«Biens mal acquis»: colère de Malabo après la condamnation du fils Obiang

La justice française a condamné vendredi 27 octobre le vice-président équato-guinéen, Teodorin Obiang, à trois ans de prison avec sursis et à une amende de 30 millions d’euros avec sursis également. La cour a aussi ordonné la confiscation de l’ensemble des biens déjà saisis, dont un somptueux hôtel particulier avenue Foch à Paris, une des artères les plus cotées de la capitale. C’est la première fois qu’un responsable politique africain est condamné en France pour une affaire de « biens mal acquis ». Ce jugement a déclenché la colère de Malabo, qui compte poursuivre son combat contre ces démarches judiciaires.

Les avocats de Teodorin Obiang comptent faire appel de la décision de justice rendue vendredi à Paris. Car sur le fond, les autorités sont formelles : « L’Etat n’est pas victime de détournement de fonds de la part du vice-président », souligne Miguel Oyono, l’ambassadeur de la Guinée équatoriale à Paris.

Malabo mise par ailleurs sur une procédure enclenchée devant la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye. C’est un recours pour tenter d’annuler les procédures judiciaires en France. La prochaine audience est prévue en février aux Pays-Bas. Les autorités équato-guinéennes espèrent notamment faire reconnaître l’« immunité juridictionnelle personnelle dont bénéficie Teodorin Obiang, en sa qualité de vice-président », indique Me Jean-Charles Tchikaya, l’avocat de l’Etat.

Teodorin Obiang doit enfin faire face à un autre front. En Suisse, la justice a ouvert une enquête l’année dernière pour « corruption » et « blanchiment d’argent ». Un bateau et onze véhicules de luxe ont été saisis par deux procureurs de Genève. « Pour l’heure, assure l’avocat de l’Etat équato-guinéen, Teodorin Obiang n’a reçu aucune convocation pour venir se défendre ».

Source: www.rfi.fr

Rwanda: Diane Rwigara inculpée avec sa mère pour «incitation à l’insurrection»

L’opposante rwandaise Diane Rwigara, a été inculpée pour « incitation à l’insurrection » avec sa mère et sa sœur , apprend-on de source judiciaire.

Arrêté il y a deux semaines , l’opposante Diane Rwigara qui avait tenté sans succès de se présenter à la dernière présidentielle face à l’homme fort du pays Paul Kagame est poursuivie avec sa mère et sa soeur pour « incitation à l’insurrection ».

Selon une source judiciaire ,Diane Rwigara est également poursuivie pour contrefaçon de documents. Elle est accusée de fraude sur le recueil de ses signatures nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle du 4 août dernier.

Sa mère fait l’objet de poursuite pour « pratiques sectaires ».

En Août dernier , la police avait effectué une descente  au domicile de l’ opposante dans le cadre d’enquête préliminaires sur des suspicions d’évasion fiscale qui n’a finalement pas retenues contre la famille .

Agée de 35 ans , Diane Rwigara  est l ‘une des critiques les plus virulentes du président rwandais Paul Kagame avait tenté de l’affronter , mais sa candidature avait été recalée par la commission électorale.

Source: www.koaci.com

Togo: Situation socio-politique, la présidence se prononce, bilan des manifestations

Deux conseillers du Chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, ont fait le point hier mercredi à Lomé à la presse et au-delà au peuple le point sur la situation au pays telle qu’eux ils la vivent.

Selon les sieurs Noupokou Damipi et Djossou Semondji, deux conseillers du Président togolais qui ont rang de ministres, suite aux manifestations politiques publiques des 06 et 07 septembre derniers, l’Office togolais des recettes (OTR) a établi que le Togo a perdu une de « 1,5 milliard F Cfa ».
A en croire les deux intervenants, les pertes enregistrées sont dûes à la diminution des entrées et les sorties des camions au Port autonome de Lomé (PAL).
Sur le bilan des différentes manifestations, les deux conseillers ont déclaré que « Nous savons que celle organisée le 29 août par le parti UNIR n’a été émaillée d’aucun incident. Celle du 19 août organisée par le PNP a dégénéré aussi bien à Lomé qu’à Sokodé. Nous en connaissons tous le bilan : 2 morts, plusieurs blessés, plusieurs interpellations ».
Ils ont par ailleurs relevé que les marches des 06 et 07 septembre, elles auraient pu se dérouler dans le calme si celle du 07 n’avait pas connu quelques incidents dans la soirée. Les deux conseillers à la présidence ont attesté qu’à l’issue de ces deux jours de manifestations, il n’y a pas eu de décès mais quelques blessés avec au total 86 personnes interpelées.
Outre ce bilan financier et humain, Semondji a annoncé que les 86 personnes qui ont été interpellées lors des manifestations ont été remises en « liberté histoire de vérifier si elles présentaient des traces de torture ».
Enfin au regard de la situation socio-politique qui prévaut dans le pays, la déclaration présentée par les deux conseillers énonce que « le Président de la République, le Gouvernement et l’ensemble des acteurs politiques togolais (du moins pour ceux que nous représentons) appellent une fois encore au calme et à la retenue afin que nous retrouvions rapidement le climat de paix et de sérénité qui prévalait avant ces malheureux évènements qui ont eu pour point de départ les manifestations du 19 août ».
source: www.koaci.com

