Célestin Monga a rencontré Paul Biya à Etoudi

Lundi 17 juillet 2017. Historique poignée de mains entre le dissident bien connu et le chef de l’Etat, lors d’une audience accordée au palais de l’Unité par Paul Biya au président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), le Dr Akinwumi Adesina, en visite de travail au Cameroun sur invitation des pouvoirs publics. Notre compatriote Monga, âgé de 57 ans, qui  en est vice-président et demeure économiste en chef de cette institution panafricaine, faisait partie de la suite de cet économiste nigérian.

PAUL AYAH ABINE: Des interrogations sur son avenir

La session du Conseil supérieur de la magistrature tenue ce 07 juin 2017 a, en plus d’autres décisions fortes comme le remplacement du président du Tcs, réglé définitivement la carrière professionnelle de ce leader politique.

Tout partit d’une convocation qu’il reçut le jeudi 19 janvier 2017 à son domicile à Yaoundé, en milieu d’après-midi, servie par deux gendarmes du Sed. Convocation initiée dans le cadre de la vague d’arrestations au lendemain de l’interdiction d’activités faite au Cameroon anglophone civil society consortium (le Consortium), et au Southern Cameroon national Council (Scnc), mouvement sécessionniste. Ce magistrat était alors avocat général près la cour suprême, où il avait été nommé en 2014. Certains durs du régime le considérant comme étant le leader des factieux, lui qui devint député de la Manyu pour le compte du Rdpc en 2002, avant d’en démissionner en janvier 2011 pour créer le People’s action party (Pap), dont il porta la candidature lors de la dernière présidentielle.  Au sein du Rdpc déjà, Paul Ayah était connu pour être une forte tête, comme se préparant à la dissidence, n’hésitant alors pas à braver les instructions de la hiérarchie. C’est ainsi qu’en 2008, il fut contre la révision constitutionnelle devant permettre à Paul Biya de briguer un troisième septennat consécutif, en 2011. Et partant  pouvoir se faire élire autant de fois qu’il le souhaiterait. Avant même cette action d’éclat qui au sein du Rdpc était considérée comme un acte de témérité courage suicidaire, le catéchisme officiel du parti étant parole d’évangile, il fit partie des députés qui demandèrent une enquête pour corruption contre un membre du Gouvernement, Augustin Frédéric Kodock, alors ministre de l’Agriculture.

C’était donc un grand risque que prenait le chef de l’Etat en le nommant à la cour suprême, dans une geste qui se voulait un exemple palpable de bonne gouvernance et respect des us démocratiques : la nomination d’un opposant à une telle fonction, sans que les circonstances l’exigent formellement. «Avant cette nomination, des informations persistantes le déclaraient bientôt à la tête du SCNC», écrivait Mutations le vendredi 20 janvier dernier.

C’est le 21 janvier dernier que Paul Ayah Abine avait été interpellé. Il devait répondre des faits de complicité et apologie de terrorisme dans le cadre des revendications relatives à la crise anglophone. Le 16 mars 2017 à la première audition, ses avocats dénoncèrent les conditions d’arrestation de leur client, les estimant non conformes. Mais le 21 mars 2017, celui qui est détenu Sed avait vu rejeter la  demande de libération immédiate déposée par ses avocats, devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi. Celui-ci estimant qu’il n’y avait eu aucune violation de la loi lors de son arrestation. Ce à quoi s’opposent ses conseils, qui relèvent que l’intéressé a été interpellé sans mandat d’amener.

Le collège de ses avocats, sous l’impulsion du Pr Maurice Kamto, rappelant que l’arrestation d’un haut magistrat obéit à des procédures spécifiques, qui d’après eux auront tout simplement été violées avec le leader du Pap. En tout cas le tribunal aura été d’un avis contraire, et l’homme doit rester derrière les barreaux pour affronter la justice. Se confiant au quotidien Emergence,  son fils Ayah Ayah Abine, porte-parole de la famille, déclarait  fin avril : «Cela fait 100 jours que la famille est partagée entre la peur, les menaces et les intimidations. Par exemple dans la nuit de vendredi à samedi matin dernier, des gens ont essayé pendant plus de deux heures de temps de forcer notre portail. Ils ont sonné, ils nous ont même appelés. Est-ce une coïncidence ou un pan de tout ce qui nous arrive à notre famille depuis le 21 janvier 2017, jour où notre père a été enlevé ? Le fait que tout ceci nous arrive après son enlèvement nous fait croire que c’est juste la suite de ce complot politique qui est mené contre notre famille».

A propos de la demande d’habeas corpus rejetée par la Cour d’appel, le porte-parole de la famille Abine alléguait, reprenant des arguments des conseils de la famille, que «soit cela relève de l’ignorance des juges, ou alors ils reçoivent des ordres de l’exécutif. L’article 584 du code de procédure pénale parle de l’habeas corpus et stipule que le Tribunal de grande instance statue sur l’arrestation et la détention illégales d’un individu en cas de non suivi de la procédure. L’article 18 du même code stipule que l’arrestation s’effectue sur la base d’un mandat d’arrêt, sauf en cas de flagrant délit qui ne s’applique pas à Paul Ayah Abine. Y avait-il un mandat d’arrêt lors de son arrestation ? Non. C’est pour cela que je parle d’enlèvement. Il a été mis en détention un samedi, en violation de l’article 119 alinéa 4 du code de procédure pénale».

C’est dans ce contexte qu’est intervenue la nouvelle de l’arrestation du fils de ce magistrat embastillé, alors qu’il attendait dans l’enceinte du Tribunal militaire de Yaoundé la nouvelle comparution des leaders du Consortium Anglophone Musicians. Ayah Ayah Abine, quelques jours avant son 34ème anniversaire qui est survenu le vendredi 09 juin 2017, aurait été mis aux arrêts par la gendarmerie. Ceci en compagnie de son cousin, étudiant à l’Université de Buea, le nommé Christian Etonong. Il serait reproché au fils Ayah, fonctionnaire du ministère des Sports et de l’Eduction physique, diplômé de l’Injs, ainsi qu’à son compagnon d’infortune, d’avoir apporté une camera au tribunal militaire. On les soupçonnerait ainsi d’avoir fait des prises de vues illégales. Série noire pour le jeune homme car le jour même, parmi les résolutions prises par le Conseil supérieur de la magistrature s’étant tenu au Palais de l’Unité, figurait la mise à la retraite de son géniteur, le magistrat hors hiérarchie qui perdait ipso facto ses fonctions d’avocat général près la Cour suprême du Cameroun, avec à la clé quelqu’un d’autre nommé pour le remplacer : l’ancien président du Tcs Yap Abdou. Le Chef de l’Etat, président du Conseil supérieur de la magistrature, n’a donc pas suivi certains de ses conseillers qui lui recommandaient la révocation pure et simple de cet homme de droit qui se dit incarcéré « sans justification aucune, sans la moindre inculpation et personne ne me déclare jusqu’à présent ce qui justifie ma présence ici (au Sed, Ndlr)».

