalistes ne savent pas ce qu’ils peuvent rapporter sans danger. Par conséquent, ils pèchent par excès de prudence». Une enquête qui a connu quelques embûches, notamment lorsqu’on a retardé le processus d’obtention des visas des observateurs externes du Cpj. Des accusations que s’est empressé de rejeter le gouvernement à travers le ministre de la Communication. «Les propos de Commitee To Protect Journalists ne reflètent pas la situation de la presse au Cameroun», a dénoncé le ministre Issa Tchiroma Bakary. Pour le porte-parole du gouvernement, «le rapport du Cpj est biaisé» car au Cameroun, «il n’y pas de risque à pratiquer du journalisme, ou à reporter une opinion politique». Il renchérit : «Les journalistes sont libres et les partis politiques ne sont soumis à aucune forme d’intimidation»

Par Ludovic Amara

Source: Mutations

Les Etats-Unis refuse le visa aux officiels guinéens

Une mesure de restriction d’octroi de visa d’entrée sur le territoire américain a été adoptée par l’administration Trump à l’encontre de quatre pays, dont trois pays africains. Il s’agit notamment du Cambodge, de l’Erythrée, de la Guinée et de la Sierra Leone. Cette mesure est applicable depuis mercredi 13 septembre 2017.

Les Etats-Unis reprochent à ces quatre pays de ne pas coopérer au rapatriement de leurs ressortissants en situation irrégulière sur le sol américain. Ces expulsions concernant, selon Washington, 2137 Guinéens, 1900 Cambodgiens, 839 Sierra-léonais et environ 700 Erythréens.

L’absence de fourniture de documents permettant à ces personnes d’être expulsées du territoire américain vers leurs pays d’origine, constitue la raison essentielle de la mise en exécution cette sanction adoptée par l’administration américaine, depuis quelques semaines déjà, à l’encontre de ces pays.

Dans un communiqué rendu public hier, le ministère américain de la sécurité a, par ailleurs, tenu à préciser que cette décision s’appliquait « à certaines catégories de demandeurs ». Tout en faisant remarquer que « sans réponse appropriée des autorités de ces pays, l’étendue de ces sanctions pourra être étendue à une population plus large ».

Ainsi, l’ambassade des Etats-Unis en Erythrée a cessé de délivrer tout visa B (affaires ou vacances). Tandis que celle de Guinée a interrompu la délivrance de visas B, F, J et M « aux officiels guinéens ainsi qu’aux membres de leurs familles proches, avec quelques exceptions limitées » révèle le communiqué.

Source: www.apr-news.fr

Togo: Situation socio-politique, la présidence se prononce, bilan des manifestations

Deux conseillers du Chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, ont fait le point hier mercredi à Lomé à la presse et au-delà au peuple le point sur la situation au pays telle qu’eux ils la vivent.

Selon les sieurs Noupokou Damipi et Djossou Semondji, deux conseillers du Président togolais qui ont rang de ministres, suite aux manifestations politiques publiques des 06 et 07 septembre derniers, l’Office togolais des recettes (OTR) a établi que le Togo a perdu une de « 1,5 milliard F Cfa ».
A en croire les deux intervenants, les pertes enregistrées sont dûes à la diminution des entrées et les sorties des camions au Port autonome de Lomé (PAL).
Sur le bilan des différentes manifestations, les deux conseillers ont déclaré que « Nous savons que celle organisée le 29 août par le parti UNIR n’a été émaillée d’aucun incident. Celle du 19 août organisée par le PNP a dégénéré aussi bien à Lomé qu’à Sokodé. Nous en connaissons tous le bilan : 2 morts, plusieurs blessés, plusieurs interpellations ».
Ils ont par ailleurs relevé que les marches des 06 et 07 septembre, elles auraient pu se dérouler dans le calme si celle du 07 n’avait pas connu quelques incidents dans la soirée. Les deux conseillers à la présidence ont attesté qu’à l’issue de ces deux jours de manifestations, il n’y a pas eu de décès mais quelques blessés avec au total 86 personnes interpelées.
Outre ce bilan financier et humain, Semondji a annoncé que les 86 personnes qui ont été interpellées lors des manifestations ont été remises en « liberté histoire de vérifier si elles présentaient des traces de torture ».
Enfin au regard de la situation socio-politique qui prévaut dans le pays, la déclaration présentée par les deux conseillers énonce que « le Président de la République, le Gouvernement et l’ensemble des acteurs politiques togolais (du moins pour ceux que nous représentons) appellent une fois encore au calme et à la retenue afin que nous retrouvions rapidement le climat de paix et de sérénité qui prévalait avant ces malheureux évènements qui ont eu pour point de départ les manifestations du 19 août ».
source: www.koaci.com