Invalidation de la présidentielle au Kenya : « Personne ne s’attendait à une telle décision »

La stupeur domine au sein du clan de Uhuru Kenyatta, après l’invalidation, vendredi 1er septembre, de la réélection du président sortant par la Cour suprême.

En raison « d’illégalités et d’irrégularités », Uhuru Kenyatta « n’a pas été élu et déclaré président de manière valide », a déclaré le juge président David Maraga. De nouvelles élections doivent être organisées d’ici 60 jours par la commission électorale. Une décision à rebours de celle de 2013, lorsque la Cour suprême avait confirmé la victoire sur le fil de Uhuru Kenyatta. Comment expliquer un tel changement entre les deux élections ? Éléments de réponse avec Marie-Emmanuelle Pommerolle, directrice de l’Institut français de recherche en Afrique à Nairobi.

Jeune Afrique : Lors de son discours à la Nation, prononcé quelques heures après la décision de la Cour suprême, Uhuru Kenyatta semblait avoir du mal à encaisser le choc. Pourquoi le scénario d’une invalidation des résultats paraissait aussi peu plausible ?

Marie-Emmanuelle Pommerolle : Car tout le monde avait en mémoire le précédent de 2013, lorsque Raila Odinga avait contesté les résultats de l’élection présidentielle devant la Cour suprême. À l’époque, Uhuru Kenyatta l’avait emporté avec seulement 50,03 % des voix. Cela n’avait pas empêché la Cour de valider l’élection avec un jugement perçu par beaucoup d’observateurs comme injuste et peu fondé d’un point de vue juridique. Une décision source de désillusions vis-à-vis de la Cour suprême, dont s’est servie l’opposition en 2017 pour affirmer que les institutions ne permettraient pas d’obtenir un scrutin crédible et transparent. Résultat : tout le monde s’attendait à ce que la validation des résultats ne soit qu’une simple formalité.

Qu’est-ce qui a changé depuis l’élection de 2013 et qui pourrait expliquer cette décision inédite ?

Sur les raisons objectives, qui ont poussé les magistrats à invalider le scrutin, il faudra attendre leur jugement final. Ils ont 21 jours pour le publier et démontrer que les irrégularités constatées étaient suffisantes pour invalider le scrutin du 8 août.

Pour le reste, on peut constater un véritable changement de contexte entre la décision de la Cour en 2013 et celle de 2017. En 2013, l’opinion publique craignait le retour des violences post-électorales après celles de 2007 et 2008 – qui avaient fait plus de 1 100 morts et 660 000 déplacés. Il y avait alors une certaine pression autour des juges pour confirmer les résultats et et ne pas ouvrir un nouveau cycle de violences. Quatre ans plus tard, cette rhétorique ne prédomine plus, mis à part dans les médias internationaux. Cela peut expliquer en partie la décision des magistrats.

Du côté de l’opposition, on a salué une « journée historique ». Pourtant, Raila Odinga avait refusé dans un premier temps de saisir la justice pour contester les résultats du scrutin du 8 août. Comment expliquer ce revirement ?

Il s’est d’abord rendu compte que l’option de la rue devenait intenable. En quelques jours, une vingtaine de manifestants ont été tués par les policiers, qui faisaient usage de balles réelles. Il fallait éviter que cela se transforme en bain de sang. Et puis, il ne faut pas sous-estimer l’impact des discussions au sein de la coalition Nasa. Il est fort probable que le sénateur James Orengo et le candidat à la vice-présidence, Kalonzo Musyoka, aient pesé pour porter l’affaire devant la justice. Pourquoi jouer son va-tout, alors qu’on peut se positionner pour les prochaines échéances électorales ?