Alamine Ousmane Mey, l’exemple à suivre

Venu du privé, le ministre en charge des Finances a, sans tambour ni trompette, apporté une touche personnelle qui devrait faire des émules dans la haute administration. Faits concrets.

Lors des «African Banker Awards 2016», ce rituel annuel organisé par l’Association des banquiers d’Afrique pour décerner des prix et magnifier l’excellence, Alamine Ousmane Mey (AOM) a été désigné meilleur ministre des Finances du continent africain. Cette solennelle reconnaissance des mérites du Minfi hors de nos frontières, traduction de l’estime dont il jouit en raison de ses capacités, sa vision et son action,  lui a été matérialisée par la remise d’un trophée il y a un an exactement, en marge des assises de l’Assemblée générale de la Banque Africaine de Développement (Bad) en Zambie. Cette distinction récompensant sa contribution au développement socioéconomique de son pays, entrait dans le cadre de la traditionnelle remise de lauriers, qui a lieu tous les ans lors des assemblées générales de la Bad, et a pour but de rendre hommage à l’excellence dans le secteur de la banque et de la finance sur le continent.

En début d’année, ce sont plus de 700 personnels de l’Etat qui ont été mis en débet mesure prise contre eux par les pouvoirs publics après la perception présumée frauduleuse de 1,3 milliard F en 2016. Car des fraudeurs on sait tous qu’il y en a, opérant seuls ou en bandes organisées ; mais ces derniers, grâce aux différents mécanismes mis en place par le Minfi, sont identifiés empêchés de poursuivre leurs forfaits.  L’Etat s’assurant en outre qu’ils remboursent jusqu’au dernier fifrelin les sommes distraites, sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être engagées à leur encontre.

Zorro est arrivé

Quand ce banquier arrive au ministère des Finances, le fléau du « mboma » y sévit, et quoiqu’il fît alors part de sa détermination à lutter contre de tels maux, on ne lui donnait pas grande chance de succès, tellement cette hydre avait solidement établi ses bastions, dans un système souterrain brassant de gros sous.  L’on a affaire à une vieille combinaison exploitée par les fraudeurs depuis l’informatisation du système de gestion de la solde et des pensions. Comment procèdent-ils ? Concrètement, l’on a des fonctionnaires qui se font payer à plusieurs reprises les mêmes émoluments : qu’il s’agisse de salaire mensuel, de rappel de soldes, d’avance de soldes, d’avancement de grade ou encore de reclassements.

Et c’est par un vaste coup de filet déployé par M. Ousmane Mey qu’au courant de l’année 2016, plusieurs personnels de son ministère, précisément en service à la cellule informatique de la direction de la dépense, de la solde et du personnel ont été interpellés et placés en détention provisoire à la prison centrale de Kondengui.

Ils ont été inculpés de détournement pour un montant présumé de 1,3 milliard F ? Ceci par le biais du gonflement indu de salaires et primes au profit de plus de 700 agents publics. En cause des militaires, policiers, enseignants, divers autres fonctionnaires, et même des diplomates. Tous pris dans une maffia où des rabatteurs les approchaient pour leur proposer de multiplier leurs salaires, le surplus devant par eux être partagé à l’aboutissement du dossier. La phase suivante est d’effacer en machine les paiements déjà effectués, à chaque fois, et le tour était joué ! Pas vu, pas pris ? Non, puisqu’avec l’actuel Minfi, l’heure de ces bandits à cols blancs a depuis sonné. Si bien que la proportion de telles pratiques est devenue résiduelle, c’est-à-dire véritablement une exception en remplacement de ce qui était pratiquement une règle. Car avec l’appât du gain facile, il y avait peu de fonctionnaires qui résistaient à ces offres alléchantes. Et qui par l’action d’Alamine Ousmane Mey, s’en mordent depuis les doigts.

Car le Minfi est un homme de grande rigueur et rectitude morale, avec le souci du moindre denier public inhérent au banquier devant gérer l’argent d’autrui. Avant même d’entrer au gouvernement, il avait tapé dans l’œil de Paul Biya. Le chef de l’Etat lui avait ainsi demandé, avec deux autres hommes d’affaires nationaux, de l’accompagner à un sommet sur la création d’entreprises à Washington aux Etats-Unis, qui se tint du 26 au 27 avril 2010. Et c’est le 9 décembre 2011, qu’il fit sa brillante entrée aux affaires publiques, par sa nomination comme grand argentier national. Etant à ce titre chargé de l’élaboration et de la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière financière, budgétaire, fiscale et monétaire.

Léopold YAMDJEU

Le fils d’Um Nyobè entre dans la danse

Pour quels résultats ? Son seul patronyme suffira-t-il à lui donner une stature de poids sur l’échiquier national ? 

Fils de Mpodol, il est venu au monde le 25 avril 1957 dans le maquis. Soit une année seulement  avant l’assassinat de son père Ruben Um Nyobè, ce fatidique 13 septembre 1958 aux environs d’Eséka. Celui que d’aucuns veulent présenter comme étant l’enfant prodige, Daniel Ruben Um Nyobè, est un ingénieur informaticien installé en France, qui veut à 60 ans s’impliquer davantage dans la vie politique de son pays, pour lequel son géniteur a payé le prix fort : celui du sacrifice suprême.

Ce que d’aucuns considèrent déjà comme une volonté d’instrumentalisation d’une icône nationale, il a été promu au poste de premier vice-président du Bureau du comité directeur de l’Upc. Nous étions alors le 27 mai 2017 à Yaoundé, au terme d’une réunion de ce Bureau du comité directeur de l’Upc. Interrogé sur ses ambitions politiques, l’intéressé rétorque d’emblée : « Quand on a été le fils de Ruben Um Nyobè, la politique fait partie de votre Adn. Mais il ne suffit pas d’être son fils pour être certain d’occuper une place de choix au sein du parti. Ça ne se décrète pas ; il faut être accepté par la base. Si mon père est aujourd’hui considéré comme la figure emblématique acceptée par la base, je prendrai mes responsabilités si un jour la base décidait de me confier des responsabilités ».

