Afrique : les huit élections présidentielles à surveiller en 2018

Le destin de huit pays africains va se jouer cette année avec des élections présidentielles que beaucoup d’experts en politique annoncent électriques. Du Cameroun jusqu’en Egypte en passant par la Sierra Leone, le Soudan du Sud, le Mali, la Lybie, la RD Congo et le Zimbabwe.  

En Afrique, 2017 a été l’année de grands changements. Des dirigeants décriés pour leur longévité ont quitté le pouvoir comme au Zimbabwe, en Angola et en Gambie. Par ailleurs, les scissions internes, les défis économiques et l’augmentation du taux de chômage ont fait pression sur de nombreux pays, dont l’Éthiopie et le Nigéria. En Afrique du Sud en outre, un parti au pouvoir divisé a montré un électorat déçu par les mouvements de libération.

Toutefois, l’année 2017 n’est pas partie avec toutes les formes de frustrations. Certaines de ces pressions internes et externes seront éventuellement présentes dans les élections à travers le continent en 2018. En effet, une vingtaine de nations organiseront des élections présidentielles, législatives et municipales cette année, avec l’espoir que certains de ces résultats pourraient annoncer un changement politique pour les partis. Les campagnes présidentielles en Afrique du Sud et au Nigeria vont également prendre de l’ampleur avant les élections de 2019, le leader du Congrès national africain, Cyril Ramaphosa, et le président Muhammadu Buhari espérant gagner respectivement.

Alors que des millions d’électeurs africains se rendent aux urnes au cours des 12 prochains mois, voici les élections à surveiller, dans l’ordre chronologique :

  1. Égypte : entre février et mai 2018
  2. Sierra Leone : 7 mars 2018
  3. Soudan du Sud : juillet 2018
  4. Mali : d’avril à novembre 2018
  5. Zimbabwe : 31 juillet 2018
  6. Cameroun : Octobre 2018
  7. République démocratique du Congo : 23 décembre 2018
  8. Libye : indéterminé

Liberia: Georges Weah remporte le second tour des élections !

Après les terrains de football où il a fait ses preuves, c’est désormais sur la scène politique qu’il devra convaincre. Georges Weah, présidera en effet dorénavant aux destinées du Liberia. Le ballon d’or a été élu avec 61.5 % contre 38,5 % pour le vice-président Joseph Boakai, a annoncé la Commission électorale nationale (NEC) après dépouillement de 98,1% des suffrages.

Le Liberia vient ainsi de réussir sa première transition démocratique depuis 70 ans. Georges Weah succède à Ellen Jonhson Sirleaf qui rend le tablier après deux mandats.

Reste maintenant à savoir l’attitude qu’adoptera Joseph Boakai, le candidat malheureux du deuxième tour reconnaîtra-t-il la victoire de Mister Georges ou au contraire fera-t-il valoir des irrégularités comme lors du premier tour ? Le président de la commission électorale nationale a déclaré que le vote s’est déroulé pacifiquement.

Zimbabwe: Mnangagwa nomme des militaires à des postes-clés du gouvernement

Au Zimbabwe, il n’y a pas de révolution dans le nouveau gouvernement zimbabwéen, nommé dans la nuit du jeudi 30 novembre au 1er décembre, par le nouveau président Emmerson Mnangagwa. Ceux qui attendaient des changements significatifs seront déçus. Ce gouvernement composé à 100 % de membres de la Zanu-PF, le parti majoritaire, voit les militaires revenir en force, et plusieurs anciens proches de Mugabe rester aux commandes.

On est loin du gouvernement d’union nationale que certains appelaient de leurs vœux au Zimbabwe. L’opposition, qui espérait profiter de cette transition, est une fois de plus laissée de côté. A la place, Emmerson Mnangagwa a préféré remercier ceux qui ont oeuvré à sa rapide ascension.

Le général Sibusiso Moyo, qui avait pris la parole à la télévision pour annoncer la prise de contrôle de l’armée le 15 novembre dernier a été nommé ministre des Affaires étrangères. Et c’est un haut gradé de l’armée de l’air qui sera en charge du ministère de la Terre.

« Nous nous sommes trompés »

Quant à Chris Mutsvangwa, chef de file des vétérans de la guerre d’indépendance, très actif dans la mobilisation des dernières semaines, il prend les rênes du ministère de l’Information. Le portefeuille des Finances, revient à Patrick Chinamasa, déjà en poste sous la présidence de Robert Mugabe. Il avait été exclu début octobre, pour être remplacé par un proche de l’ex-Première dame, Grace Mugabe.