Par contre, je ne crois pas vraiment à l’influence de la communauté internationale dans le revirement de Odinga. Les observateurs sur place, comme l’Américain John Kerry ou le Sud-africain Thabo Mbeki, ont été vivement critiqués par Odinga pour avoir apporté leur blanc-seing à la validation des résultats du scrutin. Comment auraient-ils pu l’influencer dans ces conditions ?

La Commission électorale a désormais 60 jours pour organiser un nouveau scrutin. Ce délai est-il tenable ?

Cela va être compliqué, mais j’imagine que c’est faisable. Après tout, la Commission a l’habitude de travailler dans des délais très serrés – ce qui peut d’ailleurs expliquer les irrégularités constatées lors du scrutin… Reste qu’ils vont devoir faire face à plusieurs obstacles de taille. Où les électeurs vont-ils voter ? Les bureaux sont installés dans les écoles. Or nous serons en pleine année scolaire, avec plusieurs sessions d’examen prévues. Autre difficulté : Odinga réclame la tête du président de la Commission, Wafula W. Chebukati, qu’il accuse de tous les maux.

Ces différents points vont vraisemblablement faire l’objet de négociations entre l’opposition et le pouvoir. Mais je ne les imagine pas en train de repousser la date du scrutin, car le délai de 60 jours est inscrit dans la Constitution.

Appel à la prise de conscience ivoirienne de l’importance du Secret Défense pour la Paix et la Sécurité nationales et internationales

