EDITORIAL

Chantal Biya et la République

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A juste titre, la presse et l’opinion publique ont épilogué sur la tenue arborée par la Première dame au Boulevard du 20 Mai, lors de la récente fête de l’Unité. Car cela ne saurait, assurent certains, être une simple faute de goût, ce choix délibéré ne pouvant qu’être porteur d’un message sans équivoque en direction de la Nation. Aussi le défi à relever était d’une unique équation : démonter les ressorts secrets de cet acte, pour en mesurer toute la portée. Et la véritable signification.

Car Chantal Biya, jusqu’ici, n’a pas brillé pour son militantisme au sein du Rdpc, dont elle est  la Présidente d’honneur pour la branche féminine. En effet, de par ses multiples activités caritatives dont la portée, la notoriété et les fruits ont depuis longtemps dépassé le triangle national, Chantal Biya est devenue une icône planétaire, stature du reste sanctionnée par sa qualité d’Ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco.  Présidente fondatrice des Synergies africaines contre le Sida et les souffrances, de la Fondation portant son nom, étant à la source de la création du Centre international de référence Chantal Biya, du Cercle  des Amis du Cameroun, le réseau Ecoles des Champions, pour ne citer que ceux-là, cet engagement l’a élevée à la dimension et du continent et du monde, ce qui devrait faire la fierté de tout Camerounais. Sur le plan interne, en dehors de ses apparitions pour soutenir son présidentiel époux, ou ranimer la ferveur chez certains camarades du parti, elle n’aura jusqu’ici joué aucun rôle si ce n’est celui d’inauguratrice de chrysanthèmes. N’ayant du reste aucun poste électif contrairement à son conjoint, qui est depuis sa création plébiscité à la présidence nationale de son parti. Pourtant, elle vient de montrer solennellement sous quel prisme elle veut désormais le seconder dans ses activités politiques, l’aider au mieux à conquérir des victoires futures, par la mobilisation des militants et sympathisants d’une formation politique qui, tel que défini par la constitution, « concourt à l’expression du suffrage universel ». Or, si cela est son droit le plus absolu d’être engagée en politique, il ne faudrait point, ont relevé maints observateurs, qu’il y ait mélange de genre, tant les couleurs d’un parti particulier si près du chef suprême des Armées, sur qui est focalisé l’attention en dehors de celles accordée aux défilants, n’est pas vraiment signe d’unité. Avec la foultitude des conseillers et autres ordonnances qui l’entourent, l’on comprend que cela ne saurait être juste un impair à mettre sur le compte de l’enthousiasme en ce jour festif. Mais malgré tous les avis contraires qui ne peuvent lui avoir été tus, pour porter cette tenue en de telles circonstances, elle aura pris sa décision, sans doute de concert avec son époux, pour venir à la parade du 20 Mai parée des emblèmes du Rdpc. L’on aurait encore pu l’accepter, estiment certains, si au passage de son parti elle était descendue défiler à la tête de leurs troupes avant de revenir s’asseoir à la tribune d’honneur. Cela, nous dit-on, aurait permis de tolérer les motifs et inscriptions de sa tenue vestimentaire en ce jour de rassemblement, occasion qui magnifie davantage le vivre-ensemble des Camerounais que les postures partisanes. D’où la principale conclusion qui doit être tirée de ce message. Point de faux suspense, le chef de l’Etat sera candidat à sa propre succession, et déjà la machine est mise en branle pour être le rouleau compresseur qui matera tout sur son passage. Et on veut à Etoudi que cela soit su.

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Par Léopold T. YAMDJEU

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