La situation alimentaire continue de se dégrader au Soudan du Sud

Le nombre de personnes ayant besoin d’aide alimentaire au Soudan du Sud ne cesse d’augmenter. Selon une étude réalisée par les Nations unies et le gouvernement de Juba, plus 7 millions de personnes sont affectées par l’insécurité alimentaire.

« La situation alimentaire s’est encore dégradée au cours des derniers mois, insiste Serge Tissot, un responsable de l’Organisation pour l’agriculture et l’alimentation, la FAO. Nous avons plus de 7,1 millions de personnes affectées par la crise alimentaire. C’est beaucoup plus que les années précédentes. C’est un million de plus qu’en 2017. »

Bien que les ONG et associations fassent de leur mieux pour venir en aide aux populations, cela reste insuffisant, rappelle la FAO. « Fort heureusement, les acteurs humanitaires ont déjà des activités très importantes sur le terrain, donc on n’a pas de risques de famine à l’heure actuelle. Ce qui n’empêche qu’on ne couvre pas tous les besoins de la population. »

Les fermiers fuient les combats

Serge Tissot souligne que la principale cause de cette situation est l’insécurité dans la région. « La différence principale entre 2017 et 2018, c’est le fait que la production agricole a fortement régressé, dû au fait que les fermiers ont quitté leurs champs à cause des problèmes de sécurité. »

Les combats qui se poursuivent y sont pour beaucoup. Le responsable de l’Organisation pour l’agriculture et l’alimentation explique que « beaucoup de fermiers ont quitté leurs champs pour aller dans les camps de réfugiés en Ouganda ». Or, cette zone frontalière est très importante pour la production agricole, rappelle Serge Tissot.

« Ça représente plus de 20% de la production agricole pour le pays, donc cette zone fait déficit au niveau de la sécurité alimentaire en 2018. La seule solution pour l’avenir est d’avoir un minimum de paix et de stabilité dans le pays, de manière à ce que les fermiers puissent retourner dans leurs champs et se remettent à produire. »

Tuerie de Floride: Les lycéens de Parkland dans le collimateur de «l’alt-right»

Depuis la tuerie du lycée de Parkland en Floride, leurs élèves sont devenus les visages du militantisme contre les armes à feu aux États-Unis. Dès les premières heures après le massacre, ils ont dénoncé l’inactivité des politiques et notamment de Donald Trump, face à la multiplication des fusillades en milieu scolaire : 18 depuis le début de cette année aux États-Unis. Mais sur internet, les lycéens de Parkland sont devenus la cible de l’extrême droite américaine et des adeptes de théories complotistes, qui les accusent d’être des acteurs ou d’être manipulés par la gauche.

de notre correspondant à San Francisco,

Sur les réseaux sociaux, des vidéos accusent les victimes de la fusillade de Parkland d’être des acteurs, notamment manipulés par le camp anti-Trump et les anti-armes à feu.

Certaines de ces vidéos sont devenues virales ces derniers jours, à un tel point que YouTube a dû s’excuser pour cela. Car mercredi matin, sur la page d’accueil, la première vidéo conseillée par le site, car elle était en tête de ses partages, était celle qui accusait David Hogg, l’un des lycéens survivant le massacre, d’être tout simplement un acteur professionnel.

Des tweets aimés par Donald Trump Jr

Pour appuyer sa théorie complotiste, l’auteur a déterré des extraits d’une interview donnée par le lycéen de 17 ans à une chaîne de télévision locale lors de ses vacances en Californie cet été au sujet d’un banal fait divers. Bien avant la tuerie de Floride et sans aucun rapport avec cette dernière. Bilan : plus de 200 000 vues avant d’être retirée par YouTube.

Il était pourtant trop tard, car ces contenus ont pris une vraie ampleur virale aux États-Unis. Certains tweets calomniant la victime ont même été aimés par Donald Trump Jr, le fils du président américain. Résultat : David Hogg a dû s’exprimer sur CNN pour nier être un « acteur » payé par la cause anti-armes. « Je suis juste quelqu’un qui a dû assister à tout cela et qui doit vivre avec tout cela », a déclaré le jeune homme visiblement consterné par ces calomnies complotistes.