L’idéal de l’ordre politique républicain se situe dans la primauté de la patrie sur le parti, et mieux encore, de l’humanité sur la patrie. Sans cette hiérarchie de valeurs, la politique se dévalue en politique politicienne. Lorsque certaines questions d’intérêt collectif se posent, le sens de la responsabilité doit enjoindre à tous les citoyens de bonne volonté les exigences de mesure, de prudence, de profondeur et de pondération dans les options affichées. Nous venons d’en vivre un exemple éclairant. En homme d’Etat trempé dans l’art de diriger la cité, le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, interrogé sur l’ouverture d’une enquête gouvernementale sur la supposée découverte de cache d’armes au domicile d’un de ses collaborateurs à Bouaké, a eu exactement les mots qu’il faut. Citons in extenso Guillaume Soro avant de les analyser, afin de contribuer, autant que faire se peut, à la prise de conscience ivoirienne de l’importance du Secret Défense pour la Paix et  la Sécurité nationales:
« Vous savezJ’ai été ministre de la DéfenseD’abord, je voudrais souligner que de telles questions relèvent du secret défense. Vous comprendrez donc que je m’interdise tout commentaire. Nous devrions tous observer de la prudence sur de telles questions.
  En revanche, en ce qui concerne l’enquête qui va être diligentée, j’y suis entièrement favorable et je la soutiens. J’ai vigoureusement recommandé à mon collaborateur de se mettre à la disposition des enquêteurs et je lui ai demandé de dire sur l’honneur et sur sa conscience ce qu’il sait pour contribuer à aider les enquêteurs à conduire ce dossier.
  Je peux vous assurer qu’il est clair dans ma tête que chacun, et tous ceux qui sont concernés y compris moi, devra assumer. Donc, pour l’heure je recommande aux uns et aux autres de garder la sérénité pour que les enquêtes puissent se dérouler dans la sérénité.
  Je salue le retour à la Paix en Côte d’Ivoire. Je pense que c’est important que le pays retrouve la sérénité et le calme. J’ai déploré ce qui s’est passé avec ces journées folles que nous avons vécues en Côte d’Ivoire. »
Devant l’inflation de rumeurs, de déclarations et d’interprétations que cette nouvelle affaire déclenche dans la presse, parmi les citoyens, les élites politiques dans l’opinion internationale, il importe sans doute de faire face, à titre de propédeutique, aux questions suivantes: 1) Que signifie le secret défense, évoquée par Guillaume Soro, en guise d’introduction à sa déclaration de soutien à l’enquête gouvernementale? Comment les citoyens, la presse et la classe politique doivent-ils se situer face au Secret Défense ivoirien?  Je consacre la suite de la présente réflexion à ces deux questions.
I
Du Secret Défense: un dispositif-clé de la sécurité des Etats
En évoquant le Secret Défense, Guillaume Soro, ancien ministre de la Défense du Président Ouattara, ancien Premier Ministre des Présidents Ouattara et Gbagbo, et ancien Ministre d’Etat des Gouvernements de réconciliation nationale sous  le Président Laurent Gbagbo, parle à juste titre pour deux raisons: l’importance stratégique du secret défense et la nécessaire pédagogie citoyenne qui doit en faire prendre conscience. Analysons à présent ces deux raisons.
Un tour d’horizon de la notion.
Premièrement, Soro fait oeuvre de responsabilité républicaine et en appelle à l’esprit de responsabilité de toute la classe politique ivoirienne. Car qu’est-ce que le Secret Défense? Notion aussi ancienne que la naissance des premiers Etats du monde, le terme de Secret défense définit aujourd’hui « un niveau d’habilitation d’accès à un document gouvernemental ou militaire restreint par une loi ou un règlement à un groupe spécifique de personnes pour des raisons de Sécurité nationale (ou supranationale éventuellement). » (Encyclopédie Wikipédia)
En France par exemple, République dont on sait qu’elle a principalement inspiré les institutions ivoiriennes, la notion de Secret Défense a une définition très large:
« Présentent un caractère de secret de la Défense nationale… les renseignements, procédés, objets, documents, données informatiques ou fichiers intéressant la Défense nationale qui ont fait l’objet de mesures de protection destinées à restreindre leur diffusion » et peu précise puisque « peuvent faire l’objet de telles mesures les renseignements, procédés, objets, documents, données informatiques de fichiers dont la divulgation est de nature à nuire à la Défense nationale ou pourrait conduire à la découverte d’un secret de la Défense nationale », assez proche selon le Conseil d’État, en termes de définition et de statut du « secret diplomatique» qui classe le secret diplomatique parmi les secrets « voisins » du secret-Défense, mais en jugeant sa définition (« tous les renseignements qui ont trait à la politique étrangère de la France ») encore plus vague. Il est assez proche aussi du « secret des services d’information de la police. Des décrets plus précis définissent par exemple les lieux concernés par le secret Défense (Encyclopédie Wikipédia)
Par déduction, on peut aisément imaginer que bien que la littérature ivoirienne sur le secret défense soit moins développée, cette notion a pratiquement la même signification en Côte d’Ivoire qu’en France, quand Guillaume Soro l’évoque. Les Ivoiriens sont assez mûrs en 2017 pour savoir que leur système sécuritaire a des aspects officiels et publics et des aspects stratégiques soustraits par souci d’efficacité au public et aux citoyens ordinaires, voire même à une bonne partie de leur élite politique. Et ainsi on comprend que Guillaume Soro a voulu inciter les uns et les autres à prendre de la hauteur et de la profondeur.