C’était sous la présidence du député Robert Bapooh Lipot, que le Comité directeur de l’Upc s’est ainsi réuni il y a quelques jours dans la capitale, pour se  pencher sur des sujets épineux à l’instar de la guerre contre la secte terroriste Boko Haram, la situation dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, ainsi que  les résolutions sur les grands défis qui interpellent le parti en cette veille de grandes échéances électorales.

Parmi les grandes résolutions prises par cette instance, figure donc en bonne place la promotion du fils du martyr Ruben Um Nyobè, dit le Mpodol (guide), à ce prestigieux poste. Au cours du traditionnel échange avec les médias  à l’issue de ces assises, le secrétaire général de l’Upc a insisté sur le souci permanent de cette formation politique, de mettre au-devant de la scène la famille de Ruben Um Nyobè, « père de l’indépendance du Cameroun » comme il l’affirma.

D’après l’honorable Bapooh Lipot, « c’est un acte de justesse et de justice qui doit servir de boussole à l’Upc au moment où certains groupuscules oublient le prix payé par nos pères fondateurs ». Il poursuivit  : « C’est le lieu pour moi de témoigner ma reconnaissance à l’égard de Daniel Ruben Um Nyobè, qui par sa clairvoyance politique, a accepté de vaincre les prismes de l’extrémisme afin de servir d’emblème de pardon et du dialogue, pour une société camerounaise qui aujourd’hui, face à certains élans de négation de l’unité et de l’indivisibilité du Cameroun, en a besoin ».

Pour cet élu de la nation, sa recrue de choix et de poids  « nous montre que face à l’intérêt supérieur de la Nation, les cœurs doivent briser totalement et de manière hyperbolique les prismes du tribalisme, de l’ethnocentrisme, du népotisme pour s’ouvrir essentiellement à l’esprit nation tout en privilégiant le culte de la République. Loin des surenchères de la politique politicienne, chaque homme politique doit mettre en évidence ce qui vivifie la culture de l’appartenance à la Nation, à la République et à l’État du Cameroun ».

Maintenant qu’il est aux affaires, on attend voir ce qu’il va faire, lui qui est un illustre inconnu pour la base de cette formation politique, son seul crédit étant d’être le fils de son père. Le militantisme patriotique est-il génétiquement transmissible ? On le verra.

Louis fernand Tayou

Paul Biya avait-il déjà dévoilé son successeur ?

Alors qu’il s’apprêtait à quitter Buéa il y a 3 ans à l’issue d’un voyage dans le Sud-ouest pour le Cinquantenaire de l’indépendance, le chef de l’Etat pouvait bien avoir révélé l’identité de la personne qu’il voudrait voir le remplacer à la magistrature suprême

En politique il est vrai que tout est sujet à interprétation, même les actes les plus anodins. A fortiori quand il s’agit d’une attitude lourde de sens, à un moment où l’on sait que les regards de tout le pays sont braqués sur soi. M. Paul Biya sait donc bien ce qu’il fait, l’exercice du pouvoir lui ayant donné une expérience qui l’empêche d’être l’auteur de bourdes diplomatiques ou d’impairs protocolaires. Et il s’agissait bien de protocole le 22 février 2014, moyen qu’avait peut-être choisi le magistrat suprême pour présenter à la nation celui qu’il voudrait voir à sa place, une fois achevé son septennat actuel. Ce pourrait être son épouse, Chantal Biya. Revoyons les images telles qu’elles nous ont été présentées par la télévision nationale, quand dans la capitale régionale du Sud-ouest il allait embarquer à bord de l’hélicoptère présidentiel, en compagnie de la Première dame. Au bas de l’échelle de coupée, se retournant vers les populations le chef de l’Etat avait levé les bras pour leur adresser ses gestes d’adieux, avait croisé les mains au-dessus de sa tête en signe d’unité, pour que nous restions soudés autant entre nous que derrière lui. Puis il avait gravi la passerelle menant à la cabine, s’était retourné une dernière fois quand il eut atteint la plus haute marche, avait encore levé le bras pour s’engouffrer enfin dans l’appareil.

Pendant ce temps où était Chantal Biya ? Elle était encore en plein dans un bain de foule, où elle prit son temps avant de se diriger à son tour vers l’aéronef, dans lequel elle avait rejoint son mari. Non sans avoir une dernière fois, au moment d’y pénétrer, eut le souci de se retourner encore pour adresser des gestes d’au revoir. Si bien que la dernière image que l’on avait eu de cette visite ô combien symbolique de célébration des cinquantenaires n’était pas, comme il se devait, celle du chef de l’Etat,  mais de sa douce moitié. Le timing du protocole de ce départ s’était donc déroulé comme si c’était Paul qui accompagnait Chantal. Et que c’était par conséquent à elle de recevoir les derniers souhaits de bon voyage que leur adressait, de loin, la foule.

Une nouvelle ère ?

Comment les choses auraient-elles dû se passer, si le taiseux hôte d’Etoudi n’avait voulu envoyer un message aux Camerounais ? Galanterie et règles protocolaires obligent, au bas de l’escalator il aurait d’abord laissé monter sa femme, l’aurait suivie, et c’est donc lui qui aurait en dernier lieu occupé les esprits. Mais en laissant cet honneur à Chantoux, énigmatique, c’est peut-être à dessein qu’il s’y était prêté, dans ce qui pourrait être une hypothèse de succession ayant le double mérite d’apporter le changement tout en assurant la continuité. En effet si Chantal Biya devient chef de l’Etat, le franchissement d’une barrière psychologique que représenterait l’arrivée aux affaires d’une femme pourrait faire passer la pilule, à la façon d’un François Mitterrand nommant Edith Cresson à Matignon : l’arrivée d’une représentante du sexe dit faible à la primature se voulait alors une stratégie devant permettre au chef de l’Etat français de rebondir.

Pour le Cameroun, cela reviendrait alors non seulement à tenir compte de la transmission du témoin entre générations, mais aussi à tenir compte de l’approche genre. Un tel scénario aurait-il quelque chance de succès ? Assurément, car Chantal Biya ne manque pas d’atouts dans son jeu. D’abord son charme et sa grâce, qui la dotent d’un charisme naturel provoquant de l’empathie pour sa tendre personne. Ensuite son aura internationale, l’ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO ayant depuis capitalisé cette stature pour acquérir une envergure transcendant nos frontières. L’on ne saurait occulter son carnet d’adresse bien fourni, qu’il s’agisse des grands de ce monde ou de l’élite de notre pays, qui seraient bien prêts à la ménager et non lui savonner la planche. Relevons aussi le tour de main qui est désormais sien dans la gestion des structures qu’elles aura portées sur les fonts baptismaux, qui toutes œuvrent dans le social.  Last but not the least, la présence à ses côtés de son époux, qui lui apporterait de judicieux conseils, serait un élément important dans la manière dont l’actuelle Première dame pourrait être amenée à conduire les affaires étatiques. Bien que phallocrate, machiste, encore largement arc-boutée sur des concepts pourtant abscons de domination naturelle des mâles sur la gent féminine, notre société serait pourtant prête à sauter le pas, l’exemple de deux autres femmes sur le continent présidant aux destinées de leur pays respectif sans qu’on n’y décèle une tare congénitale à assumer de telles fonctions, est là pour faire changer d’avis ceux qui voudraient continuer à freiner des quatre fers, dans ce cadre.

