Yémen: l’ancien président Ali Abdallah Saleh a été tué à Sanaa

Les rebelles houthis, au Yémen, affirment que l’ancien président Ali Abdallah Saleh aurait été tué lors de combats dans la capitale, Sanaa. Une information confirmée quelques heures plus tard par une dirigeante du parti de l’ex-chef de l’Etat. Les Houthis étaient entrés en conflit avec l’ancien dirigeant yéménite, qui avait tendu la main à l’Arabie saoudite la semaine dernière.

La chaîne de télévision Al-Massira a annoncé la nouvelle de la mort de l’ex-président Ali Abdallah Saleh lors de combats dans la capitale Sanaa, en ces termes : « Le ministère de l’Intérieur (contrôlé par les rebelles) annonce la fin de la milice de la trahison et la mort de son chef (Ali Abdallah Saleh) et d’un certain nombre de ses éléments criminels. ».

Des photos ainsi que des vidéos circulent sur les réseaux sociaux. Elles auraient été prises juste avant l’annonce des Houthis. L’ancien président, apparemment sans vie, y apparaît avec une profond entaille à l’arrière de la tête, la chemise ensanglantée.

«Tombé en martyr »

Une dirigeante du parti de l’ex-président Saleh, le Congrès populaire général (CPG) a confirmé la nouvelle quelques heures plus tard à l’AFP. « Il est tombé en martyr en défendant la République », a déclaré cette membre d’une instance du parti, attribuant son meurtre aux Houthis.

Ali Abdallah Saleh et d’autres hauts responsables du parti ont essuyé des tirs nourris de rebelles Houthis alors qu’ils quittaient la capitale yéménite pour des zones tenues par des forces pro-Saleh.

Des miliciens Houthis ont bloqué un convoi de quatre véhicules à environ 40 km au sud de Sanaa et ont tué par balle Ali Abdallah Saleh, ainsi que le secrétaire général du CPG, Arif al-Zouka, et son adjoint Yasir al-Awadi. Les rebelles affirment avoir tiré une roquette pour immobiliser son véhicule blindé. Il l’aurait ensuite abattu.

Tensions entre Saleh et les Houthis

Ces derniers jours les Houthis étaient en conflit ouvert avec l’ancien chef de l’Etat, Ali Abdallah Saleh. Accusé d’avoir repris contact avec Riyad, Saleh s’était en effet dit prêt à ouvrir une nouvelle page avec les Saoudiens, ses ennemis jusque-là. Autrement dit l’ancien président était prêt à lâcher les Houthis pour s’entendre avec le voisin saoudien. Riyad, dès ce matin, a bombardé sans répit la capitale pour venir en aide à son allié de la dernière heure, mais apparemment trop tard.

La chaîne de télévision des Houthis, Al-Massira, corroborée par des témoins, affirme que les miliciens chiites s’étaient rendus maîtres dans la capitale de la résidence du neveu de Saleh, Tarek, un général qui est l’un des principaux soutiens de l’ancien président. Des habitants affirment également que les Houthis avaient fait sauter la maison de l’ex-président Saleh dans le centre de la capitale. Il semblerait à présent que les miliciens chiites progressent vers le village natal de l’ex-président, près de Sanaa, où celui-ci possède un palais fortifié.

Les Houthis et l’ancien président Ali Abdallah Saleh s’étaient alliés en 2015 pour faire face à l’intervention militaire d’une coalition conduite par l’Arabie saoudite pour rétablir au pouvoir le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi.

Source: www.rfi.fr

Sommet UA-UE: les quatre priorités des dirigeants africains et européens

Le 5e sommet Union africaine-Union européenne s’est refermé jeudi 30 novembre à Abidjan par l’adoption d’une déclaration générale et d’une déclaration sur la Libye. Les dirigeants africains et européens ont décidé de se fixer quatre priorités stratégiques pour les années à venir.

Lors du discours de clôture, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a salué des engagements tournés vers la jeunesse.