Quand des victimes se muent en militants

Il est dans le viseur des théories conspirationnistes sûrement parce qu’il est devenu avec ses camarades le porte-voix de la cause anti-arme à feux aux États-Unis après les 17 morts de son lycée. David Hogg est d’autant plus dans le collimateur que son père est un agent retraité du FBI, particulièrement critiqué par Donald Trump pour ne pas avoir réagi malgré les alertes sur le comportement du tueur.

Mais surtout c’est la première fois que des victimes prennent la parole pour se muer en militant d’une réforme de la législation sur les armes. Toujours très éloquents, ces lycéens de Parkland ont ému l’opinion avec de vibrants discours dans les heures qui ont suivi la tuerie. Ils sont parvenus à déclencher un débat aux Etats-Unis, poussant le président à réagir. Les survivants ont également promis de manifester à Washington le 24 mars et ont reçu un million de dollars en soutien de l’acteur George Clooney et de l’animatrice Oprah Winfreh.

Des survivants « utilisés comme outils politiques » ?

Les lycées sont par conséquent devenus la bête noire de l’alt-right, l’extrême droite américaine. Un site ultraconservateur les accuse même d’avoir été « utilisés comme outils politiques par l’extrême gauche » et d’avoir reçu une préparation de la CNN, média détesté par les ultraconservateurs américains.

Gabon : Jean Ping à nouveau interdit de quitter le pays

Alors qu’il doit se rendre à Paris dimanche matin, la justice gabonaise vient de sommer le leader de l’opposition gabonaise, chef de file de la Coalition pour une Nouvelle République qui se présente comme le « Président élu » du Gabon, à renoncer à quitter le territoire national.

Dans plusieurs courriers officiels tous datés de ce vendredi 12 janvier, le premier juge d’instruction auprès du tribunal de Première instance de Libreville, Marie Christine Lebama, interdit Jean Ping de quitter le Gabon. Celle-ci évoque une convocation de l’opposant le 17 janvier sur l’affaire qui oppose le ministère public gabonais à Pascal Oyougou, un soutien du leader de l’opposition gabonaise incarcéré en septembre 2017 pour atteinte à la sûreté de l’Etat après un rassemblement interdit au début du même mois.

C’est cette convocation dans le cabinet du juge d’instruction qui vaut à Jean Ping, cette interdiction de sortir du territoire national « jusqu’à nouvel ordre », peut-on lire dans un second courrier adressé en urgence ce vendredi à la direction de la police des airs et des frontières. Alors que Jean Ping doit se rendre à Paris ce dimanche. Une situation qui pourrait mettre le feu aux poudres dans le pays qui n’est toujours pas sortie de la crise politique née de la réélection toujours controversée d’Ali Bongo à la présidentielle d’août 2016.

SZM

Angola : l’Etat va libéraliser sa monnaie au cours de ce trimestre

Asphyxié par la chute des prix du pétrole depuis mi-2014, l’Angola prévoit de faire flotter librement sa monnaie, le « Kwanza », dans une fourchette cible avant la fin de ce trimestre, a annoncé mercredi le gouverneur de la banque centrale, José de Lima Massano.

L’Angola va libéraliser sa propre monnaie, le « Kwanza » d’ici la fin de ce premier trimestre de l’année 2018. Toutefois, la Banque centrale du pays s’engage à intervenir avec des « mesures correctives » si cette monnaie dévisse hors de la fourchette cible. Arrimé actuellement au dollar au cours de 166 pour un billet vert, le kwanza se négociait mercredi à plus de 400 par dollar sur le marché noir, indique l’Agence Ecofin. Selon l’autorité de régulation monétaire, la possibilité de sa dépréciation brusque est imminente pour de multiples raisons, dont la pénurie de dollars qui ébranle investisseurs et importateurs. « Nous avons un taux de change qui ne reflète pas la vérité », a-t-il avoué.