OAPI: le nouveau directeur général est là

Denis L. Bohoussou a présenté ses lettres d’introduction au ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, mardi à Yaoundé.

Le poivre de Penja et le miel blanc d’Oku sont deux produits camerounais labellisés par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), dans le cadre de son « Programme de renforcement des capacités commerciales ». Un label gage de qualité, de contrôle des circuits de production et de commercialisation. Des actions et bien d’autres qui vont être poursuivies par le nouveau directeur général, Denis L. Bohoussou. Nommé le 1eraoût 2017, il a présenté ses lettres d’introduction au ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, mardi à Yaoundé. L’homme qui prend les rênes de cette institution au Cameroun a occupé les fonctions de directeur général de l’Office ivoirien de la propriété intellectuelle (OIPI). C’est à ce titre qu’il a géré le système national de propriété intellectuelle de la Côte d’Ivoire et contribué activement à la restructuration du Bureau ivoirien du droit d’auteur (BURIDA).
Comme expert auprès de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), Denis L. Bohoussou a conduit l’élaboration de la stratégie nationale de la propriété intellectuelle de différents pays africains et produit de nombreux rapports d’études sur le système de la propriété intellectuelle en Afrique. Auteur de nombreuses publications dans ce domaine, le nouveau patron de l’OAPI est commandeur de l’Ordre du mérite culturel et chevalier de l’Ordre de la fonction publique de la Côte d’Ivoire. Il remplace à ce poste le Gabonais Paulin Edou Edou.

source: www.cameroon-tribune.cm

Cameroun – football – MTN Elite one: Eding fait un petit pas vers le titre, Canon se rapproche de la descente; les résultats de la 29e journée !

Le championnat national de football de première division MTN Elite one a franchi la 29e borne ce weekend avec des surprises:
La première est venue du Nord avec la défaite à domicile du dauphin Coton Sport face à un mal classé Astres (0-2). La seconde, c’est la 5e victoire consécutive de la Colombe Sportive du Dja et Lobo devant Unisport du Haut Nkam (2-0). La logique a été cependant respectée entre Apejes et Lionblessé (4-1), ainsi que Yong Sport et Canon (3-0).
Au total, sur 09 rencontres, on totalise 07 victoires (04 à domicile, 03 à l’extérieur) et 02 nuls pour 23 buts.
Résultats complets de la 29e journée
Yosa-Canon (3-0)
Dragon-Union (1-1)
Coton -Astres (0-2)
Aigle -Stade (0-1)
Newstars -Ums (0-2)
Colombe -Unisport (2-0)
Eding-Bamboutos (0-0)
Feutcheu -Racing (4-2)
Apejes -Lionblessé (4-1)
J.M.M

Invalidation de la présidentielle au Kenya : « Personne ne s’attendait à une telle décision »

La stupeur domine au sein du clan de Uhuru Kenyatta, après l’invalidation, vendredi 1er septembre, de la réélection du président sortant par la Cour suprême.