L’opposant Tendai Biti, qui avait également occupé ce poste dans le gouvernement d’union nationale de 2009 a fait part de son amertume sur Twitter : « nous avions faim de changement, de paix et de stabilité pour notre pays. Nous nous sommes trompés », a-t-il commenté.

Source: www.rfi.fr

CAF Awards: Broos, Aboubacar et les Lions Indomptables nominés !

La Confédération africaine de football a communiqué la liste des nommés pour les CAF Awards, qui seront remis le 4 janvier 2018 à l’occasion d’un gala, à Accra.

Joueur Africain de l’Année (ordre alphabétique)

  1. Bertrand Traoré (Burkina Faso et Olympique Lyonnais)
  2. Denis Onyango (Ouganda et Mamelodi Sundowns)
  3. Karim El Ahmadi (Maroc et Feyenoord)
  4. Keita Balde (Sénégal et Monaco)
  5. Mohamed Salah (Egypte et Liverpool)
  6. Naby Keita (Guinée et RB Leipzig)
  7. Pierre-Emerick Aubameyang (Gabon et Borussia Dortmund)
  8. Sadio Mané (Sénégal et Liverpool)
  9. Victor Moses (Nigeria et Chelsea)
  10. Vincent Aboubakar (Cameroun et FC Porto)
  11. Yacine Brahimi (Algérie et FC Porto)

L’entraineur de l’année:

Gernot Rohr (Nigeria)

Hector Cuper (Egypte)

Hugo Broos (Cameroun)

L’Hussein Amoutta (Wydad Athletic Club)

Mihayo Kazembe (TP Mazembe

Sélection masculine de l’année

Cameroun

Egypte

Mali (sélection des U-17)

Nigeria

Zambie (sélection des U-20

Zimbabwe: Emmerson Mnangagwa succède officiellement à Robert Mugabe

Des dizaines de milliers de personnes se sont réunies ce vendredi 24 novembre 2017 au stade national d’Harare, au Zimbabwe. Un rassemblement pour suivre en direct la cérémonie d’investiture du nouvel homme fort du pays, Emerson Mnangagwa. Un moment historique après les 37 ans de règne de Robert Mugabe.

Devant plusieurs dizaines de milliers de personne, le nouveau président a prêté serment dans le plus grand stade de Harare. « Moi, Emmerson Dambudzo Mnangagwa, jure qu’en tant que président de la République du Zimbabwe je serai loyal à la République du Zimbabwe et obéirai, soutiendrai et défendrai la Constitution et les lois du Zimbabwe. »

Dans le discours d’investiture qui a suivi, il a rendu un hommage appuyé à son prédécesseur, le « père de la nation » Robert Mugabe : « Laissez-moi rendre un dernier hommage à l’un des seuls pères fondateurs de notre nation toujours en vie : le commandant Robert Gabriel Mugabe. Il nous a guidés dans notre lutte pour l’indépendance nationale. Il a assumé la responsabilité du leadership dans cette période très difficile de formation de notre nation. Cela doit être salué et célébré pour toujours ! Quelques soient les erreurs, quoi qu’il ait fait et quoi qu’il n’ait pas fait, durant cette période critique de l’histoire de notre nation, il faut tous que l’on reconnaisse son immense contribution à la construction du pays. Pour moi, personnellement il reste un père, un mentor, notre compagnon d’armes et mon leader ».

Emmerson Mnangagwa a également promis que des élections se tiendraient l’année prochaine, en 2018, conformément à l’agenda politique.

Il a dit vouloir « réduire la pauvreté » dans le pays, créer des emplois et lutter contre la corruption. Emmerson Mnangagwa a aussi assuré que les fermiers blancs expulsés de leurs propriétés au début des années 2000 seraient indemnisés.

Le nouveau chef de l’Etat a lancé un appel aux investisseurs afin de redynamiser l’économie du pays. « Les investissements étrangers seront en sécurité » au Zimbabwe, a-t-il garanti, précisant qu’il voulait que le pays « renoue » avec les autres nations du monde.

Emmerson Mnangagwa et son épouse arrivent au National Sport Stadium de Harare pour sa cérémonie d’investiture en tant que président du Zimbabwe, le 24 novembre 2017. © Marco Longari / AFP

Cette cérémonie historique, organisée en grande pompe, a commencé aux environs de 9 h, heure locale, au National Sport Stadium of Zimbabwe de Harare, qui peut accueillir plus 60 000 personnes.

Dès l’aube, les habitants de la capitale se sont pressés aux portes du National Sports Stadium pour acclamer leur nouveau chef de l’Etat. Emerson Mnangagwa a ensuite prêté serment officiellement.

