Douala: Les établissements « clandestins » snobent le Minesec

La plupart de ces collèges privés fonctionnent au mépris d’une fermeture prononcée il y a quelques semaines par le ministre des Enseignements secondaires.

Mardi, 19 septembre 2017. Il est 10h 20. Dans la cour du collège polyvalent La Méthode situé dans l’arrondissement de Douala 3ème,c’est la fin de la première pause. Certains élèves regagnent déjà les salles de classe. La salle des professeurs se vide progressivement. Ceux-ci regagnent les salles de classe pour dispenser leurs enseignements. La rentrée des classes a été effective dans cet établissement scolaire. A la seule différence que les cours ont démarrée une semaine après la rentrée scolaire prévue le lundi 04 septembre 2017.

A l’instar du collège polyvalent La Méthode, les cours ont également repris au Collège bilingue Alliance, qui a changé de dénomination pour devenir le collège privé laïc La Solution, quelques semaines avant la rentrée, sans doute pour échapper à la fermeture dont il fait l’objet par le ministre des Enseignements secondaires (Minesec). « Nous avons demandé l’agrément avec l’ancien nom, mais la démarche n’a pas abouti, à cause des lenteurs administratives », laissait entendre son principal, en août dernier. Même si la plaque installée  à  l’entrée dudit  établissement  porte  l’inscription  « Collège  Alliance »,  son  principal  assure  que  son établissement  s’appelle désormais collège privé « La Solution ». C’est d’ailleurs ce nom qui figure sur l’écusson porté par les élèves. Une atmosphère similaire se vit au collège Le Prythanée, sis au quartier Mbengue City, à Douala 5ème, où la rentrée scolaire est effective,malgré la première décision de fermeture intervenue le 12 août 2016. Cette année encore, le collège Le Prythanée a ouvert ses portes aux élèves de la localité. Les cours s’y déroulent depuis trois semaines, a-t-on appris.Pourtant, ces établissements scolaires, autant que onze autres, figurent dans la liste des quatorze établissements privés classés « indésirables » dans le départe- ment du Wouri par un arrêté du Minesec, Jean Ernest Massena Ngalle Bibéhé. Après l’arrêté du Minesec rendu public le 26 juillet 2017, on se serait attendu à ce que ces établissements ferment. Tel n’est pas le cas. Au contraire, ces établissements qualifiés de clandestins accueillent plus que jamais des élèves.

Par Renaud Inang

Mutations n° 4460 Jeudi 21 septembre 2017

Cameroun : Paul Biya décrète l’arrêt des poursuites contre les leaders anglophones

Le président camerounais Paul Biya a ordonné mercredi, par décret, l’arrêt des poursuites contre les leaders anglophones détenus depuis janvier.

L’information a été officialisée à la télévision nationale ce mercredi 30 août. « Félix Abdor Nkongo, Fontem Neba, Paul Ayah Abine et certaines autres personnes interpellées dans le cadre des violences survenues ces derniers mois dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest », vont donc retrouver la liberté, à quelques jours d’une rentrée scolaire qui s’annonçait tendue dans les régions anglophones.

Paul Biya réaffirme ainsi « sa détermination à combattre sans relâche les ennemis de la paix et du progrès (…) qui, sous le coup de revendications politiques, essayent de prendre en otage l’avenir » du Cameroun. Les leaders anglophones étaient en détention depuis janvier dernier et étaient notamment accusés de terrorisme, rébellion, crime et délits d’opinion. Leurs avocats avaient plusieurs fois réclamé leur remise en liberté devant le tribunal militaire de Yaoundé, sans succès.

Source: www.jeuneafrique.com

EXCLUSIF: Beh Mengue veut prendre la poudre d’escampette

Des instructions données pour l’empêcher de se débiner.

L’ancien DG de l’ART sait que ses jours de liberté sont désormais comptés, mais il voudrait ne point avoir à affronter les enquêteurs et les juges. Sans doute conscient du fait qu’il ne pourrait se blanchir des graves soupçons de détournements qui pèsent sur lui. Limogé le 08 juin dernier, ce n’est certainement pas pour aller couler des jours tranquilles dans son bled de Djoum. La cavale lui semblant la seule porte de sortie pour échapper aux conséquences de son irresponsabilité.