 »Notre sommet a été un hymne à la jeunesse. Nous reconnaissons tous que le futur de nos deux continents dépendra dans une large mesure de l’avenir que nous réservons à nos jeunes. Comme j’ai eu l’occasion de le dire lors de mon allocution d’ouverture, les jeunes doivent être au centre de nos politiques et priorités ».
Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine
Quant au président de la Commission européenne, il a rappelé que plusieurs engagements ont été pris, notamment du côté européen, pour tenter de lutter contre les drames de l’immigration clandestine en Libye et ses dérives.
 »Au lieu de jeter les jeunes et les moins jeunes dans le malheur, et donc dans l’eau, il faut investir sur place pour donner du travail aux jeunes pour qu’ils puissent trouver leur bonheur en Afrique ».
Jean-Claude Juncker, président de la Commission de l’Union européenne

La lutte contre les drames de l’immigration clandestine aura donc été au centre de ce sommet. Les priorités des dirigeants des deux continents vont donc dans ce sens.

►Education et formation

En tête des priorités des dirigeants africains et européens figurent donc l’éducation et la formation. Ils annoncent qu’ils sont d’accord pour augmenter leur effort en ville et dans le monde rural en vue d’assurer un accès universel à l’éducation, particulièrement pour les filles.

►Paix et sécurité

Deuxième priorité : les actions en faveur de la paix, de la sécurité et de la gouvernance. Avec une petite phrase dont il faudra suivre les développements : « Nous soutiendrons les efforts en cours pour combattre le terrorisme, y compris le soutien du G5 Sahel ». Cette force régionale en cours de mise en place et qui manque pour l’instant de financements.

►Investissements

Troisième priorité : mobiliser les investissements pour créer une croissance économique qui profite au plus grand nombre.

►Migration et mobilité

Quatrième priorité : la migration et la mobilité. Les dirigeants des deux continents soulignent la nécessité de lutter contre les passeurs et les trafiquants, ainsi que de dissuader l’immigration irrégulière. Européens et Africains soulignent aussi la nécessité de faire plus pour créer des opportunités de migration régulière et pour faciliter la mobilité des entrepreneurs, des étudiants et des chercheurs.

Source: www.rfi.fr

Les Etats-Unis annoncent leur retrait de l’Unesco

Les Etats-Unis ont annoncé ce jeudi leur retrait de l’Unesco, l’institution onusienne chargée de la sauvegarde du patrimoine mondial, qu’ils accusent d’être « anti-israélienne ».

Source: www.bfmtv.com

Emmanuel Macron parraine un accord en Libye

Le premier ministre Sarraj et le maréchal Haftar ont « agréé » sans le signer un texte évoquant un « cessez-le-feu » et la tenue d’élections au printemps 2018. Pour la première fois, les deux grands rivaux, qui se disputent le contrôle de la Libye et qui s’étaient déjà rencontrés, sans résultat, début mai, à Abou Dhabi (Emirats arabes unis), se sont engagés, mardi 25 juillet à La Celle-Saint-Cloud (Yvelines), sur une déclaration commune en dix points évoquant notamment « un cessez-le-feu » et la tenue d’élections législatives et présidentielle en 2018.

Tiers payant généralisé : L’impact du gouvernement Macron

DESCRIPTION :

Le gouvernement d’Emmanuel Macron a annoncé vouloir « évaluer » le dispositif du tiers payant généralisé, initiative mise en place au quinquennat précédent.

CONTENU :

Durant un entretien avec Le Parisien, le nouveau premier ministre Edouard Philippe a affirmé la volonté du gouvernement de réévaluer le dispositif de Tiers Payant généralisé instauré sous le quinquennat de François Hollande. Selon lui, cette réforme va dans le sens d’une « dématérialisation de ce que représente le coût de la santé ».

Principe et bénéficiaires du tiers payant

Le Tiers Payant est un dispositif qui permet à un assuré d’être dispensé de l’avance de ses frais de santé lors d’un passage en pharmacie ou chez un professionnel de santé (Médecin, pédiatre, …). Le professionnel de santé est alors directement payé par l’organisme d’Assurance Maladie rattaché au régime de l’assuré.

