Samuel ZE MENDO

Fonction publique : pourquoi l’Etat fait la chasse aux sorcières

Le gouvernement espère réduire les dépenses de l’Etat qui perd plus de 50 milliards de francs CFA chaque année.

Le phénomène des fonctionnaires fictifs coûte plus de 50 milliards  à l’Etat, chaque année.  « Les effectifs du personnel de l’Etat sont passés de 163 000 fonctionnaires en 2006, à 322 000 en moins de 10 ans », confie un cadre du ministère de la Fonction publique. En 2017, l’Etat du Cameroun a dépensé 1100 milliards de francs CFA pour le règlement des salaires des fonctionnaires et des pensions. Pour l’exercice 2018, les pouvoirs publics ont prévu une enveloppe de 1185,5 milliards de francs CFA pour ces deux postes de dépenses, soit 1024 milliards pour les salaires et 161,5 milliards pour les pensions.

Le problème ? Une importante partie de cet argent va dans les poches d’agents fictifs de l’Etat. Mais la guerre est déclarée. Après les experts du Fonds monétaire international (FMI) qu’a suivi le président de la République au moment de dévoiler les grandes lignes de l’exercice budgétaire 2018, le 20 juin 2017, le gouvernement camerounais va procéder dès la fin de ce mois d’avril, à une « opération de comptage physique des personnels de l’Etat ». Cette opération qui se fera sur toute l’étendue du territoire et qui a pour but « d’identifier et d’expurger du fichier solde de l’Etat tous les agents publics y émargeant irrégulièrement » court jusqu’à la fin du mois de juin. Sont visés par cette initiative : les fonctionnaires fictifs, c’est-à-dire ces agents de l’Etat qui perçoivent des salaires sans pour autant travailler de façon régulière à leurs postes respectifs ; les fonctionnaires « fantômes » qui ont déserté leurs postes de travail depuis des années sans toutefois arrêter de percevoir leur salaire ; ceux déjà décédés mais dont les familles continuent de percevoir le salaire par procuration comme s’ils étaient toujours en vie et en fonction ; et enfin, les agents enregistrés dans plus d’une administration publique et qui bénéficient par conséquent de plusieurs salaires.

Assainir le fichier solde

De sources concordantes, des consignes ont été données aux différents ministres du gouvernement et patron de l’administration publique afin de travailler dans le sens d’assurer non seulement une bonne adéquation entre les ressources publiques et la performance des politiques publiques, mais également de décentraliser la gestion des personnels de l’Etat et de la solde à travers la déconcentration de la masse salariale. « L’assainissement du fichier solde devra être renforcé », avait déjà annoncé Paul Biya. Parce que l’argent est rare. Et comme la quasi-totalité des économies africaines, le Cameroun en souffre également du fait des coûts élevés de son engagement dans la guerre contre la secte islamiste nigériane Boko Haram, et le combat mené contre les partisans de sécession plaqués dans les régions anglophones du pays,  de la baisse des recettes non pétrolières due essentiellement à l’entrée en vigueur des Accords de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne en août 2016, du ralentissement de l’économie nationale, de la baisse des cours du baril de pétrole sur le marché international, de même que pour le cacao qui pèse de moins en moins.

Corruption : Vincent Bolloré placé en garde à vue

Selon les informations de « Le Monde », le milliardaire breton est entendu dans une enquête sur des soupçons de corruption autour de l’attribution de concessions portuaires à son groupe, au Togo et en Guinée, en 2010.

Il aurait sans doute préféré aller pêcher la crevette à Beg-Meil, dans le Finistère, qui l’a vu grandir et où il se trouvait lors de la perquisition du siège de son groupe en avril 2016. Mais deux ans plus tard, ce mardi 24 avril, c’est dans les locaux de la police judiciaire, à Nanterre, où il était convoqué en tant que « mis en cause », que Vincent Bolloré était attendu.

Selon les informations du Monde, le milliardaire breton a été placé en garde à vue dans le cadre d’une information judiciaire ouverte notamment pour « corruption d’agents publics étrangers » et portant sur les conditions d’obtention en 2010 de deux des seize terminaux à conteneurs opérés par le groupe Bolloré sur le continent africain, l’un à Lomé, au Togo, l’autre à Conakry, en Guinée.

Les magistrats soupçonnent les dirigeants du groupe d’avoir utilisé leur filiale de communication Havas pour faciliter l’arrivée au pouvoir de dirigeants africains en assurant des missions de conseil et de communication sous-facturées. Et ce, dans un seul objectif : obtenir les concessions portuaires des lucratifs terminaux à conteneurs.

Plusieurs autres cadres du groupe étaient eux aussi en garde à vue ce mardi : le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix, et Jean-Philippe Dorent, responsable du pôle international de l’agence de communication Havas.

Le Monde

Affaire Bibixy et Cie : Agbor Nkongho plaide à l’international

Invité à une session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, l’avocat camerounais a invité ses paires à se mobiliser pour demander la libération des manifestants anglophones dont le verdict de l’affaire les opposant à l’Etat devrait être prononcé ce jour.