Le nouveau président promet de maintenir la Constitution et de protéger les droits des 16 millions de citoyens zimbabwéens. Son épouse Auxillia Mnangagwa, la nouvelle première dame, est apparue à ses côtés. Après la prestation de serment, plusieurs responsables militaires sont venus saluer le nouveau président dont le chef d’état-major de la ZDF, le général Constantino Chiwenga, qui a prêté allégeance au président Mnangagwa

Dans le stade : le vice-président de Namibie, Nickey Iyambo, mais aussi le chef de l’Etat du Mozambique, Phillip Nyusi et les présidents du Botswana et de la Zambie, Ian Khama Seretse Khama et Edgar Lungu. Les partis d’opposition étaient aussi représentés par Joice Mujuru pour le NPP et Morgan Tsvangirai pour le MDC. L’ancien vice-Premier ministre Arthur Mutambara est également présent au stade.

Cette cérémonie intervient trois jours après la démission historique de Robert Mugabe, poussé vers la sortie par un coup de force de l’armée après 37 ans de règne autoritaire sur le Zimbabwe. Robert Mugabe n’était d’ailleurs pas présent. Un temps annoncée, sa venue a finalement été annulée de peur qu’il se fasse huer par la foule.

Source: www.rfi.fr

Mondial 2018: pas de camerounais parmi les arbitres présélectionnés pour le stage !

36 arbitres ont été retenus pour un stage de préparation du mondial « Russie 2018 ».  On ne retrouve aucun camerounais parmi les 06 africains convoqués. Un nombre pourtant revu à la hausse contrairement à 05 présents au Brésil en 2014. Le stage se déroulera à Abou Dhabi du 25 au 29 novembre 2017.

Voici la liste des 6 arbitres africains retenus

Mehdi Abid Charef (Algérie), Malang Diedhiou (Sénégal), Bakary Gassama (Gambie), Ghead Grisha (Egypte), Janny Sikazwe (Zambie) et Bamlak Tessema (Ethiopie).

Voici la liste de tous les arbitres retenus

– Asie (6) : Fahad Al Mirdasi (ASa), Alireza Faghani (Irn), Ravshan Irmatov (Ouz), Mohammed Mohamed (EAU), Ryuji Sato (Jap), Nawaf Shukralla (Bhr)

– Afrique (6) : Mehdi Abid Charef (Alg), Malang Diedhiou (Sen), Bakary Gassama (Gam), Ghead Grisha (Egy), Janny Sikazwe (Zam), Bamlak Tessema (Eth)

– Océanie (2) : Mattew Conger (N-Z), Norbert Hauata (Tah)

– Amérique du Nord et Centrale (6) : Joel Aguilar (Sal), Mark Geiger (USA), Jair Marrufo (USA), Ricardo Montero (C-R), John Piiti (Pan), César Ramos (Mex)

– Amérique du Sud (6) : Julio Bascunan (Chi), Enrique Caceres (Par), Andres Cunha (Uru), Nestor Pitana (Arg), Sandro Ricci (Bré), Wilmar Roldan (Col)

– Europe (10) : Felix Brych (All), Cüneyt Çakir (Tur), Sergey Karasev (Rus), Björn Kuipers (P-B), Antonio Mateu Lahoz (Esp), Szymon Marciniak (Pol), Milorad Mazic (Ser), Gianluca Rocchi (Ita), Damir Skomina (Sln), Clément Turpin (Fra).

J.M.M

«Biens mal acquis»: colère de Malabo après la condamnation du fils Obiang

La justice française a condamné vendredi 27 octobre le vice-président équato-guinéen, Teodorin Obiang, à trois ans de prison avec sursis et à une amende de 30 millions d’euros avec sursis également. La cour a aussi ordonné la confiscation de l’ensemble des biens déjà saisis, dont un somptueux hôtel particulier avenue Foch à Paris, une des artères les plus cotées de la capitale. C’est la première fois qu’un responsable politique africain est condamné en France pour une affaire de « biens mal acquis ». Ce jugement a déclenché la colère de Malabo, qui compte poursuivre son combat contre ces démarches judiciaires.

Les avocats de Teodorin Obiang comptent faire appel de la décision de justice rendue vendredi à Paris. Car sur le fond, les autorités sont formelles : « L’Etat n’est pas victime de détournement de fonds de la part du vice-président », souligne Miguel Oyono, l’ambassadeur de la Guinée équatoriale à Paris.