Avant cette éventuelle généralisation, il était déjà possible de profiter du Tiers Payant sous certaines conditions :

  • Être bénéficiaire de :
    • La Couverture Médicale Universelle Complémentaire (CMUC)
    • L’Aide à la Complémentaire Santé (ACS)
    • L’Aide Médicale aux Etrangers (AME)
  • Être victime d’un accident de travail ou d’une maladie professionnelle
  • Être hospitalisé dans un établissement conventionné par l’Assurance Maladie
  • Être mineur et consulter dans un but de contraception.

Le principe de la généralisation annoncée par le gouvernement de François Hollande repose sur l’application de ce Tiers Payant à l’ensemble des assurés sociaux sur la partie qui est normalement remboursée par la Sécurité Sociale. En clair, au 1er Décembre 2017, une consultation avec un médecin généraliste ne pourrait coûter que 6,90€ maximum (la part remboursée par votre mutuelle).

Comment avoir accès au Tiers Payant ?

Pour bénéficier de cet avantage, il faudra dans un premier temps vérifier que le généraliste ou le spécialiste en question a fait le choix de pratiquer le Tiers Payant. Si c’est le cas, il vous suffira simplement de vous munir de votre carte vitale et de la présenter à la fin de la consultation.

Attention toutefois à ne pas oublier de mettre votre carte à jour, car certains changements de situation et notamment la grossesse donnent lieu à de nouveaux droits. Pour mettre votre carte vitale à jour, vous devez vous rendre dans un établissement de la Sécurité Sociale, ou en pharmacie car la plupart d’entre elles sont équipées d’une borne dédiée.

Un dispositif remis en question par le nouveau gouvernement

Comme l’a indiqué le candidat du parti En Marche ! lors de sa campagne présidentielle, son intention était de rendre cette possibilité « généralisable » et non « généralisée ». Concrètement, il s’agirait de le rendre facultatif. En effet, la loi de 2016 ne prévoit pas de sanction pour un médecin qui refuserait d’appliquer cette mesure, ce serait donc au bon vouloir de chacun. La question reste donc en suspend et il faudra attendre le prochain communiqué officiel pour être fixés sur le sujet.

Source : bonne-assurance.com

Affaire Comey: Trump n’est pas au bout de ses peines

Donald Trump passe le weekend dans l’un de ses clubs de golf au New Jersey, après une autre semaine qui ne lui pas été favorable. Il voulait promouvoir son plan pour moderniser les infrastructures, mais les Américains étaient plus intéressés par l’audition de James Comey, l’ancien directeur du FBI, que 20 millions d’entre eux ont suivie. Trump va, cette semaine, se concentrer sur l’emploi et l’enseignement professionnel. Mais aura-t-il plus de succès—?

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Donald Trump s’estime blanchi par l’audition de James Comey, car il a dit ce qu’il voulait lui entendre dire : il ne fait pas l’objet d’une enquête sur l’affaire russe. Il veut donc « retourner gouverner ce grand pays ».

Il n’est toutefois pas encore au bout de ses peines. S’il est trop tôt pour l’accuser d’obstruction à la justice, une série d’enquêtes se poursuivent dont la plus rigoureuse menée par le procureur spécial, Robert Mueller.

Trump s’est dit prêt à répondre à ses questions sous serment pour rejeter les accusations de Comey. La commission du renseignement de la Chambre lui a demandé de son côté de remettre d’ici le 23 juin les enregistrements de ses conversations avec l’ex-patron du FBI, s’ils existent. Trump reste mystérieux à leur sujet.

Jeff Sessions auditionné

La commission judiciaire du Sénat envisage de son côté de demander à Comey de venir déposer devant elle, ce qu’il a refusé dans le passé. Mais il pourrait y être obligé s’il reçoit une assignation à comparaître du Congrès.

Mardi, l’attention se portera sur l’audition du ministre de la Justice, Jeff Sessions, qui a accepté de témoigner devant la commission du renseignement du Sénat qui l’interrogera sur ses contacts avec l’ambassadeur de Russie.

Source : www.rfi.fr

France : Qui est Emmanuel Macron? Itinéraire d’un parcours atypique

Découvrez le nouveau président français côté cour et côté jardin, lui dont le mémoire de Maîtrise en philosophie portait sur Machiavel….