De 20 milliards $ au début de 2017, les réserves de change ont fondu de façon continue passant de 15,4 milliards en octobre à 14,2 milliards en novembre, révèle Bloomberg. La pénurie de dollars a obligé des centaines d’entreprises à se démener pour payer les travailleurs et fournisseurs étrangers, ce qui a incité nombre d’entre eux à quitter le pays, deuxième producteur de pétrole du continent africain.

SZM

Guinée : Obiang dénonce une « guerre » en préparation contre lui

Le président de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, a appelé à la « vigilance », car une « guerre » serait en préparation contre son régime.

La Guinée Equatoriale a échappé à une « déstabilisation ». La tentative manquée par près de 38 assaillants tchadiens, centrafricains, camerounais et équato-guinéens, lourdement armés a poussé le chef de l’Etat équato-guinéen à sortir du silence. « On est en train d’organiser une guerre car ils disent que j’ai passé beaucoup de temps au pouvoir », a déclaré à l’AFP, Téodoro Obiang Nguema en appelant ses compatriotes à la « vigilance » pour éviter que ce « on » ne renverse son régime. Vendredi, Malabo avait parlé d’une « tentative d’invasion et de déstabilisation ». La Guinée Equatoriale a fermé sa frontière avec le Cameroun et le Gabon, notamment au poste-frontière de Kye Ossi, où ont eu lieu les arrestations.

« La frontière entre la Guinée équatoriale et le Cameroun de Kye Ossi est toujours fermée, et même la frontière avec le Gabon », a indiqué dimanche à l’AFP par téléphone Gustavo, un habitant d’Ebibeyin, ville équato-guinéenne proche des frontières avec le Cameroun et le Gabon. Des sources locales contactées par l’AFP, ont en outre indiqué que des renforts de l’armée équato-guinéenne ont été envoyés à la frontière avec le Cameroun. « Je veux une transition heureuse, je ne veux pas la guerre », a affirmé Obiang, 75 ans, dont 38 au pouvoir, qui s’exprimait lors de la cérémonie des « vœux de bien-être » adressés au président par le public, les militants du parti au pouvoir, les institutions législatives et le pouvoir judiciaire.

« Je ne suis pas au pouvoir parce que je veux y être. Quand vous voulez, vous pouvez me dire : président, tu as déjà travaillé beaucoup. Et je m’en irai », a ajouté le président Obiang, dont les propos ont été diffusés à la télévision d’Etat.

SZM

Guinée Equatoriale : une tentative de déstabilisation mise en échec par la police camerounaise

Selon la diplomatie équato-guinéenne, 38 assaillants tchadiens, centrafricains, camerounais et équato-guinéens, lourdement armés, ont été arrêtés par la police camerounaise à la frontière de Kye-Ossi, rapporte l’AFP.

Ces hommes équipés de « lance-roquettes, de fusils et beaucoup de munitions » sont accusés de « tentative d’invasion et de déstabilisation ». Toujours selon l’AFP, une enquête a été ouverte au Cameroun par la sécurité militaire et la police locale à Ebolowa.

Ce n’est pas la première fois que le pouvoir de Teodoro Obiang Nguema est menacé. La dernière tentative de coup d’Etat a eu lieu en 2004. Elle avait été menée par Simon Mann, un ancien officier sud-africain, soutenu par Mark Thatcher, le fils de l’ancienne première ministre du Royaume Uni.

SZM

Nigéria : la Suisse restitue des fonds détournés par Sani Abacha

Au pouvoir de 1993 à 1998, l’ancien dictateur est accusé d’avoir détourné quelques 5 milliards de dollars des coffres de son pays. De l’argent déposé dans diverses banques en Europe et aux Etats-Unis. Le Nigeria et la Suisse ont signé une lettre d’intention l’année dernière. Et un accord a été finalisé en ce mois de 4 décembre.