En raison « d’illégalités et d’irrégularités », Uhuru Kenyatta « n’a pas été élu et déclaré président de manière valide », a déclaré le juge président David Maraga. De nouvelles élections doivent être organisées d’ici 60 jours par la commission électorale. Une décision à rebours de celle de 2013, lorsque la Cour suprême avait confirmé la victoire sur le fil de Uhuru Kenyatta. Comment expliquer un tel changement entre les deux élections ? Éléments de réponse avec Marie-Emmanuelle Pommerolle, directrice de l’Institut français de recherche en Afrique à Nairobi.

Jeune Afrique : Lors de son discours à la Nation, prononcé quelques heures après la décision de la Cour suprême, Uhuru Kenyatta semblait avoir du mal à encaisser le choc. Pourquoi le scénario d’une invalidation des résultats paraissait aussi peu plausible ?

Marie-Emmanuelle Pommerolle : Car tout le monde avait en mémoire le précédent de 2013, lorsque Raila Odinga avait contesté les résultats de l’élection présidentielle devant la Cour suprême. À l’époque, Uhuru Kenyatta l’avait emporté avec seulement 50,03 % des voix. Cela n’avait pas empêché la Cour de valider l’élection avec un jugement perçu par beaucoup d’observateurs comme injuste et peu fondé d’un point de vue juridique. Une décision source de désillusions vis-à-vis de la Cour suprême, dont s’est servie l’opposition en 2017 pour affirmer que les institutions ne permettraient pas d’obtenir un scrutin crédible et transparent. Résultat : tout le monde s’attendait à ce que la validation des résultats ne soit qu’une simple formalité.

Qu’est-ce qui a changé depuis l’élection de 2013 et qui pourrait expliquer cette décision inédite ?

Sur les raisons objectives, qui ont poussé les magistrats à invalider le scrutin, il faudra attendre leur jugement final. Ils ont 21 jours pour le publier et démontrer que les irrégularités constatées étaient suffisantes pour invalider le scrutin du 8 août.

Pour le reste, on peut constater un véritable changement de contexte entre la décision de la Cour en 2013 et celle de 2017. En 2013, l’opinion publique craignait le retour des violences post-électorales après celles de 2007 et 2008 – qui avaient fait plus de 1 100 morts et 660 000 déplacés. Il y avait alors une certaine pression autour des juges pour confirmer les résultats et et ne pas ouvrir un nouveau cycle de violences. Quatre ans plus tard, cette rhétorique ne prédomine plus, mis à part dans les médias internationaux. Cela peut expliquer en partie la décision des magistrats.

Du côté de l’opposition, on a salué une « journée historique ». Pourtant, Raila Odinga avait refusé dans un premier temps de saisir la justice pour contester les résultats du scrutin du 8 août. Comment expliquer ce revirement ?

Il s’est d’abord rendu compte que l’option de la rue devenait intenable. En quelques jours, une vingtaine de manifestants ont été tués par les policiers, qui faisaient usage de balles réelles. Il fallait éviter que cela se transforme en bain de sang. Et puis, il ne faut pas sous-estimer l’impact des discussions au sein de la coalition Nasa. Il est fort probable que le sénateur James Orengo et le candidat à la vice-présidence, Kalonzo Musyoka, aient pesé pour porter l’affaire devant la justice. Pourquoi jouer son va-tout, alors qu’on peut se positionner pour les prochaines échéances électorales ?

Par contre, je ne crois pas vraiment à l’influence de la communauté internationale dans le revirement de Odinga. Les observateurs sur place, comme l’Américain John Kerry ou le Sud-africain Thabo Mbeki, ont été vivement critiqués par Odinga pour avoir apporté leur blanc-seing à la validation des résultats du scrutin. Comment auraient-ils pu l’influencer dans ces conditions ?

La Commission électorale a désormais 60 jours pour organiser un nouveau scrutin. Ce délai est-il tenable ?