Emmanuel Jean-Michel Frédéric Macron est le fils de Jean-Michel Macron, né en 1950, médecin, professeur de neurologie au CHU d’Amiens et responsable d’enseignement à la faculté de médecine de cette même ville, et de Françoise Noguès, médecin et conseillère de la sécurité sociale Leur premier enfant est mort-né. Ils ont ensuite eu trois enfants : Emmanuel, Laurent (né en 1979, radiologue, marié à Sabine Aimot, née en 1980) et Estelle (née en 1982, néphrologue, mariée à Carl Franjou). Après leur divorce en 2010, Jean-Michel Macron épouse Hélène Joly, psychiatre au CHS-Pinel Dury.

Emmanuel Macron est baptisé à l’âge de douze ans seulement, un « choix personnel » au moment de son entrée au collège jésuite de La Providence d’Amiens. Pour Emmanuel Macron, le catholicisme lui apporte une « discipline de l’esprit » et une « volonté d’ouverture au monde », en développant chez lui une pensée nourrie de spiritualité.

Formation

De la sixième à la première, il effectue sa scolarité dans un établissement privé catholique d’Amiens fondé par la congrégation des jésuites. Il est lauréat du concours général de français en 1994. Il termine ses études secondaires à Paris au lycée Henri-IV, où il obtient le bac S avec la mention très bien.

Admis en hypokhâgne et khâgne au lycée Henri-IV, il échoue à deux reprises à l’écrit du concours d’entrée de l’École normale supérieure. Il obtient par la suite une maîtrise de philosophie sur Machiavel puis un DEA à l’université Paris-Nanterre. De 1999 à 2001, il assiste le philosophe Paul Ricœur et travaille sur l’appareil critique de son livre La Mémoire, l’histoire, l’oubli. Il devient de ce fait membre du comité de rédaction de la revue Esprit.

En parallèle il est étudiant de l’Institut d’études politiques de Paris, dont il ressort diplômé en 2001. Il étudie à l’ENA à Strasbourg de 2002 à 2004 dans la promotion Léopold Sédar Senghor où il finit 5ème, pour laquelle le classement final est annulé par le Conseil d’État à la suite d’un recours pour excès de pouvoir (Emmanuel Macron fait partie des 75 requérants ayant saisi le Conseil d’État), sans que cela ait d’influence sur l’affectation d’Emmanuel Macron à l’Inspection des finances ni sur les autres élèves de la promotion. Pendant sa scolarité à l’ENA, il effectue un stage en ambassade au Nigeria ainsi qu’un autre à la préfecture de l’Oise.

CARRIERE PROFESSIONNELLE

Inspecteur des finances

En 2004, à l’issue de ses études à l’ENA, il intègre le corps de l’Inspection générale des finances (IGF). En 2006, Laurence Parisot lui propose le poste de directeur général du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) qu’elle préside mais Emmanuel Macron décline.

En août 2007, il est nommé rapporteur adjoint de la Commission pour la libération de la croissance française (« Commission Attali »). En mars 2010, il est nommé par décret membre de cette commission. Le 30 juin 2008, Emmanuel Macron est co-rapporteur de la commission sur les professions du droit. En 2016, il démissionne de l’inspection des finances. En tant qu’énarque, il devait dix ans de services à l’État ; n’en ayant effectué que six (ses deux ans comme ministre n’étant pas comptés), il doit s’acquitter de la somme de 54 000 euros.

Banquier d’affaires

En septembre 2008, il se met en disponibilité de la fonction publique et devient banquier d’affaires chez Rothschild & Cie. Recruté par François Henrot sur recommandation de Jacques Attali et de Serge Weinberg, il indique que l’échec de son militantisme local, et l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, l’ont poussé vers cette activité. En 2010, Emmanuel Macron offre son aide bénévole à la « Société des rédacteurs du Monde » (SRM), dans le contexte de la revente du journal Le Monde.

Fin 2010, il est promu associé au sein de la banque. Il bat ainsi le record de précocité de Grégoire Chertok mais cette nomination apparaît pour certains observateurs comme un « mystère ». François Henrot dira de lui qu’« il aurait été, s’il était resté dans le métier, un des meilleurs en France, sans doute même en Europe ». L’expression « Mozart de la finance », parfois utilisée, est cependant critiquée par certains observateurs.