Malabo mise par ailleurs sur une procédure enclenchée devant la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye. C’est un recours pour tenter d’annuler les procédures judiciaires en France. La prochaine audience est prévue en février aux Pays-Bas. Les autorités équato-guinéennes espèrent notamment faire reconnaître l’« immunité juridictionnelle personnelle dont bénéficie Teodorin Obiang, en sa qualité de vice-président », indique Me Jean-Charles Tchikaya, l’avocat de l’Etat.

Teodorin Obiang doit enfin faire face à un autre front. En Suisse, la justice a ouvert une enquête l’année dernière pour « corruption » et « blanchiment d’argent ». Un bateau et onze véhicules de luxe ont été saisis par deux procureurs de Genève. « Pour l’heure, assure l’avocat de l’Etat équato-guinéen, Teodorin Obiang n’a reçu aucune convocation pour venir se défendre ».

Source: www.rfi.fr

Rwanda: Diane Rwigara inculpée avec sa mère pour «incitation à l’insurrection»

L’opposante rwandaise Diane Rwigara, a été inculpée pour « incitation à l’insurrection » avec sa mère et sa sœur , apprend-on de source judiciaire.

Arrêté il y a deux semaines , l’opposante Diane Rwigara qui avait tenté sans succès de se présenter à la dernière présidentielle face à l’homme fort du pays Paul Kagame est poursuivie avec sa mère et sa soeur pour « incitation à l’insurrection ».

Selon une source judiciaire ,Diane Rwigara est également poursuivie pour contrefaçon de documents. Elle est accusée de fraude sur le recueil de ses signatures nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle du 4 août dernier.

Sa mère fait l’objet de poursuite pour « pratiques sectaires ».

En Août dernier , la police avait effectué une descente  au domicile de l’ opposante dans le cadre d’enquête préliminaires sur des suspicions d’évasion fiscale qui n’a finalement pas retenues contre la famille .

Agée de 35 ans , Diane Rwigara  est l ‘une des critiques les plus virulentes du président rwandais Paul Kagame avait tenté de l’affronter , mais sa candidature avait été recalée par la commission électorale.

Source: www.koaci.com

Togo: Situation socio-politique, la présidence se prononce, bilan des manifestations

Deux conseillers du Chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, ont fait le point hier mercredi à Lomé à la presse et au-delà au peuple le point sur la situation au pays telle qu’eux ils la vivent.

Selon les sieurs Noupokou Damipi et Djossou Semondji, deux conseillers du Président togolais qui ont rang de ministres, suite aux manifestations politiques publiques des 06 et 07 septembre derniers, l’Office togolais des recettes (OTR) a établi que le Togo a perdu une de « 1,5 milliard F Cfa ».
A en croire les deux intervenants, les pertes enregistrées sont dûes à la diminution des entrées et les sorties des camions au Port autonome de Lomé (PAL).
Sur le bilan des différentes manifestations, les deux conseillers ont déclaré que « Nous savons que celle organisée le 29 août par le parti UNIR n’a été émaillée d’aucun incident. Celle du 19 août organisée par le PNP a dégénéré aussi bien à Lomé qu’à Sokodé. Nous en connaissons tous le bilan : 2 morts, plusieurs blessés, plusieurs interpellations ».
Ils ont par ailleurs relevé que les marches des 06 et 07 septembre, elles auraient pu se dérouler dans le calme si celle du 07 n’avait pas connu quelques incidents dans la soirée. Les deux conseillers à la présidence ont attesté qu’à l’issue de ces deux jours de manifestations, il n’y a pas eu de décès mais quelques blessés avec au total 86 personnes interpelées.
Outre ce bilan financier et humain, Semondji a annoncé que les 86 personnes qui ont été interpellées lors des manifestations ont été remises en « liberté histoire de vérifier si elles présentaient des traces de torture ».
Enfin au regard de la situation socio-politique qui prévaut dans le pays, la déclaration présentée par les deux conseillers énonce que « le Président de la République, le Gouvernement et l’ensemble des acteurs politiques togolais (du moins pour ceux que nous représentons) appellent une fois encore au calme et à la retenue afin que nous retrouvions rapidement le climat de paix et de sérénité qui prévalait avant ces malheureux évènements qui ont eu pour point de départ les manifestations du 19 août ».
source: www.koaci.com

Invalidation de la présidentielle au Kenya : « Personne ne s’attendait à une telle décision »

La stupeur domine au sein du clan de Uhuru Kenyatta, après l’invalidation, vendredi 1er septembre, de la réélection du président sortant par la Cour suprême.