Un acte de large pédagogie citoyenne.
D’où, deuxième raison de l’évocation de cette notion par le Chef du Parlement Ivoirien: l’éducation des citoyens ivoiriens, et plus spécifiquement de la presse ivoirienne au sens des responsabilités.  Guillaume Soro appelle tous ses compatriotes à prendre conscience qu’on ne peut pas publier tout ce qui se fait au quotidien pour la Paix et la Sécurité du Territoire de Côte d’Ivoire et de ses habitants. Vous n’entendrez, ni ne lirez jamais sur RFI, France 2, TF1, ou BFM TV,  des révélations sur les caches d’armes stratégiques de la France. Vous n’entendrez jamais FOX News ou CNN délibérément évoquer les caches d’armes stratégiques de la puissance américaine. Vous ne verrez jamais le Quotidien Gouvernemental Russe pérorer sur les soubassements du système de défense de la Fédération Russe. De même, il appartient donc autant aux Officiels, aux journalistes, aux intellectuels politiques et à tous les citoyens de Côte d’Ivoire de raison garder quand sont évoquées les questions qui relèvent du Secret Défense de la Côte d’Ivoire. Comment justifier cet Appel à la retenue? Abordons à présent cette ultime question.
II
Analyse des attitudes possibles devant le Secret Défense et de leurs conséquences prévisibles
IL me semble qu’il y a deux attitudes également condamnables face au Secret Défense: d’une part, la propension à la divulgation généralisée et anarchique des informations stratégiques. D’autre part l’attitude radicalement inverse, qui vise à la confiscation et à l’occultation totales des informations liées au Secret Défense par une élite elle-même incontrôlable. Nous devons examiner les conséquences néfastes de ces deux attitudes afin de définir une troisième voie, celle que le Chef du Parlement Ivoirien propose justement à la classe politique, aux journalistes et citoyens ivoiriens d’adopter face au Secret Défense.
La première option, sans doute accélérée par les possibilités de piratage de l’information à l’ère cybernétique correspondrait justement à l’ouverture de la boîte de Pandore de l’insécurité généralisée. Car il est évident que si tout le monde peut accéder à l’ensemble des informations sécuritaires d’un pays, ce dernier n’est plus en sécurité. Veut-on occasionner un scandale Wikileaks à l’ivoirienne? Devant les menaces de déstabilisation internes esquissées contre le régime Ouattara notamment de 2010 à 2013, devant les menaces sécuritaires sous-régionales, notamment liées à la problématique du terrorisme religieux, comme on l’a vu par exemple avec les événements de Bassam, de Kidal, de Bamako et de Ouagadougou, comment prendre à la légère l’importance du Secret Défense pour la Côte d’Ivoire? Très clairement, l’absence de Secret Défense correspondrait à l’impuissance totale du système sécuritaire ivoirien à anticiper et traiter les menaces internes et externes.
La seconde option, celle de la confiscation et de l’occultation permanentes du Secret Défense par l’élite politique, n’est pas non plus tenable. Car elle consisterait finalement à priver le peuple et les institutions démocratiques de leur souveraineté, de leur droit de regard, au nom d’une Raison d’Etat poussée à l’extrême en déraison d’élite. Aucun gouvernement démocratique ne peut définitivement confisquer les informations stratégiques qu’il détient pour la sécurité de son peuple, si ce n’est avec l’Accord des lois et de la confiance de ce même peuple. La confiscation totale d’informations relèverait donc d’une pure et simple dictature. Guillaume Soro justement, ne prône nulle part cette option d’une omerta autocratique sur le Secret Défense.
Quelle est donc l’attitude la plus adaptée face au Secret Défense? C’est celle qui inspire la sage orientation de l’homme d’Etat Guillaume Soro. Elle consiste en trois précautions essentielles: l’encadrement juridique strict du Secret Défense; l’indépendance des enquêtes gouvernementales, parlementaires ou judiciaires sur les crises sécuritaires; la modération de la presse, de l’opinion nationale et de l’opinion internationale sur les questions stratégiques des Etats démocratiques.
Le Chef du Parlement ivoirien, qui connaît bien le système sécuritaire, le système gouvernemental, le système judiciaire et le système parlementaire de son pays, souhaite en effet que celui-ci soit respecté par tous et commence par s’appliquer cette norme, en s’abstenant de toute affirmation sur le système sécuritaire de la Côte d’Ivoire. Guillaume Soro appelle ensuite à la poursuite sereine des enquêtes lancées sur les mutineries ivoiriennes, parce qu’il est convaincu qu’elles toucheront du doigt les réalités qui imposent aujourd’hui prudence et retenue à tous.
Enfin, Guillaume Soro, in fine, se fait pédagogue de l’opinion, en invitant tous ceux qui parlent à tenir compte du contexte historique de la Côte d’Ivoire et du contexte mondial marqué par le terrorisme. Ce pays sort de près de 15 années de belligérance interne. Et il est situé dans une Afrique de l’Ouest secouée par la montée en puissance du terrorisme transfrontalier.
Aimer la Côte d’Ivoire, lui vouloir le meilleur avenir possible, c’est donc respecter son Secret Défense, qu’on le connaisse ou pas. Parler à la légère et à l’emporte-pièces du système sécuritaire de son pays, c’est en réalité le trahir et l’offrir à toutes les prédations. Car sans Secret Défense, aucun Etat de se monde ne peut se défendre! IL me faut et il me suffit, quant à moi, Compagnon de la révolution démocratique ivoirienne, fils adoptif de la Côte d’Ivoire, de l’avoir démontré.
Paris, le 23 mai 2017
Source: www.lebanco.net