Entre décembre 2010, date de sa nomination comme associé-gérant, et mai 2012, celle de son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron indique avoir gagné 2 millions d’euros brut. Selon ses déclarations de revenus et de patrimoine faites à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, il a gagné plus de 2 800 000 euros bruts entre 2009 et 2013.

PARCOURS POLITIQUE

Débuts militants

Il commence à militer au Mouvement des citoyens (MDC) pendant près de deux ans, mais son adhésion à ce parti n’est pas établie. Alors à Sciences Po, il effectue un stage au cabinet de Georges Sarre, maire du 11e arrondissement de Paris et proche de Jean-Pierre Chevènement. Il vote pour ce dernier au premier tour de l’élection présidentielle de 2002. Il explique : « Autant la deuxième gauche m’a inspiré sur le social, autant je considère que son rapport à l’État reste très complexé. Je me suis toujours interrogé sur le rôle de l’État, et c’est pour cette raison que je me tourne, plus jeune, vers Jean-Pierre Chevènement ». À la suite du 21 avril 2002, il considère que l’échec de Lionel Jospin et du Parti socialiste (PS) s’explique notamment par l’incapacité de la gauche à tenir un discours de fermeté sur les questions de sécurité. Membre du PS à partir de l’âge de 24 ans, il y est actif, c’est-à-dire à jour de sa cotisation, de 2006 à 2009. Il collabore également avec la fondation Jean-Jaurès à partir de 2006.

Il rencontre François Hollande en 2006, par l’intermédiaire de Jean-Pierre Jouyet, et s’engage à ses côtés à partir de 2010. Lors de l’élection présidentielle de 2007, il fait partie du groupe les Gracques, composé d’anciens patrons et de hauts fonctionnaires, qui appelle à une alliance entre Ségolène Royal et François Bayrou. Il essaie ensuite d’obtenir du PS une investiture aux élections législatives qui suivent en Picardie. Cependant, les socialistes de Picardie refusant de le choisir, il n’est pas candidat. Cet échec, associé à la victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007, l’encourage à donner un nouveau tournant à sa carrière. En 2007, alors qu’il est soutenu par une grande partie des commerçants du Touquet-Paris-Plage, il renonce à se présenter aux élections municipales, refusant de s’encarter à l’UMP. Il indique avoir « décliné une offre au cabinet Woerth en 2007 » car « cela n’était pas conforme à [ses] opinions ». En 2010, il décline la proposition, portée par Antoine Gosset-Grainville et validée par le palais de l’Élysée, de devenir le directeur de cabinet adjoint du Premier ministre, François Fillon.

Il soutient François Hollande lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011 et ce avant l’affaire du Sofitel, alors que Dominique Strauss-Kahn était en tête des sondages. De juillet à décembre 2011, il anime un cénacle d’experts et d’économistes, le groupe de la Rotonde, composé des économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et Élie Cohen, qui fait un rapport tous les 15 jours au candidat. Ce groupe prône « un véritable choc de compétitivité », idée que Michel Sapin, chargé du projet présidentiel, ne retient pas.

Secrétaire général adjoint de la présidence de la République (2012-2014)

Le 15 mai 2012, ayant réintégré la fonction publique, Emmanuel Macron devient secrétaire général adjoint de l’Élysée en tandem avec Nicolas Revel. Il seconde le nouveau secrétaire général, Pierre-René Lemas. Nicolas Prissette relève que « dès les premières semaines du quinquennat, le secrétaire général adjoint de 34 ans retient l’attention du microcosme : jeune, sémillant, atypique, pas très à gauche… Les journaux lui consacrent des articles. On s’intéresse davantage à ce personnage qu’au secrétaire général Pierre-René Lemas, qui occupe pourtant le poste clé parmi tous les autres, au cœur du pouvoir ».