Mais les services de sécurité ont l’œil sur lui, et même les autorités administratives sont mises à contribution pour l’empêcher de se faire la belle. C’est dans cette optique que suivant des informations de première main parvenues à notre connaissance, le préfet de la Vallée-du-Ntem a, ce 31 juillet, adressé un message porté à ses subordonnés que sont les sous-préfets des arrondissements de Kyé-Ossi, Ma’anet Olamze qui ont la particularité d’être frontaliers avec des pays voisins. Leur relayant des directives reçues par le commandant de compagnie de gendarmerie d’Ambam, il leur rappelle l’interdiction de sortie du territoire national de l’ex grand Manitou de la (dé)régulation des télécoms. Or d’après ce chef de terre tel qu’il l’écrit avec le style lapidaire de circonstance, des « renseignements  dignes de foi font état que (le) nommé Beh Mengue Jean Louis » envisage « sortir par frontières respectives Gabon et Guinée équatoriale, particulièrement Kye-Ossi ou Olamze ». Aussi demande-t-il de « renforcer (les) dispositifs (de) sécurité » pour l’empêcher de filer à… l’anglaise, alors qu’il est camerounais.

Leopold T. Yamdjeu

VACANCES SANS SIDA: Affaire de gros sous autour d’un folklore

Censée être lancée ce vendredi, cette opération de Synergie africaines cache mal d’autres enjeux. 

Il y a quelques années, Chantal Biya déclarait solennellement à Yaoundé, lors d’une assemblée générale des Synergies africaines contre le Sida et les souffrances, mouvement qu’elle a porté sur les fonts baptismaux : « Nous devons faire la guerre contre le Sida et non autour du Sida ».  Le lien était clair qu’elle faisait alors allusion à l’ex-présidente du Gabon de regrettée mémoire, Edith Lucy Bongo, qui avait pris le parti de créer une dynamique ayant les mêmes buts. Des observateurs avaient en la circonstance analysé cette autre initiative sous le prisme d’une certaine rivalité existant entre les deux Premières dames qui se disputeraient le leadership en Afrique centrale. Résultat des courses, l’épouse de Paul Biya l’avait remporté haut la main, « sa » structure s’étant imposée non seulement sur le continent, mais à l’échelon mondial. L’actuelle Première dame du Gabon l’a bien compris, qui dès son entrée au palais de la Rénovation à Libreville se sera empressée d’adhérer à Synergies africaines, mettant ainsi fin à une concurrence rampante qui n’avait pas sa raison d’être. 

En effet, son implication personnelle dans l’atteinte des objectifs de cette ONG a depuis longtemps porté ses fruits, si bien que le bien nommé Centre de référence Chantal Biya qui s’occupe de recherche pour mettre au point un traitement à la portée de tous, à défaut d’un vaccin, fait depuis référence en la matière. 

Mais il y a tellement de moyens financiers mis à contribution dans cette affaire que ce pactole suscite maintes convoitises ; et puisque détourner de l’argent est devenu un sport national au Cameroun, nombreux sont ceux qui depuis guignent  les liquidités disponibles. Et ont jeté leur dévolu sur la cagnotte libérée pour l’Opération Vacances sans Sida, voulue par Chantal Biya et implémentée sue le terrain par le secrétariat général de Synergies africaines à Yaoundé. Si bien que la répartition des fonds alloués (pairs éducateurs, groupes de jeunes…) ferait perdre du temps au lancement d’une campagne appelée à se dérouler pendant toute la durée des vacances. 

Il n’est donc pas très sérieux qu’elle ne commence que ce 04 août, alors que les enfants ont cessé l’école depuis plus d’un mois. S’il s’agit de les conscientiser sur les méfaits de ce virus, où et quand ont-ils dit qu’en juin et juillet, ils ne sont point sexuellement actifs ? Les organisateurs n’ont plus, en ces temps où les parents et leurs progénitures ont déjà, la tête dans la prochaine rentrée scolaire,  que la ressource de rebaptiser cela : Fin de vacances sans Sida…    Ce serait plus cohérent pour une opération qui en est déjà à sa 15ème édition.