Ali Bongo : « Il faut bannir les comportements rétrogrades et antipatriotiques »

Le président Gabonais a rappelé à l’ordre les membres du gouvernement à l’issue du Conseil des ministres du 27 février 2017.

En prenant la parole pour son discours d’ouverture, Ali Bongo Ondimba a d’abord exhorté les membres du gouvernement à une plus grande implication dans leurs actions tant collective qu’individuelle, afin d’accélérer la mise en œuvre du projet de société grâce auquel il a été réélu, favoriser la relance économique, explorer des nouvelles opportunités sources de croissance diversifiée, lutter contre les abus et gaspillages de toute sorte.

Ensuite, il a  attiré l’attention des membres du gouvernement non seulement sur leur atonie, dans la mise en œuvre de son projet de société, mais aussi sur la cacophonie qui règne au sein de l’équipe gouvernementale. Selon Ali Bongo, « les ministres n’ont pas vocation à exprimer des opinions personnelles sur l’action du gouvernement, ni à avoir des états d’âme ». Les membres du gouvernement « doivent au contraire mobiliser toute leur énergie à faire réussir l’action gouvernementale qui est, avant toute chose, une action collective, pour le bien du peuple Gabonais » a-t-il précisé.

Selon la presse locale, ce rappel à l’ordre viserait particulièrement Bruno Ben Moubamba. En effet, le vice-premier ministre en charge de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement se comporte comme un cavalier solitaire. Il lui est reproché de faire feu de tout bois pour se démarquer, depuis son entrée au gouvernement. Il critique sans réserve, via les réseaux sociaux, des décisions prises par d’autres membres de l’équipe à laquelle il appartient.
Il a par ailleurs vertement critiqué la composition du Comité Ad hoc, chargée de l’organisation du dialogue politique national inclusif. Fidèle à sa posture, sur les antennes de Radio France internationale (RFI), il s’est présenté comme l’«allié» d’Ali Bongo qui à son avis serait aussi « incompris » que lui par les Gabonais.

Reste à voir si après cette prise de position et la mise en garde du président de la République, l’harmonie continuera de régner entre les deux hommes d’Etat. Toujours est-il que le président lui, a invité ses ministres à faire preuve de plus de solidarité. Il est également question que chaque membre du gouvernement observe la réserve et à la concertation préalable qui sont des principes de base dans l’administration.

André Baudouin Edimo

Gabon : Le comité chargé d’organiser le Dialogue politique rend sa copie

Le comité ad hoc mis en place par le pouvoir pour préparer le dialogue politique inclusif vient de boucler les travaux préparatoires à l’organisation du dialogue national voulu par l’exécutif gabonais.

Après deux semaines intenses de travail, les membres de la commission constituée de la majorité et d’une partie de l’opposition ont élaboré un règlement intérieur applicable pendant le dialogue, et un rapport qui sera remis ce jeudi au président Ali Bongo. C’est à l’issue de cette étape que la date du dialogue sera fixée.

Le document de 28 pages résume les principales réformes attendues : « La révision de la Constitution, la durée des mandats politiques tels que le mandat présidentiel, le mandat des députés, les questions ayant trait au redécoupage des circonscriptions électorales, à la révision du code électoral », décline Ali Akbar Onanga Y’Obegue, le rapporteur. C’est dire que le dialogue devra porter sur la réforme des institutions, les futures élections, la modernisation de la vie politique, la cohésion sociale et la paix. Mais le point le plus attendu par l’opposition reste celui de la limitation des mandats présidentiels. « On va parler du mandat du président de la République, parce que nous souhaiterions la limitation du mandat. Nous souhaiterions des élections à deux tours », a déclaré à l’AFP l’un des représentants de l’opposition prête au dialogue, Pierre Claver Maganga Moussavou.

La date de la tenue des travaux n’a pas été spécifiée dans le rapport. Il pourrait toutefois débuter dans quelques jours. « La prochaine phase sera le lancement officiel du dialogue par le chef de l’État. Je peux dire que cela ne saurait tarder, c’est-à-dire dans une semaine tout au plus », a déclaré à l’AFP le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, venu conclure les travaux. La durée et le lieu de ces assises par contre ont été arrêtés par les commissaires. « Il se tiendra à Libreville et durera 21 jours qui pourront être prolongés », a indiqué le rapporteur, qui a également précisé que les travaux se dérouleront en présence de médiateurs gabonais ou étrangers. Le dialogue se déroulera en deux phases. La première durera sept jours et concernera la société civile, les femmes et les jeunes. La deuxième phase impliquera 75 délégués de la majorité et 75 autres de l’opposition.