Dès l’été 2012, « l’ancienne cellule économique [de l’Élysée], dont Macron est désormais le plus haut gradé, concocte un plan choc : le passage temporaire aux 37 heures, jusqu’à la fin 2014, avec un bilan prévu pour voir si les Français peuvent repasser aux 35 heures, et la concentration des hausses d’impôts sur les plus hauts revenus. Le secrétaire général adjoint plaide dans le même temps pour un maintien de la défiscalisation des heures supplémentaires ». Ces propositions sont déclinées par François Hollande. Il confie avoir songé à quitter son poste « à l’automne 2013 […] car notre réforme des retraites n’était pas à la hauteur de ce qu’on devait faire. »

Intermède (été 2014)

Le 10 juin 2014, l’Élysée annonce qu’il quitte le cabinet de François Hollande et que Laurence Boone reprend les dossiers économiques et financiers. Son titre et rang protocolaire de secrétaire général adjoint de l’Élysée n’est en revanche pas conféré à celle-ci, qui ne reprend que le titre de chef du pôle économie et finance. Les observateurs expliquent son départ par ses déceptions de ne pas entrer dans le premier gouvernement de Manuel Valls et de ne pas obtenir gain de cause sur l’approfondissement des réformes engagées par le gouvernement, ou encore par l’arrivée comme secrétaire général de Jean-Pierre Jouyet, « beaucoup plus au fait des questions économiques et financières, mais aussi des questions européennes, que ne l’était son prédécesseur Pierre-René Lemas ». Alors qu’il espérait récupérer le poste de secrétaire général, il est également déçu de la décision de François Hollande de nommer ce dernier à la tête de la Caisse des dépôts et consignations.

Jouyet indique qu’Emmanuel Macron quitte le cabinet de la présidence « pour mener des projets personnels dans les domaines de l’enseignement et de la recherche ». Il cherche, selon les sources, à créer une société de conseil financier, « une sorte de TOEFL multidisciplinaire pour évaluer les élèves » ou « un fonds d’investissement pour financer des projets innovants, notamment dans le domaine de l’éducation ». Il décroche un poste universitaire à l’université de Berlin au début de l’été 2014 et obtient, avec l’aide d’Alain Minc, le titre de Senior Research fellow (en) en économie politique à la London School of Economics pour y devenir maître de conférences en policy-mix européen ; il a également cherché, par l’intermédiaire de Philippe Aghion, à décrocher un poste à l’université Harvard.

Une candidature lui est proposée dans sa ville natale d’Amiens lors des élections municipales de 2014 mais il refuse l’offre. Alors que Manuel Valls propose à François Hollande, à l’issue de ces élections, de lui confier le ministère du Budget dans son premier gouvernement, le président de la République écarte cette idée en raison de cette absence de mandat électoral.

Le 26 août 2014, il est nommé ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls II en remplacement d’Arnaud Montebourg, dont il conserve la moitié du cabinet. Alors inconnu du grand public, il devient le plus jeune ministre de l’Économie depuis Valéry Giscard d’Estaing dans le premier gouvernement de Georges Pompidou en 1962.

En janvier 2016, il dépose à l’Élysée et à Matignon un projet de loi, dit « Macron 2 » ou « nouvelles opportunités économiques » (NOÉ), qui est annulé par un arbitrage de l’exécutif. Manuel Valls s’oppose tout particulièrement à ce qu’il présente ce nouveau projet de loi, dont le contenu est confié à d’autres ministères. En février 2016, il est rétrogradé dans l’ordre protocolaire du gouvernement à l’occasion du remaniement réduit de février 2016. Le 6 avril 2016, à Amiens, il fonde le mouvement politique « En marche ! », qu’il veut « transpartisan » et qu’il définit comme étant à la fois de droite et de gauche. Avec cette initiative, il assume pour la première fois son ambition de se présenter à une élection présidentielle. Le 30 août 2016, il démissionne de sa fonction de ministre de l’Économie pour se consacrer à son mouvement politique, « En marche ! ». François Hollande déclare alors qu’Emmanuel Macron l’a « trahi avec méthode ». Jusqu’ici, certains médias avaient spéculé sur le fait qu’Emmanuel Macron pouvait agir au bénéfice des intérêts électoraux à venir de François Hollande. Peu avant sa démission, Emmanuel Macron avait confié en privé : « Je ne serai jamais le rabatteur de Hollande ». Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron déplore le fait que le gouvernement ait « fait beaucoup de choses à moitié », contrairement à ce qu’il préconisait. D’après un sondage de l’Ifop, 84 % des Français approuvent alors le choix d’Emmanuel Macron de quitter ses fonctions ministérielles.