Alors Chantal Biya à Etoudi ? Elle y est déjà. Comme magistrat suprême, pourquoi pas si cela peut nous assurer une transition sans heurts en ces temps où ici et là, de tels exercices sont porteurs de frictions et conflits débouchant souvent sur le délitement de l’Etat, les destructions de biens et de grandes pertes en vies humaines ? On connait de pires scénarios qu’une telle hypothèse, on sait qu’existent chez nous de pires solutions, si l’on veut scruter le seul landerneau politique où se trouvent ceux qui estiment être mieux qualifiés pour prétendre à la succession.

Florian Kuipou

Tiers payant généralisé : L’impact du gouvernement Macron

DESCRIPTION :

Le gouvernement d’Emmanuel Macron a annoncé vouloir « évaluer » le dispositif du tiers payant généralisé, initiative mise en place au quinquennat précédent.

CONTENU :

Durant un entretien avec Le Parisien, le nouveau premier ministre Edouard Philippe a affirmé la volonté du gouvernement de réévaluer le dispositif de Tiers Payant généralisé instauré sous le quinquennat de François Hollande. Selon lui, cette réforme va dans le sens d’une « dématérialisation de ce que représente le coût de la santé ».

Principe et bénéficiaires du tiers payant

Le Tiers Payant est un dispositif qui permet à un assuré d’être dispensé de l’avance de ses frais de santé lors d’un passage en pharmacie ou chez un professionnel de santé (Médecin, pédiatre, …). Le professionnel de santé est alors directement payé par l’organisme d’Assurance Maladie rattaché au régime de l’assuré.

Avant cette éventuelle généralisation, il était déjà possible de profiter du Tiers Payant sous certaines conditions :

  • Être bénéficiaire de :
    • La Couverture Médicale Universelle Complémentaire (CMUC)
    • L’Aide à la Complémentaire Santé (ACS)
    • L’Aide Médicale aux Etrangers (AME)
  • Être victime d’un accident de travail ou d’une maladie professionnelle
  • Être hospitalisé dans un établissement conventionné par l’Assurance Maladie
  • Être mineur et consulter dans un but de contraception.

Le principe de la généralisation annoncée par le gouvernement de François Hollande repose sur l’application de ce Tiers Payant à l’ensemble des assurés sociaux sur la partie qui est normalement remboursée par la Sécurité Sociale. En clair, au 1er Décembre 2017, une consultation avec un médecin généraliste ne pourrait coûter que 6,90€ maximum (la part remboursée par votre mutuelle).

Comment avoir accès au Tiers Payant ?

Pour bénéficier de cet avantage, il faudra dans un premier temps vérifier que le généraliste ou le spécialiste en question a fait le choix de pratiquer le Tiers Payant. Si c’est le cas, il vous suffira simplement de vous munir de votre carte vitale et de la présenter à la fin de la consultation.

Attention toutefois à ne pas oublier de mettre votre carte à jour, car certains changements de situation et notamment la grossesse donnent lieu à de nouveaux droits. Pour mettre votre carte vitale à jour, vous devez vous rendre dans un établissement de la Sécurité Sociale, ou en pharmacie car la plupart d’entre elles sont équipées d’une borne dédiée.

Un dispositif remis en question par le nouveau gouvernement

Comme l’a indiqué le candidat du parti En Marche ! lors de sa campagne présidentielle, son intention était de rendre cette possibilité « généralisable » et non « généralisée ». Concrètement, il s’agirait de le rendre facultatif. En effet, la loi de 2016 ne prévoit pas de sanction pour un médecin qui refuserait d’appliquer cette mesure, ce serait donc au bon vouloir de chacun. La question reste donc en suspend et il faudra attendre le prochain communiqué officiel pour être fixés sur le sujet.

Source : bonne-assurance.com

Appel à la prise de conscience ivoirienne de l’importance du Secret Défense pour la Paix et la Sécurité nationales et internationales