Léopold T. Yamdjeu

AFFAIRE CHANTAL ROGER TUILE / MEKULU MVONDO AKAME: Le coup de pied dans la fourmilière

En publiant ce 24 juillet les salaires mirobolants de 27 Dg de sociétés d’Etat ou d’économie mixte, le promoteur  de La Tribune de l’Est Economie s’est attiré les foudres de celui de la Cnps. Au point de subir des menaces qui ne devraient point nous laisser indifférents. 

Deux jours après cette sortie de La Tribune de l’Est Economie, Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame a adressé au journaliste une « mise en garde », dont le ton comminatoire est assez révélateur du courroux qui animait le Dg de la Cnps. Sa lettre qui se voulait ultimatum menaçant même d’une action au pénal,  s’il n’obtenait entière satisfaction de ses desiderata.  Qui se sent morveux se mouche, pourrait-on dire. Car pourquoi n’a-t-on enregistré que la réaction de celui qui se présente comme étant le neveu du chef de l’Etat ? Le mutisme des 26 autres, qui n’ont point eu la même promptitude pour essayer d’infirmer les chiffres avancés sur eux, ne fait que davantage braquer les projecteurs sur M. Mekulu Mvondo Akame, dont les frasques sont depuis connues. Qu’il s’agisse de sa gestion patrimoniale de la structure qui lui a été confiée par « son oncle », ou de ses incartades extraconjugales ayant brisé au moins un foyer. Celui d’une de ses principales collaboratrices à la Cnps, qui depuis y fait la pluie et le beau temps du fait de sa proximité et ses relations particulières avec le grand manitou de la boîte. Lui qu’on nous présente comme étant un Témoin de Jéhovah, ces travers n’étant pas de ceux que tolèrent les règles de cette Eglise…

Dans sa parution suscitée, La Tribune de l’Est Economie nous apprend que le Dg de la Cnps a un salaire mensuel de 11 000 000 de F CFA, montant qu’au demeurant ce journal a réévalué à la… hausse, le portant à 23 475 000 de F CFA dans son édition du 31 juillet. Les émoluments de M. Mekulu Mvondo Akame pouvant être ainsi établis : 3 750 000 F de salaire brut, 200 000 F pour l’eau, 400 000 F pour l’électricité, 400 000 F pour téléphone/internet/Câble Tv, 900 000 F comme dotation en carburant, 1 125 000 F d’indemnité de logement et, excusez du peu, 16 700 000 F de frais de souveraineté ! Soit donc 23 475 000 F CFA, auxquels il convient d’ajouter d’autres avantages et libéralités non comptabilisées ici, car n’étant nécessairement pas mensuelles :  3 500 000 F pour l’assurance-santé, environ 3 000 000 F pour la gestion du domicile, 7 200 000 F pour l’hôtel particulier, 40 000 000 de F pour les frais d’ameublement et d’équipement  du domicile du Dg, 2 véhicules de 100 000 000 de F,  une prime d’installation de 8 millions…

Or tel que prévu par les textes, nous renseigne La Tribune de l’Est Economie avec des documents en fac-similé à l’appui, M. Mekulu Mvondo Akame aurait dû toucher un salaire mensuel de  500 000 F CFA (salaire de base 325 000 F, indemnité de responsabilité 100 000 F, indemnité de représentation 75 000 F). Ceci suivant le décret N°77-292 du 04 août 1977 fixant la rémunération et les avantages en nature des dirigeants des sociétés d’économie mixte et des établissements publics. Pour tout avantage, il y est stipulé (article 8) qu’à ce traitement s’ajoute une prime de rendement qui ne doit être accordée qu’à ceux d’entre eux « qui réalisent des bénéfices ou dont la situation financière s’améliore nettement », le montant de cette prime ne pouvant « excéder trois fois le montant du salaire mensuel ». Ainsi qu’une éventuelle gratification allouée par le Conseil d’administration.

En dénonçant une telle gabegie dans la gestion des fonds publics, dans un pays où la paupérisation est galopante, M. Tuile a fait preuve de professionnalisme et patriotisme, cette prise de conscience à laquelle on est appelés devant contribuer à mettre fin à au pillage aussi éhonté des ressources nationales, au seul bénéfice d’une clique de gens se prenant pour des super Camerounais. Aussi apportons-nous tout notre confraternel et amical soutien à M. Tuile dans ce bras-de-fer auquel veut le contraindre le tout puissant Dg de la Cnps, qui au lieu de plastronner et rouler ainsi des mécaniques, devrait s’amender et demander pardon au peuple camerounais, tout en essayant de réparer autant que faire se peut les conséquences de ses turpitudes.