Le Président du Centre pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique, Maître Agbor Félix Nkongho, était à Nouakchott en Mauritanie pour la 62ème Session Ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et la 36ème Foire Africaine des Droits de l’Homme. Devant ses paires de la défense des droits et des organisations de la société civile du monde entier, l’avocat camerounais a saisi l’occasion pour lancer un appel visant à revendiquer la libération de Mancho Bibixy, Terence Penn Khan, Tsi Conrad et les autres manifestants anglophones dont le verdict de l’affaire les opposant à l’Etat du Cameroun devrait être prononcé ce mardi au tribunal militaire de Yaoundé.

Agbor Félix Nkongho a surtout exhorté tous les participants de cette Session à s’exprimer et à tenir le gouvernement du Cameroun pour responsable de la détention au secret d’Ayuk Tabe Julius et d’autres personnes extradées du Nigeria. « Ils devraient avoir accès à leurs avocats et à leurs familles », a-t-il dit.

Présidentielle 2018 : Fru Ndi dit non à Maurice Kamto

Le SDF n’envisage aucune coalition avec le MRC qui a déjà son candidat à la présidentielle. Pour le leader de l’opposition, si un parti veut une alliance, ce sera pour soutenir la seule candidature de Joshua Osih.  

Pour affronter et espérer battre le candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) à la prochaine élection présidentielle, certains partis de l’opposition songent déjà à former des coalitions. Au Social democratic front (SDF), l’hypothèse a été barrée de deux traits. Le parti de Ni John Fru Ndi n’envisage aucune alliance. Au contraire, si un parti veut s’associer au leader de l’opposition camerounaise, ce sera pour soutenir Joshua Osih, le candidat du SDF.

C’est en effet l’une des résolutions prises au cours d’une session du Comité exécutif national (NEC) du SDF, le 21 avril dernier. Au cours de cette réunion élargie à l’ensemble des élus dudit parti, le SDF a écarté l’option d’une coalition avec le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dont le candidat déclaré est Maurice Kamto. « Le SDF est la principale formation politique de l’opposition et il n’acceptera aucune coalition avec un candidat d’une autre formation politique qui viendrait avec l’intention d’être le candidat de la coalition. Et donc, c’est soit vous vous s’alliés au SDF et soutenez son candidat, soit vous ne demandez aucune coalition », dit-on dans les rangs du parti de Ni John Fru Ndi. Voilà qui est clair.

SZM

Présidence du sénat : Niat sera fixé sur son sort ce lundi

C’est aujourd’hui que le président sortant de la Chambre haute du Parlement saura s’il bénéficiera une nouvelle fois de la confiance du chef de l’Etat, pour être candidat à sa succession.

Niat Njifenji sera-t-il le candidat du RDPC à la présidence du sénat ? C’est ce lundi que l’homme de 84 ans sera fixé. Le sort du tout premier président de la Chambre haute du parlement camerounais sera en effet sur la table des discussions, à l’occasion de la réunion que la direction du parti qui va tenir avec les sénateurs RDPC au Palais des Congrès, en prélude à la première session ordinaire de plein droit qui va déboucher ce mardi, à l’élection du nouveau bureau de la Chambre. Selon la tradition, le candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) parti pour être plébiscité, doit au préalable être choisi par le président national du parti, par ailleurs chef de l’Etat. Dans l’entourage de Niat Njifenji, l’on croise les doigts.

SZM

Affaire Mida : Paul Biya instruit le remboursement des victimes

Le chef de l’Etat a chargé le gouvernement de prendre toutes les dispositions à l’effet de procéder au remboursement des sommes extorquées.

Le ton est donné. Quatre jours après le début de l’affaire de l’escroquerie de milliers de Camerounais par l’organisation « clandestine » dénommé Mission d’intégration et de développement pour l’Afrique (Mida), le gouvernement camerounais s’engage pour l’indemnisation des victimes de cette duperie. Et c’est le chef de l’Etat qui « a instruit le gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires à l’effet de procéder au remboursement intégral des sommes extorquées aux victimes de cette vaste et abominable escroquerie », a annoncé le ministre de la Communication. Sans donner plus de détails.

Il s’agit de quelques milliards de francs CFA à rembourser aux victimes de cette escroquerie. Des sources parlent d’environ 6 000 Camerounais ayant souscrit à ce programme. « Les responsables de cette organisation et toute la chaîne des affidés et complices ont été identifiés et interpellés. Ils répondront de leurs actes devant les juridictions compétentes », assure Issa Tchiroma qui annonce par ailleurs la suspension des activités de cette organisation. En rappel, le mécanisme utilisé par la Mida consistait à collecter auprès de tout nouvel adhérent, la somme de 12 500 francs CFA, pour lui rétrocéder en un temps très réduit de moins d’un mois, une somme alléchante de 70 000 francs CFA.

SZM

Transport aérien : l’aéroport de Douala ne sera pas fermé

Assurance a été donnée dans un démenti rendu public par le directeur général des Aéroport du Cameroun, le 18 avril dernier.