L’idéal de l’ordre politique républicain se situe dans la primauté de la patrie sur le parti, et mieux encore, de l’humanité sur la patrie. Sans cette hiérarchie de valeurs, la politique se dévalue en politique politicienne. Lorsque certaines questions d’intérêt collectif se posent, le sens de la responsabilité doit enjoindre à tous les citoyens de bonne volonté les exigences de mesure, de prudence, de profondeur et de pondération dans les options affichées. Nous venons d’en vivre un exemple éclairant. En homme d’Etat trempé dans l’art de diriger la cité, le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, interrogé sur l’ouverture d’une enquête gouvernementale sur la supposée découverte de cache d’armes au domicile d’un de ses collaborateurs à Bouaké, a eu exactement les mots qu’il faut. Citons in extenso Guillaume Soro avant de les analyser, afin de contribuer, autant que faire se peut, à la prise de conscience ivoirienne de l’importance du Secret Défense pour la Paix et  la Sécurité nationales:
« Vous savezJ’ai été ministre de la DéfenseD’abord, je voudrais souligner que de telles questions relèvent du secret défense. Vous comprendrez donc que je m’interdise tout commentaire. Nous devrions tous observer de la prudence sur de telles questions.
  En revanche, en ce qui concerne l’enquête qui va être diligentée, j’y suis entièrement favorable et je la soutiens. J’ai vigoureusement recommandé à mon collaborateur de se mettre à la disposition des enquêteurs et je lui ai demandé de dire sur l’honneur et sur sa conscience ce qu’il sait pour contribuer à aider les enquêteurs à conduire ce dossier.
  Je peux vous assurer qu’il est clair dans ma tête que chacun, et tous ceux qui sont concernés y compris moi, devra assumer. Donc, pour l’heure je recommande aux uns et aux autres de garder la sérénité pour que les enquêtes puissent se dérouler dans la sérénité.
  Je salue le retour à la Paix en Côte d’Ivoire. Je pense que c’est important que le pays retrouve la sérénité et le calme. J’ai déploré ce qui s’est passé avec ces journées folles que nous avons vécues en Côte d’Ivoire. »
Devant l’inflation de rumeurs, de déclarations et d’interprétations que cette nouvelle affaire déclenche dans la presse, parmi les citoyens, les élites politiques dans l’opinion internationale, il importe sans doute de faire face, à titre de propédeutique, aux questions suivantes: 1) Que signifie le secret défense, évoquée par Guillaume Soro, en guise d’introduction à sa déclaration de soutien à l’enquête gouvernementale? Comment les citoyens, la presse et la classe politique doivent-ils se situer face au Secret Défense ivoirien?  Je consacre la suite de la présente réflexion à ces deux questions.
I
Du Secret Défense: un dispositif-clé de la sécurité des Etats
En évoquant le Secret Défense, Guillaume Soro, ancien ministre de la Défense du Président Ouattara, ancien Premier Ministre des Présidents Ouattara et Gbagbo, et ancien Ministre d’Etat des Gouvernements de réconciliation nationale sous  le Président Laurent Gbagbo, parle à juste titre pour deux raisons: l’importance stratégique du secret défense et la nécessaire pédagogie citoyenne qui doit en faire prendre conscience. Analysons à présent ces deux raisons.
Un tour d’horizon de la notion.
Premièrement, Soro fait oeuvre de responsabilité républicaine et en appelle à l’esprit de responsabilité de toute la classe politique ivoirienne. Car qu’est-ce que le Secret Défense? Notion aussi ancienne que la naissance des premiers Etats du monde, le terme de Secret défense définit aujourd’hui « un niveau d’habilitation d’accès à un document gouvernemental ou militaire restreint par une loi ou un règlement à un groupe spécifique de personnes pour des raisons de Sécurité nationale (ou supranationale éventuellement). » (Encyclopédie Wikipédia)
En France par exemple, République dont on sait qu’elle a principalement inspiré les institutions ivoiriennes, la notion de Secret Défense a une définition très large:
« Présentent un caractère de secret de la Défense nationale… les renseignements, procédés, objets, documents, données informatiques ou fichiers intéressant la Défense nationale qui ont fait l’objet de mesures de protection destinées à restreindre leur diffusion » et peu précise puisque « peuvent faire l’objet de telles mesures les renseignements, procédés, objets, documents, données informatiques de fichiers dont la divulgation est de nature à nuire à la Défense nationale ou pourrait conduire à la découverte d’un secret de la Défense nationale », assez proche selon le Conseil d’État, en termes de définition et de statut du « secret diplomatique» qui classe le secret diplomatique parmi les secrets « voisins » du secret-Défense, mais en jugeant sa définition (« tous les renseignements qui ont trait à la politique étrangère de la France ») encore plus vague. Il est assez proche aussi du « secret des services d’information de la police. Des décrets plus précis définissent par exemple les lieux concernés par le secret Défense (Encyclopédie Wikipédia)
Par déduction, on peut aisément imaginer que bien que la littérature ivoirienne sur le secret défense soit moins développée, cette notion a pratiquement la même signification en Côte d’Ivoire qu’en France, quand Guillaume Soro l’évoque. Les Ivoiriens sont assez mûrs en 2017 pour savoir que leur système sécuritaire a des aspects officiels et publics et des aspects stratégiques soustraits par souci d’efficacité au public et aux citoyens ordinaires, voire même à une bonne partie de leur élite politique. Et ainsi on comprend que Guillaume Soro a voulu inciter les uns et les autres à prendre de la hauteur et de la profondeur.
Un acte de large pédagogie citoyenne.
D’où, deuxième raison de l’évocation de cette notion par le Chef du Parlement Ivoirien: l’éducation des citoyens ivoiriens, et plus spécifiquement de la presse ivoirienne au sens des responsabilités.  Guillaume Soro appelle tous ses compatriotes à prendre conscience qu’on ne peut pas publier tout ce qui se fait au quotidien pour la Paix et la Sécurité du Territoire de Côte d’Ivoire et de ses habitants. Vous n’entendrez, ni ne lirez jamais sur RFI, France 2, TF1, ou BFM TV,  des révélations sur les caches d’armes stratégiques de la France. Vous n’entendrez jamais FOX News ou CNN délibérément évoquer les caches d’armes stratégiques de la puissance américaine. Vous ne verrez jamais le Quotidien Gouvernemental Russe pérorer sur les soubassements du système de défense de la Fédération Russe. De même, il appartient donc autant aux Officiels, aux journalistes, aux intellectuels politiques et à tous les citoyens de Côte d’Ivoire de raison garder quand sont évoquées les questions qui relèvent du Secret Défense de la Côte d’Ivoire. Comment justifier cet Appel à la retenue? Abordons à présent cette ultime question.
II
Analyse des attitudes possibles devant le Secret Défense et de leurs conséquences prévisibles
IL me semble qu’il y a deux attitudes également condamnables face au Secret Défense: d’une part, la propension à la divulgation généralisée et anarchique des informations stratégiques. D’autre part l’attitude radicalement inverse, qui vise à la confiscation et à l’occultation totales des informations liées au Secret Défense par une élite elle-même incontrôlable. Nous devons examiner les conséquences néfastes de ces deux attitudes afin de définir une troisième voie, celle que le Chef du Parlement Ivoirien propose justement à la classe politique, aux journalistes et citoyens ivoiriens d’adopter face au Secret Défense.
La première option, sans doute accélérée par les possibilités de piratage de l’information à l’ère cybernétique correspondrait justement à l’ouverture de la boîte de Pandore de l’insécurité généralisée. Car il est évident que si tout le monde peut accéder à l’ensemble des informations sécuritaires d’un pays, ce dernier n’est plus en sécurité. Veut-on occasionner un scandale Wikileaks à l’ivoirienne? Devant les menaces de déstabilisation internes esquissées contre le régime Ouattara notamment de 2010 à 2013, devant les menaces sécuritaires sous-régionales, notamment liées à la problématique du terrorisme religieux, comme on l’a vu par exemple avec les événements de Bassam, de Kidal, de Bamako et de Ouagadougou, comment prendre à la légère l’importance du Secret Défense pour la Côte d’Ivoire? Très clairement, l’absence de Secret Défense correspondrait à l’impuissance totale du système sécuritaire ivoirien à anticiper et traiter les menaces internes et externes.
La seconde option, celle de la confiscation et de l’occultation permanentes du Secret Défense par l’élite politique, n’est pas non plus tenable. Car elle consisterait finalement à priver le peuple et les institutions démocratiques de leur souveraineté, de leur droit de regard, au nom d’une Raison d’Etat poussée à l’extrême en déraison d’élite. Aucun gouvernement démocratique ne peut définitivement confisquer les informations stratégiques qu’il détient pour la sécurité de son peuple, si ce n’est avec l’Accord des lois et de la confiance de ce même peuple. La confiscation totale d’informations relèverait donc d’une pure et simple dictature. Guillaume Soro justement, ne prône nulle part cette option d’une omerta autocratique sur le Secret Défense.
Quelle est donc l’attitude la plus adaptée face au Secret Défense? C’est celle qui inspire la sage orientation de l’homme d’Etat Guillaume Soro. Elle consiste en trois précautions essentielles: l’encadrement juridique strict du Secret Défense; l’indépendance des enquêtes gouvernementales, parlementaires ou judiciaires sur les crises sécuritaires; la modération de la presse, de l’opinion nationale et de l’opinion internationale sur les questions stratégiques des Etats démocratiques.
Le Chef du Parlement ivoirien, qui connaît bien le système sécuritaire, le système gouvernemental, le système judiciaire et le système parlementaire de son pays, souhaite en effet que celui-ci soit respecté par tous et commence par s’appliquer cette norme, en s’abstenant de toute affirmation sur le système sécuritaire de la Côte d’Ivoire. Guillaume Soro appelle ensuite à la poursuite sereine des enquêtes lancées sur les mutineries ivoiriennes, parce qu’il est convaincu qu’elles toucheront du doigt les réalités qui imposent aujourd’hui prudence et retenue à tous.
Enfin, Guillaume Soro, in fine, se fait pédagogue de l’opinion, en invitant tous ceux qui parlent à tenir compte du contexte historique de la Côte d’Ivoire et du contexte mondial marqué par le terrorisme. Ce pays sort de près de 15 années de belligérance interne. Et il est situé dans une Afrique de l’Ouest secouée par la montée en puissance du terrorisme transfrontalier.
Aimer la Côte d’Ivoire, lui vouloir le meilleur avenir possible, c’est donc respecter son Secret Défense, qu’on le connaisse ou pas. Parler à la légère et à l’emporte-pièces du système sécuritaire de son pays, c’est en réalité le trahir et l’offrir à toutes les prédations. Car sans Secret Défense, aucun Etat de se monde ne peut se défendre! IL me faut et il me suffit, quant à moi, Compagnon de la révolution démocratique ivoirienne, fils adoptif de la Côte d’Ivoire, de l’avoir démontré.
Paris, le 23 mai 2017
Source: www.lebanco.net