Léopold T. Yamdjeu

Un autre train de Camrail accidenté

 Il transportait des hydrocarbures, et a déraillé près d’Edéa.

Le train qui était composé de quatorze wagons-citernes, a déraillé dans l’après-midi du 26 juillet. Il circulait entre Douala et Yaoundé, transportant de l’essence et du gasoil. Selon Camrail, « cinq wagons-citernes, transportant du gasoil, se sont couchés sur le côté, et l’un d’eux a fuité ». L’incident aurait fait un blessé, un vigile qui accompagnait le convoi.

Cet incident vient s’ajouter aux précédents des derniers mois mettant en cause Camrail. Comme la catastrophe d’Eseka, survenue le 21 octobre 2016, qui avait entraîné la mort de 79 personnes et fait plus de 600 blessés. Dans la nuit du 8 au 9 mars 2017, trois personnes avaient été fauchées par un train affecté aux travaux de renouvellement de la voie ferrée à Yaoundé. Deux d’entre elles étaient mortes sur le coup, la troisième était décédée à l’hôpital.

EGLISES REVEILLEES: La nécessaire régulation

Il existe une loi contre les manipulations mentales, qui devrait être appliquée pour sanctionne toute dérive.

Marlyse T. est une adolescente vivant à Yaoundé, où elle fréquentait un lycée en classe de 3ème. Pour présenter le BEPC, elle ne comptait pas sur ses connaissances, mais avait toute foi en un « bic béni » que lui avait remis son pasteur, espèce de gourou qui aurait réussi à endoctriner des esprits niais, dont la crédule n’a d’égale que leur bêtise. Ceci au nom de Dieu, Lui qui est le fonds de commerce gratuit que capitalisent des aigrefins. Après avoir passé les épreuves de l’examen, lorsqu’on lui demandait comment elle y avait travaillé, imperturbable la jeune fille répondait : « Je prie mon Dieu. S’il veut que je réussisse, je vais réussir… ». Aïe ! Dieu serait-il le correcteur des épreuves, le jury qui délibère ? Quand les résultats furent publiés, Marlyse T. dut constater que Dieu n’avait pas voulu : elle avait été recalée à son examen. L’explication du pseudo-pasteur, ancien policier reconverti dans les ordres après sa retraite de la Dgsn : « Tu n’as pas assez cru que Dieu le ferait pour toi. A un certain moment, tu as douté. C’est là où Dieu a décidé de te punir parce que tu n’as pas eu entièrement confiance en Lui ».

Ce cas pathétique de dévoiement de la jeunesse n’est guère isolé, loin s’en faut. Déjà qu’un télévangéliste bien connu, de ceux dont la présence permanente à l’écran de leur chaine rend familier même si on a vite fait de zapper, a en avril/mai derniers, fait la réclame pour son Eglise, pompeusement   appelée « ministère ». Il fit la promotion du bic béni pendant cette période précédant celle des examens de fin d’année, promettant le succès assuré à  celles et ceux qui viendraient se le procurer dans sa chapelle. Beaucoup de pigeons y ont cru, nous assure-t-on, dont la majorité s’en mord les doigts. A défaut d’avoir rongé leur crayon en potassant leurs leçons.

Vivement qu’un régulateur comme celui qui s’occupe de la presse, même s’il finira par devenir controversé à l’instar du Conseil national de la Communication, soit créé. Pour au moins faire savoir que la société, par le biais des autorités publiques, a tous ces prédicateurs à l’œil. Pour faire appliquer la loi, rien que la loi, mais toute la loi. Car dans notre arsenal juridique, il existe bien des dispositions légales contre les manipulations mentales.

Les laptops de Biya pour 2018.

A en croire le Minesup Jacques Fame Ndongo, les jeunes filles et garçons suivant un cursus  régulier et dûment inscrits au fichier national des étudiants de l’année académique2016-2017, seront bénéficiaires de ce don du chef de l’Etat, selon un calendrier qui leur sera communiqué dès la réception du premier lot d’ordinateurs attendu  au Cameroun en fin décembre 2017.