« Des informations circulent dans certains journaux et télévisions, relayées par les réseaux sociaux » et « faisant état d’un audit de l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci) recommandant la fermeture de l’aéroport international de Douala ». « Les mêmes sources affirment par ailleurs, que le prêt obtenu auprès de l’Agence Française de Développement pour la réhabilitation de l’aéroport international de Douala n’aurait pas été utilisé à cette fin ». Ainsi donc, tout ceci n’était que rumeur. Enfin, si l’on s’en tient aux clarifications apportées récemment par la Direction générale des Aéroports du Cameroun (ADC).

L’Oaci effectue depuis le 18 avril dernier un audit des aéroports internationaux de Yaoundé et de Douala, mais en aucun cas, il n’a été fait mention de ce que cet audit devrait déboucher sur la fermeture de la plateforme aéroportuaire de la capitale économique du Cameroun. « L’Organisation de l’aviation civile internationale est en mission d’audit de sûreté dans les aéroports de Yaoundé-Nsimalen et Douala, sous l’égide de l’Autorité Aéronautique, dans le cadre de son programme de surveillance universelle des Etats-membres dans la mise en œuvre des mesures de sûreté », explique Thomas Owona Assoumou, le directeur général des ADC.

Pour le cas d’espèce poursuit-il, il s’agit d’un audit de suivi des actions correctrices de la mission réalisée en 2015 par l’Oaci. Cette mission qui est à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen depuis le 18 avril s’achève le 21, avant de se rendre le lendemain à Douala, et ce, jusqu’au 27  avril. De plus, apprend-on, la société ADC S.A. a obtenu en 2015, un prêt non souverain de 46 millions d’Euros auprès de l’Agence Française de Développement, pour le financement du projet de modernisation de l’aéroport international de Douala. Ce projet comporte deux composantes. La première était consacrée à la réhabilitation des chaussées aéronautiques dont les travaux ont été entièrement réalisés en 2016. Et la deuxième composante concerne la rénovation et la reconfiguration de l’aérogare passagers. « Au stade actuel, le dossier de consultation d’entreprises a été transmis à l’Agence Française de Développement pour l’obtention de son avis de non objection, préalablement au lancement de l’appel d’offres international restreint prévu avant la fin du mois d’avril 2018 », assure le DG des ADC.

SZM

RDC : Constant Omari arrêté et placé en garde à vue

Le président de la Fédération congolaise de football association (FECOFA), par ailleurs vice-président de la Confédération africaine de football (CAF) est visé par une enquête diligentée par le Conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le terrorisme.

Le président de la Fédération congolaise de football association (FECOFA), Constant Omari Selemani, et deux de ses vice-présidents, Roger Bondembe Bokanianga, Théobald Binamungu Rubambura, ainsi que le secrétaire général au ministère des Sports, Barthélemy Okito ont été arrêtés et placés en garde à vue au Parket de Kinshasa-Matete. Selon plusieurs médias congolais citant les services du conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le terrorisme, ces arrestations ont eu lieu mardi. Et elles font suite, expliquent les mêmes médias,  aux enquêtes menées par les services du conseiller spécial du chef de l’Etat, depuis avril au sujet de la justification des fonds reçus de l’Etat et qui concernent également les clubs congolais engagés en compétitions africaines.

Lutte contre les sécessionnistes : Biya offre une indemnité aux soldats

Selon l’Agence de presse africaine (APA), le chef de l’État camerounais, a décidé du paiement d’une « prime de soutien » d’un montant de 30.000 FCFA par personne et par mois, jusqu’aux plus petits échelons, au profit des soldats engagés dans les opérations de paix et de sécurité dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.  

Cette gratification, qui prend effet à compter de mars 2018, équivaut à la prime de guerre déjà versée aux personnels engagés dans la lutte contre la secte islamiste Boko Haram dans l’Extrême-Nord.

Depuis fin 2016, l’armée camerounaise est fortement déployée en zone anglophone, où des activistes de la sécession ont établi une forme de guérilla contre le pouvoir de Yaoundé, qu’ils accusent de marginaliser cette partie du pays qui représente quelque 20% des 25 millions de citoyens.

Selon le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, l’armée a depuis lors perdu 27 éléments tombés à la suite d’actes terroristes, avec en outre 18 cas de viol sur des filles âgées de 13 à 18 ans attribués auxdits indépendantistes.

APA

Présidentielle 2018 : Maurice Kamto candidat

Le président du MRC a été investi par son parti lors de la deuxième convention ordinaire qui s’est tenue du 13 au 15 avril à Yaoundé.

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a son candidat pour l’élection présidentielle d’octobre prochain. Le parti  investi Maurice Kamto pour affronter le futur candidat du parti au pouvoir, Joshua Osih du SDF, Akere Muna et les autres candidats qui vont se déclarer dans les semaines à venir. Le président du MRC a été choisi par ses camarades à l’occasion de la deuxième convention ordinaire du parti qui s’est tenue du 13 au 15 avril à Yaoundé.