En mars 2016, Emmanuel Macron exprime son souhait que François Hollande se présente à l’élection présidentielle de 2017 en le présentant comme « le candidat légitime ». Avec la formation du mouvement politique En marche ! en avril 2016, il assume pour la première fois son ambition de se présenter à une élection présidentielle. Publié en novembre 2016, son premier ouvrage, intitulé Révolution, est tiré à 200 000 exemplaires et figure parmi les meilleures ventes de livres en France (plus de 69 000 à la fin de l’année, soit la 6e position parmi les livres de personnalités politiques).

Rejetant les appels de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, et de Manuel Valls, il refuse de participer à la primaire de la gauche de 2017, disant ne pas vouloir « s’enfermer dans des querelles de clans ». Jean-Christophe Cambadélis menace les membres du parti qui soutiendraient Emmanuel Macron de sanctions, voire d’exclusions. Le Monde souligne que « jamais aventure personnelle comme la sienne n’a été couronnée de succès sous la Ve République. Jean Lecanuet, Alain Poher ou Michel Rocard s’y sont essayés avant lui, tous ont échoué à conquérir l’Élysée ». La suite est connue.

SON EPOUSE

Ancien profes­seur de français, notam­ment dans un établis­se­ment reli­gieux de Paris, Brigitte Macron est avant tout connue pour être l’épouse d’Em­ma­nuel Macron. Brigitte Macron voit le jour le 13 avril 1953 à Amiens. Fille d’un couple de choco­la­tiers, elle est la petite dernière de la fratrie. Après des études litté­raires à Lille et Stras­bourg, elle devient profes­seur de français dans sa ville natale.

En octobre 2007, Brigitte épouse Emma­nuel Macron, de vingt-quatre ans son cadet. Son mari est alors Inspec­teur géné­ral des Finances. Le mariage a lieu au Touquet, en présence notam­ment de l’ancien Premier ministre Michel Rocard. Le couple s’est rencon­tré treize ans plus tôt, alors que Brigitte Trogneux était profes­seur de français au Lycée La Provi­dence d’Amiens. Elle animait paral­lè­le­ment le club de théâtre auquel parti­ci­pait Emma­nuel Macron. Le benja­min du gouver­ne­ment et ancien banquier d’af­faires chez Roth­schild & Cie tombe alors sous le charme de l’en­sei­gnante.

En août 2014, Emma­nuel Macron est nommé ministre de l’écono­mie. Dès l’été suivant, Brigitte Macron décide de mettre un terme à sa carrière d’ensei­gnante. Brigitte Macron est mère de trois enfants : Sébas­tien, Laurence et Tiphaine, nés de son union avec André Louis Auzière, épousé en juin 1974.

Présidentielle 2017 : les instituts de sondage redorent leur blason

Après leur échec à prédire le Brexit et l’élection de Donald Trump, les instituts de sondage ont annoncé des résultats fiables à l’occasion du scrutin français.

Les sondeurs, vivement critiqués ces derniers mois après la victoire du Brexit, le 23 juin 2016, et celle de Donald Trump, le 8 novembre, ont cette fois vu juste : les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 23 avril au soir, sont dans la ligne des tendances constatées dans leurs ultimes enquêtes.

Les derniers sondages publiés vendredi, qui n’avaient plus beaucoup bougé depuis une semaine, donnaient Emmanuel Macron entre 23 % et 24 %, Marine Le Pen entre 22 % et 23 %, François Fillon entre 19 % et 21 %, Jean-Luc Mélenchon entre 18 % et 19,5 %, ce qui correspond à la fourchette des estimations données dimanche soir.

Ils avaient également constaté une hausse régulière du taux de participation, passé en dix jours de 65 % à 75 % pour finalement s’établir autour de 78 %

« Indécision inédite »

« Ces derniers jours, [les sondeurs] ont bien senti la remontée tardive du niveau de participation et ont placé Emmanuel Macron en tête et Marine Le Pen en seconde position », souligne Anne Jadot, maître de conférences en science politique à l’université de Lorraine.