En raison « d’illégalités et d’irrégularités », Uhuru Kenyatta « n’a pas été élu et déclaré président de manière valide », a déclaré le juge président David Maraga. De nouvelles élections doivent être organisées d’ici 60 jours par la commission électorale. Une décision à rebours de celle de 2013, lorsque la Cour suprême avait confirmé la victoire sur le fil de Uhuru Kenyatta. Comment expliquer un tel changement entre les deux élections ? Éléments de réponse avec Marie-Emmanuelle Pommerolle, directrice de l’Institut français de recherche en Afrique à Nairobi.

Jeune Afrique : Lors de son discours à la Nation, prononcé quelques heures après la décision de la Cour suprême, Uhuru Kenyatta semblait avoir du mal à encaisser le choc. Pourquoi le scénario d’une invalidation des résultats paraissait aussi peu plausible ?

Marie-Emmanuelle Pommerolle : Car tout le monde avait en mémoire le précédent de 2013, lorsque Raila Odinga avait contesté les résultats de l’élection présidentielle devant la Cour suprême. À l’époque, Uhuru Kenyatta l’avait emporté avec seulement 50,03 % des voix. Cela n’avait pas empêché la Cour de valider l’élection avec un jugement perçu par beaucoup d’observateurs comme injuste et peu fondé d’un point de vue juridique. Une décision source de désillusions vis-à-vis de la Cour suprême, dont s’est servie l’opposition en 2017 pour affirmer que les institutions ne permettraient pas d’obtenir un scrutin crédible et transparent. Résultat : tout le monde s’attendait à ce que la validation des résultats ne soit qu’une simple formalité.

Qu’est-ce qui a changé depuis l’élection de 2013 et qui pourrait expliquer cette décision inédite ?

Sur les raisons objectives, qui ont poussé les magistrats à invalider le scrutin, il faudra attendre leur jugement final. Ils ont 21 jours pour le publier et démontrer que les irrégularités constatées étaient suffisantes pour invalider le scrutin du 8 août.

Pour le reste, on peut constater un véritable changement de contexte entre la décision de la Cour en 2013 et celle de 2017. En 2013, l’opinion publique craignait le retour des violences post-électorales après celles de 2007 et 2008 – qui avaient fait plus de 1 100 morts et 660 000 déplacés. Il y avait alors une certaine pression autour des juges pour confirmer les résultats et et ne pas ouvrir un nouveau cycle de violences. Quatre ans plus tard, cette rhétorique ne prédomine plus, mis à part dans les médias internationaux. Cela peut expliquer en partie la décision des magistrats.

Du côté de l’opposition, on a salué une « journée historique ». Pourtant, Raila Odinga avait refusé dans un premier temps de saisir la justice pour contester les résultats du scrutin du 8 août. Comment expliquer ce revirement ?

Il s’est d’abord rendu compte que l’option de la rue devenait intenable. En quelques jours, une vingtaine de manifestants ont été tués par les policiers, qui faisaient usage de balles réelles. Il fallait éviter que cela se transforme en bain de sang. Et puis, il ne faut pas sous-estimer l’impact des discussions au sein de la coalition Nasa. Il est fort probable que le sénateur James Orengo et le candidat à la vice-présidence, Kalonzo Musyoka, aient pesé pour porter l’affaire devant la justice. Pourquoi jouer son va-tout, alors qu’on peut se positionner pour les prochaines échéances électorales ?

Par contre, je ne crois pas vraiment à l’influence de la communauté internationale dans le revirement de Odinga. Les observateurs sur place, comme l’Américain John Kerry ou le Sud-africain Thabo Mbeki, ont été vivement critiqués par Odinga pour avoir apporté leur blanc-seing à la validation des résultats du scrutin. Comment auraient-ils pu l’influencer dans ces conditions ?

La Commission électorale a désormais 60 jours pour organiser un nouveau scrutin. Ce délai est-il tenable ?

Cela va être compliqué, mais j’imagine que c’est faisable. Après tout, la Commission a l’habitude de travailler dans des délais très serrés – ce qui peut d’ailleurs expliquer les irrégularités constatées lors du scrutin… Reste qu’ils vont devoir faire face à plusieurs obstacles de taille. Où les électeurs vont-ils voter ? Les bureaux sont installés dans les écoles. Or nous serons en pleine année scolaire, avec plusieurs sessions d’examen prévues. Autre difficulté : Odinga réclame la tête du président de la Commission, Wafula W. Chebukati, qu’il accuse de tous les maux.

Ces différents points vont vraisemblablement faire l’objet de négociations entre l’opposition et le pouvoir. Mais je ne les imagine pas en train de repousser la date du scrutin, car le délai de 60 jours est inscrit dans la Constitution.