Jean Ping, chef de l’opposition gabonaise, reste inflexible sur sa position : il ne participera pas à ces assises. Tandis que Démocratie nouvelle, le parti de René Ndemezo’o Obiang, ex-directeur de campagne de Jean Ping, continue d’exiger d’autres mesures avant sa participation au dialogue. « Nous demandons la libération des prisonniers politiques, explique son porte-parole, Jonathan Ntoutoume. Le pouvoir a fait un effort d’en libérer 800. ». Les organisateurs souhaitent également que les actes du dialogue soient transformés en loi de la République.

André Baudouin Edimo

Somalie : Le président Farmajo face au défi de la sécurité

Elu le 8 février dernier, le président Mohamed Abdullahi Mohamed, alias Farmajo prête serment ce jour. Son principal challenge sera d’éradiquer les shebabs, le groupe terroriste qui mène la guerre aux autorités depuis six ans.

Onze jours seulement après son élection, le neuvième président somalien depuis l’indépendance du pays se trouvait déjà au chevet des victimes d’un attentat. Il a lancé un message fort en se rendant à l’hôpital du quartier Madina quelques heures seulement après l’attentat Kamikaze qui a fait trente-neuf victimes dans un quartier populaire de Mogadiscio, le dimanche 19 février 2017.

Selon RFI, les djihadistes ont multiplié ce type d’attentats contre des bases de l’Amisom, la Mission de l’Union africaine en Somalie, ou contre de grands hôtels de la capitale durant le processus électoral. Ils ont récemment annoncé vouloir mener une guerre sans merci contre le nouveau président.

Mohamed Abdullahi Mohamed de son côté, a fait du retour de la sécurité en Somalie le thème central de sa campagne. En promettant de renforcer l’armée nationale somalienne, et surtout de payer les soldats qui pour beaucoup n’ont pas reçu de salaire depuis huit mois. Au chevet des victimes de l’attentat de dimanche dernier, il a promit une récompense de 100 000 dollars à toute personne apportant des informations sur de futur attentats à Mogadiscio. Un acte de démontre que la sécurité est devenue l’urgence N°1 du nouveau président. Au cours d’une rencontre avec les ambassadeurs africains des membres de la force de paix, l’Amisom, il a dit vouloir éradiquer les shebabs d’ici deux ans. Farmajo a par ailleurs envoyé des émissaires au Kenya et en Ethiopie pour réaffirmer aux dirigeants de ces pays qu’il partageait le même objectif qu’eux, à savoir éradiquer le terrorisme, indique RFI.

En marge de ces questions de sécurité, le président élu avait promis de lutter contre la corruption et d’améliorer les conditions de vie des somaliens, notamment en améliorant l’accès au service de santé. Au plan humanitaire, il devra également résoudre l’équation de la famine qui frappe des millions de Somalien. Sur ce plan, il a convoqué une réunion de crise sur l’urgence humanitaire. Il dispose de quatre ans pour parvenir à des résultats et tenir ses promesses électorales, dans un pays où la corruption est bien encrée dans les mœurs.

André Baudouin Edimo

Egypte : Une femme au poste gouverneur de province

Nadia Abdou a prêté serment hier en tant que gouverneur de la province de Beheira, sur la côte nord du pays, près du delta du Nil.

L’acte du président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi sonne comme une révolution. Si la première femme ministre a été nommée en 1962, jamais une province n’avait été dirigée par une femme. En prêtant serment hier, Nadia Abdou a accédé à l’une des plus hautes charges de l’Etat, une charge qui jusqu’ici était un monopole masculin. Plus encore, elle est la première personnalité civile à occuper cette fonction traditionnellement réservée aux policiers ou militaires retraités.

Pour certains observateurs, cette promotion est une récompense dans le combat qu’elle a toujours mené pour un meilleur accès des femmes aux postes de responsabilité, particulièrement dans les provinces conservatrices. Ce qui lui a valu le surnom de « la dame de fer ». Selon nos confrères de Maghreb-info, cette promotion  vise aussi à encourager son engagement dans la lutte contre l’hépatite C qui a frappé l’Egypte il y deux ans.

En prenant les rênes de la province de Beheira au nord-ouest du Delta, cette originaire d’Alexandrie a la lourde mission de faire de la région de Rosette dans l’embouchure ouest du Nil, un grand pôle touristique. Il sera question pour elle de redonner à cette région toute la valeur historique universelle qui est la sienne. En rappel, c’est dans cette province qu’à été découverte la pierre de Rosette qui a permis à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes. Pour mener à bien sa mission, elle dispose de tous les pouvoirs dans la mesure où un gouverneur de province en Egypte est à la fois président de région et préfet. Il ne rend compte qu’au premier ministre et parfois même directement au président.