Affaire Comey: Trump n’est pas au bout de ses peines

Donald Trump passe le weekend dans l’un de ses clubs de golf au New Jersey, après une autre semaine qui ne lui pas été favorable. Il voulait promouvoir son plan pour moderniser les infrastructures, mais les Américains étaient plus intéressés par l’audition de James Comey, l’ancien directeur du FBI, que 20 millions d’entre eux ont suivie. Trump va, cette semaine, se concentrer sur l’emploi et l’enseignement professionnel. Mais aura-t-il plus de succès—?

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Donald Trump s’estime blanchi par l’audition de James Comey, car il a dit ce qu’il voulait lui entendre dire : il ne fait pas l’objet d’une enquête sur l’affaire russe. Il veut donc « retourner gouverner ce grand pays ».

Il n’est toutefois pas encore au bout de ses peines. S’il est trop tôt pour l’accuser d’obstruction à la justice, une série d’enquêtes se poursuivent dont la plus rigoureuse menée par le procureur spécial, Robert Mueller.

Trump s’est dit prêt à répondre à ses questions sous serment pour rejeter les accusations de Comey. La commission du renseignement de la Chambre lui a demandé de son côté de remettre d’ici le 23 juin les enregistrements de ses conversations avec l’ex-patron du FBI, s’ils existent. Trump reste mystérieux à leur sujet.

Jeff Sessions auditionné

La commission judiciaire du Sénat envisage de son côté de demander à Comey de venir déposer devant elle, ce qu’il a refusé dans le passé. Mais il pourrait y être obligé s’il reçoit une assignation à comparaître du Congrès.

Mardi, l’attention se portera sur l’audition du ministre de la Justice, Jeff Sessions, qui a accepté de témoigner devant la commission du renseignement du Sénat qui l’interrogera sur ses contacts avec l’ambassadeur de Russie.

Source : www.rfi.fr

France : Qui est Emmanuel Macron? Itinéraire d’un parcours atypique

Découvrez le nouveau président français côté cour et côté jardin, lui dont le mémoire de Maîtrise en philosophie portait sur Machiavel….

Emmanuel Jean-Michel Frédéric Macron est le fils de Jean-Michel Macron, né en 1950, médecin, professeur de neurologie au CHU d’Amiens et responsable d’enseignement à la faculté de médecine de cette même ville, et de Françoise Noguès, médecin et conseillère de la sécurité sociale Leur premier enfant est mort-né. Ils ont ensuite eu trois enfants : Emmanuel, Laurent (né en 1979, radiologue, marié à Sabine Aimot, née en 1980) et Estelle (née en 1982, néphrologue, mariée à Carl Franjou). Après leur divorce en 2010, Jean-Michel Macron épouse Hélène Joly, psychiatre au CHS-Pinel Dury.

Emmanuel Macron est baptisé à l’âge de douze ans seulement, un « choix personnel » au moment de son entrée au collège jésuite de La Providence d’Amiens. Pour Emmanuel Macron, le catholicisme lui apporte une « discipline de l’esprit » et une « volonté d’ouverture au monde », en développant chez lui une pensée nourrie de spiritualité.

Formation

De la sixième à la première, il effectue sa scolarité dans un établissement privé catholique d’Amiens fondé par la congrégation des jésuites. Il est lauréat du concours général de français en 1994. Il termine ses études secondaires à Paris au lycée Henri-IV, où il obtient le bac S avec la mention très bien.

Admis en hypokhâgne et khâgne au lycée Henri-IV, il échoue à deux reprises à l’écrit du concours d’entrée de l’École normale supérieure. Il obtient par la suite une maîtrise de philosophie sur Machiavel puis un DEA à l’université Paris-Nanterre. De 1999 à 2001, il assiste le philosophe Paul Ricœur et travaille sur l’appareil critique de son livre La Mémoire, l’histoire, l’oubli. Il devient de ce fait membre du comité de rédaction de la revue Esprit.