Cela va être compliqué, mais j’imagine que c’est faisable. Après tout, la Commission a l’habitude de travailler dans des délais très serrés – ce qui peut d’ailleurs expliquer les irrégularités constatées lors du scrutin… Reste qu’ils vont devoir faire face à plusieurs obstacles de taille. Où les électeurs vont-ils voter ? Les bureaux sont installés dans les écoles. Or nous serons en pleine année scolaire, avec plusieurs sessions d’examen prévues. Autre difficulté : Odinga réclame la tête du président de la Commission, Wafula W. Chebukati, qu’il accuse de tous les maux.

Ces différents points vont vraisemblablement faire l’objet de négociations entre l’opposition et le pouvoir. Mais je ne les imagine pas en train de repousser la date du scrutin, car le délai de 60 jours est inscrit dans la Constitution.

PROCES DES LEADERS ANGLOPHONES: Les premiers témoins entendus

Le procès de 27 militants anglophones se poursuit devant le tribunal de Yaoundé. Ils sont accusés d’hostilité contre la patrie, de rébellion ou coactions d’actes terroristes. Ils avaient été interpellés en décembre et janvier derniers. Après six mois de procès, les débats sont enfin entrés dans le vif du sujet ce jeudi.

L’audience d’une durée marathon a été émaillée de quelques incidents entre le banc du ministère public et celui des avocats de la défense. Les débats houleux ayant fait ressortir la difficulté à conduire un procès serein avec encore des procédures pénales diversement interprétées entre l’accusation dont les parties prenantes sont essentiellement francophones et les avocats de la défense eux majoritairement anglophones. Reprise de débat le 31 août 2017.

Etat du cameroun / Amnesty international: L’ONG répond au Gouvernement

Epinglée pour être suppôt de Boko Haram, l’organisation réagit par la voix de son Directeur du bureau Afrique Centrale et de l’Ouest.

Alioune Tine : «Je m’attendais à une réaction dans laquelle le gouvernement camerounais tenterait de réfuter les résultats de la recherche menée par Amnesty International sur la base de contre-arguments sérieux et de preuves solides et concrètes. Malheureusement cela n’a pas été le cas. J’ajoute qu’Amnesty International a plusieurs fois donné l’occasion au gouvernement de répondre à ses allégations. Mais les autorités n’ont jamais réagi. Donc j’aurai davantage été satisfait si le gouvernement avait effectivement et en temps réel réagi à nos interpellations pourtant envoyées bien avant la parution de ce rapport, et qu’il essaie aujourd’hui de récuser en bloc sans argument. Il est important que l’opinion publique camerounaise comprenne que c’est au mois d’avril, soit trois mois avant la publication du rapport, que nous avions écrit aux autorités pour leur présenter un résumé de nos constatations et solliciter une réaction de leur part. Mais nous n’avons jamais reçu de réponse.

Ensuite, du 20 au 26 mai 2017, j’ai moi-même conduit une délégation d’Amnesty International à Yaoundé pour recueillir le sentiment des pouvoirs publics concernant les conclusions de nos recherches qui, je le répète, n’étaient pas encore publiées. Mais aucun membre du gouvernement n’a accepté de nous rencontrer malgré les multiples demandes d’audience envoyées avant notre déplacement. Pire, les autorités ont interdit une conférence de presse prévue par Amnesty International à Yaoundé le 24 mai dernier, au cours de laquelle nous avions l’intention de présenter des lettres et des pétitions adressées par plus de 310 000 signataires du monde entier, demandant au président Paul Biya de libérer trois étudiants condamnés à 10 ans de prison, uniquement pour avoir échangé une plaisanterie sur Boko Haram par SMS. Tout au long de notre travail de recherche, nous avons demandé à rencontrer le président de la République, le ministre de la Défense, le ministre de la Justice, le ministre de la Communication, le ministre des Relations extérieures et des membres des forces de sécurité. Seul le ministre de la Communication et le secrétaire général du ministère de la Défense ont accepté de nous recevoir, en février 2017. Confronté à une description détaillée des pratiques de torture en question, le représentant du ministère de la Défense a affirmé qu’elles ne relevaient pas de la torture, mais simplement d’une «exploitation approfondie».