Nadia Abdou est Ingénieur de formation. Elle a été directrice de la compagnie nationale de distribution de l’eau à Alexandrie pendant dix ans. En 2010, elle a été élue député du Parti National Démocrate, la formation politique de l’ancien président, Hosni Moubarak.

André Baudouin Edimo

Gabon : Jean Ping lâche l’opposition

Le candidat malheureux de la dernière présidentielle gabonaise refuse de prendre part au dialogue inclusif convoqué par la président Ali Bongo.

Jean Ping reste campé sur sa position : il n’ira pas au dialogue politique national convoqué par Ali Bongo pour tenter de trouver des solutions à la crise sociopolitique née à la suite des dernières élections présidentielles. Un refus qui suscite des remous et des divergences d’opinions au sein de l’opinion nationale et internationale. Si certains approuvent l’attitude du candidat de l’opposition, d’autres par contre, regrettent le refus de Jean Ping à cette main tendue du pouvoir. C’est le cas de Louis Gaston Mayila, président-fondateur de l’Union pour la nouvelle République (UPNR), une formation politique qui avait soutenu Jean Ping lors de la présidentielle d’août 2016. Le leader de l’UPNR sur la matinale de BBC le 29 janvier dernier, s’est dit favorable au dialogue à condition qu’il y ait une médiation des Nations-Unies.

Dans la même veine, Faustin Boukoubi, le secrétaire général du parti démocrate gabonais (PDG) a exprimé sa désolation sur les antennes de RFI suite à ce refus. « C’est regrettable. C’est regrettable parce que sa contribution aurait pu être très efficace » a-t-il confié à Rfi le 16 février après la réunion de la commission ad hoc chargée de préparer le dialogue national. Son regret est encore plus profond dans la masure où selon lui, « les Gabonais ont besoin de la contribution de tous leurs fils en vue de préparer l’avenir du Gabon ».

De son côté, Jean Ping qui avait tenu à organiser « son » dialogue national après les élections pense que « le dialogue qui est proposé, c’est une mascarade ». Un peu plus de trois mois après sa défaite, Jean Ping n’en démord pas. Il continu d’exiger du gouvernement gabonais que sa victoire soit reconnue et que les résolutions du dialogue qu’il a organisé au lendemain des élections soient appliquées.

Malgré ces remous, la Commission ad hoc chargé d’élaborer les termes de référence de ce dialogue politique, en termes de format, de contenu et de portée juridique est à pied d’œuvre. Ladite Commission est composée de 40 membres dont 20 membres de l’opposition et 20 de la majorité. Elle a siégé mercredi dernier. Il s’est agit au cours de cette rencontre de garantir la confiance entre les différents acteurs politiques de la majorité et de l’opposition, à travers un code de bonne conduite et un règlement intérieur ; identifier les groupes appelés à prendre part aux travaux ; sélectionner les thématiques qui articuleront l’ordre du jour du dialogue politique ; préciser les besoins matériels, financiers et humains, ainsi que les contours des instruments de gouvernance et leurs animateurs.

A la sortie des travaux, le premier ministre a laissé entendre que cette concertation devra « être plus en phase avec nos réalités, notre environnement, notre sociologie et nos valeurs traditionnelles profondes ». Selon Emmanuel Issoze Ngondet, cette rencontre permettra de faciliter une cohésion entre le peuple gabonais. Une position que partage certains hommes d’église, notamment le jeune prophète Steeve Douckaga pour qui « la libération du Gabon » passera par un dialogue sans tabou. Interrogé par nos confrères de Gabonactu.com, il pense que « C’est vrai que  d’une part il y a la colère  et la colère domine la raison mais d’autre part avoir raison n’enlève pas la sagesse. Ça c’est le message que je donne à monsieur Jean Ping ».

Si l’on peut dire que toutes les conditions sont en train d’être réunies pour que ces assises se tiennent, il faut tout de même regretter la marginalisation des acteurs de la société civile, les représentants des confessions religieuses ainsi que les partenaires sociaux. Et pourtant, le président Ali Bongo lors de son traditionnel discours de fin d’année à la Nation avait été clair. «Je souhaite la participation de tous et la contribution de chacun, afin que cette rencontre soit l’occasion du raffermissement de nos institutions, de la consolidation de notre démocratie, de la paix et de l’unité nationale», avait-il lancé.

André Baudouin Edimo