En parallèle il est étudiant de l’Institut d’études politiques de Paris, dont il ressort diplômé en 2001. Il étudie à l’ENA à Strasbourg de 2002 à 2004 dans la promotion Léopold Sédar Senghor où il finit 5ème, pour laquelle le classement final est annulé par le Conseil d’État à la suite d’un recours pour excès de pouvoir (Emmanuel Macron fait partie des 75 requérants ayant saisi le Conseil d’État), sans que cela ait d’influence sur l’affectation d’Emmanuel Macron à l’Inspection des finances ni sur les autres élèves de la promotion. Pendant sa scolarité à l’ENA, il effectue un stage en ambassade au Nigeria ainsi qu’un autre à la préfecture de l’Oise.

CARRIERE PROFESSIONNELLE

Inspecteur des finances

En 2004, à l’issue de ses études à l’ENA, il intègre le corps de l’Inspection générale des finances (IGF). En 2006, Laurence Parisot lui propose le poste de directeur général du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) qu’elle préside mais Emmanuel Macron décline.

En août 2007, il est nommé rapporteur adjoint de la Commission pour la libération de la croissance française (« Commission Attali »). En mars 2010, il est nommé par décret membre de cette commission. Le 30 juin 2008, Emmanuel Macron est co-rapporteur de la commission sur les professions du droit. En 2016, il démissionne de l’inspection des finances. En tant qu’énarque, il devait dix ans de services à l’État ; n’en ayant effectué que six (ses deux ans comme ministre n’étant pas comptés), il doit s’acquitter de la somme de 54 000 euros.

Banquier d’affaires

En septembre 2008, il se met en disponibilité de la fonction publique et devient banquier d’affaires chez Rothschild & Cie. Recruté par François Henrot sur recommandation de Jacques Attali et de Serge Weinberg, il indique que l’échec de son militantisme local, et l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, l’ont poussé vers cette activité. En 2010, Emmanuel Macron offre son aide bénévole à la « Société des rédacteurs du Monde » (SRM), dans le contexte de la revente du journal Le Monde.

Fin 2010, il est promu associé au sein de la banque. Il bat ainsi le record de précocité de Grégoire Chertok mais cette nomination apparaît pour certains observateurs comme un « mystère ». François Henrot dira de lui qu’« il aurait été, s’il était resté dans le métier, un des meilleurs en France, sans doute même en Europe ». L’expression « Mozart de la finance », parfois utilisée, est cependant critiquée par certains observateurs.

Entre décembre 2010, date de sa nomination comme associé-gérant, et mai 2012, celle de son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron indique avoir gagné 2 millions d’euros brut. Selon ses déclarations de revenus et de patrimoine faites à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, il a gagné plus de 2 800 000 euros bruts entre 2009 et 2013.

PARCOURS POLITIQUE

Débuts militants

Il commence à militer au Mouvement des citoyens (MDC) pendant près de deux ans, mais son adhésion à ce parti n’est pas établie. Alors à Sciences Po, il effectue un stage au cabinet de Georges Sarre, maire du 11e arrondissement de Paris et proche de Jean-Pierre Chevènement. Il vote pour ce dernier au premier tour de l’élection présidentielle de 2002. Il explique : « Autant la deuxième gauche m’a inspiré sur le social, autant je considère que son rapport à l’État reste très complexé. Je me suis toujours interrogé sur le rôle de l’État, et c’est pour cette raison que je me tourne, plus jeune, vers Jean-Pierre Chevènement ». À la suite du 21 avril 2002, il considère que l’échec de Lionel Jospin et du Parti socialiste (PS) s’explique notamment par l’incapacité de la gauche à tenir un discours de fermeté sur les questions de sécurité. Membre du PS à partir de l’âge de 24 ans, il y est actif, c’est-à-dire à jour de sa cotisation, de 2006 à 2009. Il collabore également avec la fondation Jean-Jaurès à partir de 2006.

Il rencontre François Hollande en 2006, par l’intermédiaire de Jean-Pierre Jouyet, et s’engage à ses côtés à partir de 2010. Lors de l’élection présidentielle de 2007, il fait partie du groupe les Gracques, composé d’anciens patrons et de hauts fonctionnaires, qui appelle à une alliance entre Ségolène Royal et François Bayrou. Il essaie ensuite d’obtenir du PS une investiture aux élections législatives qui suivent en Picardie. Cependant, les socialistes de Picardie refusant de le choisir, il n’est pas candidat. Cet échec, associé à la victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007, l’encourage à donner un nouveau tournant à sa carrière. En 2007, alors qu’il est soutenu par une grande partie des commerçants du Touquet-Paris-Plage, il renonce à se présenter aux élections municipales, refusant de s’encarter à l’UMP. Il indique avoir « décliné une offre au cabinet Woerth en 2007 » car « cela n’était pas conforme à [ses] opinions ». En 2010, il décline la proposition, portée par Antoine Gosset-Grainville et validée par le palais de l’Élysée, de devenir le directeur de cabinet adjoint du Premier ministre, François Fillon.

Il soutient François Hollande lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011 et ce avant l’affaire du Sofitel, alors que Dominique Strauss-Kahn était en tête des sondages. De juillet à décembre 2011, il anime un cénacle d’experts et d’économistes, le groupe de la Rotonde, composé des économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et Élie Cohen, qui fait un rapport tous les 15 jours au candidat. Ce groupe prône « un véritable choc de compétitivité », idée que Michel Sapin, chargé du projet présidentiel, ne retient pas.

Secrétaire général adjoint de la présidence de la République (2012-2014)

Le 15 mai 2012, ayant réintégré la fonction publique, Emmanuel Macron devient secrétaire général adjoint de l’Élysée en tandem avec Nicolas Revel. Il seconde le nouveau secrétaire général, Pierre-René Lemas. Nicolas Prissette relève que « dès les premières semaines du quinquennat, le secrétaire général adjoint de 34 ans retient l’attention du microcosme : jeune, sémillant, atypique, pas très à gauche… Les journaux lui consacrent des articles. On s’intéresse davantage à ce personnage qu’au secrétaire général Pierre-René Lemas, qui occupe pourtant le poste clé parmi tous les autres, au cœur du pouvoir ».