Ceci alors « qu’ils étaient confrontés à une indécision inédite et très forte des électeurs », puisqu’un Français sur trois environ disait, ces derniers jours, n’avoir pas encore décidé pour qui il allait voter ou pouvoir encore changer d’avis.

Cette instabilité compliquait le travail des instituts de sondage, déjà sous surveillance après l’incapacité de leurs homologues anglo-saxons à anticiper l’élection de Donald Trump et le vote pour le Brexit au Royaume-Uni. Les sondeurs français n’échappaient pas eux-mêmes aux critiques après avoir sous-estimé le vote en faveur de François Fillon lors de la primaire de la droite à l’automne 2016.

Source: www.lemonde.fr

Donald Trump : « Mon travail ne consiste pas à représenter le monde, mon travail consiste à représenter les Etats-Unis »

Face au Congrès, celui qui recueille pour l’instant le plus faible soutien pour un président en début de mandat dans l’histoire récente des Etats-Unis soigne son ton présidentiel sans renier son cap.

A l’occasion de son premier discours face aux élus ce 28 février, Donald Trump a rompu avec le « carnage » américain, les accusations contre les « médias bidon », les décharges assassines publiées sur Twitter. En bref, les congressistes américains n’ont pas eu droit à la rhétorique des discours de campagne ou des cinq premières semaines du républicain à la Maison Blanche. Donald Trump a plutôt sacrifié son ton martial sans pour autant renoncer aux principaux thèmes qui l’ont porté à la présidence, ni à sa promesse de « donner la priorité aux Américains », après des décennies gâchées selon lui à investir à l’extérieur des frontières des Etats-Unis.

De l’avis de Gilles Paris, correspondant du journal Le Monde à Washington, Donald Trump pour la première fois depuis son investiture, a présenté « une image plus présidentielle en parvenant à ne pas trop s’écarter de son discours, comme il en a souvent pris la liberté par le passé ». Sans trop s’attarder sur la « pagaille » que lui aurait léguée Barack Obama, il a fait le choix de tracer un cap optimiste vers l’avenir des Etats-Unis. « Un nouveau chapitre de la grandeur américaine est en train de s’ouvrir. Nous assistons à la renaissance de l’esprit américain » a-t-il voulu croire. Plus surprenant encore, le président américain a fait un appel aux consensus en tendant la main aux démocrates. « Telle est notre vision. Telle est notre mission. Mais nous ne pourront la remplir qu’ensemble » a-t-il assuré.

Donald Trump est cependant resté inflexible quand aux principaux thèmes de sa campagne. En effet, le locataire du bureau ovale de la Maison Blanche n’a pas hésité à afficher sa fermeté en matière d’immigration. « En appliquant enfin nos lois sur l’immigration, nous augmenterons les salaires, aiderons les chômeurs, économiserons des milliards de dollars et renforcerons la sécurité de nos communes » a-t-il déclaré. Il a toutefois introduit une réforme en parlant d’immigration « au mérite », un système inspiré des exemples canadien et australien. De même, sur la question fiscale, D. Trump a affiché la même volonté de tenir ses promesses de campagne. « Nous devons relancer le moteur de l’économie américaine, faciliter l’activité de nos entreprises aux Etats-Unis et rendre les choses beaucoup plus difficiles à celles qui devraient s’en aller » a-t-précisé. Sa volonté d’abandonner l’extension de la protection sociale héritée de son successeur. Il promet plutôt un système à la fois moins cher, plus efficace et plus souple.

Le président à tout de même laissé l’opinion internationale dubitatif quand à son « omission » d’un sujet capital qui préoccupe pourtant le monde entier. Pas une seule fois par exemple, il n’a évoqué la lutte contre le réchauffement climatique et ses défis. Une attitude qui confirme sa volonté de remettre en cause l’engagement de son pays quand à la mise en application des résolutions de la conférence de Paris. Cette mue du président américain était-elle circonstancielle ou alors elle s’inscrira dans la durée.

André Baudouin Edimo