Dès l’été 2012, « l’ancienne cellule économique [de l’Élysée], dont Macron est désormais le plus haut gradé, concocte un plan choc : le passage temporaire aux 37 heures, jusqu’à la fin 2014, avec un bilan prévu pour voir si les Français peuvent repasser aux 35 heures, et la concentration des hausses d’impôts sur les plus hauts revenus. Le secrétaire général adjoint plaide dans le même temps pour un maintien de la défiscalisation des heures supplémentaires ». Ces propositions sont déclinées par François Hollande. Il confie avoir songé à quitter son poste « à l’automne 2013 […] car notre réforme des retraites n’était pas à la hauteur de ce qu’on devait faire. »

Intermède (été 2014)

Le 10 juin 2014, l’Élysée annonce qu’il quitte le cabinet de François Hollande et que Laurence Boone reprend les dossiers économiques et financiers. Son titre et rang protocolaire de secrétaire général adjoint de l’Élysée n’est en revanche pas conféré à celle-ci, qui ne reprend que le titre de chef du pôle économie et finance. Les observateurs expliquent son départ par ses déceptions de ne pas entrer dans le premier gouvernement de Manuel Valls et de ne pas obtenir gain de cause sur l’approfondissement des réformes engagées par le gouvernement, ou encore par l’arrivée comme secrétaire général de Jean-Pierre Jouyet, « beaucoup plus au fait des questions économiques et financières, mais aussi des questions européennes, que ne l’était son prédécesseur Pierre-René Lemas ». Alors qu’il espérait récupérer le poste de secrétaire général, il est également déçu de la décision de François Hollande de nommer ce dernier à la tête de la Caisse des dépôts et consignations.

Jouyet indique qu’Emmanuel Macron quitte le cabinet de la présidence « pour mener des projets personnels dans les domaines de l’enseignement et de la recherche ». Il cherche, selon les sources, à créer une société de conseil financier, « une sorte de TOEFL multidisciplinaire pour évaluer les élèves » ou « un fonds d’investissement pour financer des projets innovants, notamment dans le domaine de l’éducation ». Il décroche un poste universitaire à l’université de Berlin au début de l’été 2014 et obtient, avec l’aide d’Alain Minc, le titre de Senior Research fellow (en) en économie politique à la London School of Economics pour y devenir maître de conférences en policy-mix européen ; il a également cherché, par l’intermédiaire de Philippe Aghion, à décrocher un poste à l’université Harvard.

Une candidature lui est proposée dans sa ville natale d’Amiens lors des élections municipales de 2014 mais il refuse l’offre. Alors que Manuel Valls propose à François Hollande, à l’issue de ces élections, de lui confier le ministère du Budget dans son premier gouvernement, le président de la République écarte cette idée en raison de cette absence de mandat électoral.

Le 26 août 2014, il est nommé ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls II en remplacement d’Arnaud Montebourg, dont il conserve la moitié du cabinet. Alors inconnu du grand public, il devient le plus jeune ministre de l’Économie depuis Valéry Giscard d’Estaing dans le premier gouvernement de Georges Pompidou en 1962.

En janvier 2016, il dépose à l’Élysée et à Matignon un projet de loi, dit « Macron 2 » ou « nouvelles opportunités économiques » (NOÉ), qui est annulé par un arbitrage de l’exécutif. Manuel Valls s’oppose tout particulièrement à ce qu’il présente ce nouveau projet de loi, dont le contenu est confié à d’autres ministères. En février 2016, il est rétrogradé dans l’ordre protocolaire du gouvernement à l’occasion du remaniement réduit de février 2016. Le 6 avril 2016, à Amiens, il fonde le mouvement politique « En marche ! », qu’il veut « transpartisan » et qu’il définit comme étant à la fois de droite et de gauche. Avec cette initiative, il assume pour la première fois son ambition de se présenter à une élection présidentielle. Le 30 août 2016, il démissionne de sa fonction de ministre de l’Économie pour se consacrer à son mouvement politique, « En marche ! ». François Hollande déclare alors qu’Emmanuel Macron l’a « trahi avec méthode ». Jusqu’ici, certains médias avaient spéculé sur le fait qu’Emmanuel Macron pouvait agir au bénéfice des intérêts électoraux à venir de François Hollande. Peu avant sa démission, Emmanuel Macron avait confié en privé : « Je ne serai jamais le rabatteur de Hollande ». Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron déplore le fait que le gouvernement ait « fait beaucoup de choses à moitié », contrairement à ce qu’il préconisait. D’après un sondage de l’Ifop, 84 % des Français approuvent alors le choix d’Emmanuel Macron de quitter ses fonctions ministérielles.

En mars 2016, Emmanuel Macron exprime son souhait que François Hollande se présente à l’élection présidentielle de 2017 en le présentant comme « le candidat légitime ». Avec la formation du mouvement politique En marche ! en avril 2016, il assume pour la première fois son ambition de se présenter à une élection présidentielle. Publié en novembre 2016, son premier ouvrage, intitulé Révolution, est tiré à 200 000 exemplaires et figure parmi les meilleures ventes de livres en France (plus de 69 000 à la fin de l’année, soit la 6e position parmi les livres de personnalités politiques).

Rejetant les appels de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, et de Manuel Valls, il refuse de participer à la primaire de la gauche de 2017, disant ne pas vouloir « s’enfermer dans des querelles de clans ». Jean-Christophe Cambadélis menace les membres du parti qui soutiendraient Emmanuel Macron de sanctions, voire d’exclusions. Le Monde souligne que « jamais aventure personnelle comme la sienne n’a été couronnée de succès sous la Ve République. Jean Lecanuet, Alain Poher ou Michel Rocard s’y sont essayés avant lui, tous ont échoué à conquérir l’Élysée ». La suite est connue.

SON EPOUSE

Ancien profes­seur de français, notam­ment dans un établis­se­ment reli­gieux de Paris, Brigitte Macron est avant tout connue pour être l’épouse d’Em­ma­nuel Macron. Brigitte Macron voit le jour le 13 avril 1953 à Amiens. Fille d’un couple de choco­la­tiers, elle est la petite dernière de la fratrie. Après des études litté­raires à Lille et Stras­bourg, elle devient profes­seur de français dans sa ville natale.

En octobre 2007, Brigitte épouse Emma­nuel Macron, de vingt-quatre ans son cadet. Son mari est alors Inspec­teur géné­ral des Finances. Le mariage a lieu au Touquet, en présence notam­ment de l’ancien Premier ministre Michel Rocard. Le couple s’est rencon­tré treize ans plus tôt, alors que Brigitte Trogneux était profes­seur de français au Lycée La Provi­dence d’Amiens. Elle animait paral­lè­le­ment le club de théâtre auquel parti­ci­pait Emma­nuel Macron. Le benja­min du gouver­ne­ment et ancien banquier d’af­faires chez Roth­schild & Cie tombe alors sous le charme de l’en­sei­gnante.

En août 2014, Emma­nuel Macron est nommé ministre de l’écono­mie. Dès l’été suivant, Brigitte Macron décide de mettre un terme à sa carrière d’ensei­gnante. Brigitte Macron est mère de trois enfants : Sébas­tien, Laurence et Tiphaine, nés de son union avec André Louis Auzière, épousé en juin 1974.