Vingt ans après son règne, la Suisse va enfin restituer l’argent détourné par le dictateur Sani Abacha : 321 millions de dollars déposés sur des comptes en Europe et aux Etats-Unis par le général et sa famille. De l’argent qui avait été bloqué par la Suisse dans le cadre d’une procédure pénale contre Abba Abacha, le fils de l’ancien dictateur mort en 1999.

Selon Roberto Balzaretti, un des négociateurs suisses, ce versement sera le dernier. « Il n’y a plus rien en Suisse, affirme-t-il. Il y a eu ces deux processus de restitution : d’abord sur quelques 600 millions de dollars il y a quelques années, et puis maintenant cette tranche que nous appelons dans le langage technique « Abacha 2 ». Avec ces 321 millions qui vont être restitués au Nigeria, il n’y a plus d’argent, voire de patrimoine quelconque de la famille Abacha en Suisse ». L’accord prévoit que la restitution se fasse par échéance sous le contrôle de la Banque mondiale et que les fonds soient utilisés pour des programmes de lutte contre la pauvreté.

« Hypocrisie »

Une bonne nouvelle pour Yemi Adamolekun, de l’organisation nigériane de lutte contre la corruption Enough is Enough (EIE), mais qui s’inquiète tout de même de l’utilisation de ces fonds. « Le programme de lutte contre la corruption initié par le gouvernement a beaucoup été critiqué pour son manque de clarté, notamment sur l’utilisation de ses fonds recouvrés. Ils sont listés dans notre budget comme étant des revenus. Mais de nombreuses organisations ont demandé à ce que ses revenus soient traités séparément et alloués à des secteurs spécifiques », rappelle-t-elle. « Il s’agit d’argent qui a été volé, mais cet argent n’a pas été gardé sous un oreiller – bien qu’on ait appris que d’importantes sommes en liquide aient été retrouvées à son domicile. Ces grosses sommes d’argent ont été déposées dans des institutions financières dans des pays occidentaux, souligne-t-elle. Donc, il y a une certaine hypocrisie de la part de ces pays à reconnaître qu’il s’agit d’argent volé, tout en acceptant que cet argent soit entreposé dans leurs institutions financières parce qu’au fond cet argent fait vivre leurs banques ».

SZM

Yémen: l’ancien président Ali Abdallah Saleh a été tué à Sanaa

Les rebelles houthis, au Yémen, affirment que l’ancien président Ali Abdallah Saleh aurait été tué lors de combats dans la capitale, Sanaa. Une information confirmée quelques heures plus tard par une dirigeante du parti de l’ex-chef de l’Etat. Les Houthis étaient entrés en conflit avec l’ancien dirigeant yéménite, qui avait tendu la main à l’Arabie saoudite la semaine dernière.

La chaîne de télévision Al-Massira a annoncé la nouvelle de la mort de l’ex-président Ali Abdallah Saleh lors de combats dans la capitale Sanaa, en ces termes : « Le ministère de l’Intérieur (contrôlé par les rebelles) annonce la fin de la milice de la trahison et la mort de son chef (Ali Abdallah Saleh) et d’un certain nombre de ses éléments criminels. ».

Des photos ainsi que des vidéos circulent sur les réseaux sociaux. Elles auraient été prises juste avant l’annonce des Houthis. L’ancien président, apparemment sans vie, y apparaît avec une profond entaille à l’arrière de la tête, la chemise ensanglantée.

«Tombé en martyr »

Une dirigeante du parti de l’ex-président Saleh, le Congrès populaire général (CPG) a confirmé la nouvelle quelques heures plus tard à l’AFP. « Il est tombé en martyr en défendant la République », a déclaré cette membre d’une instance du parti, attribuant son meurtre aux Houthis.

Ali Abdallah Saleh et d’autres hauts responsables du parti ont essuyé des tirs nourris de rebelles Houthis alors qu’ils quittaient la capitale yéménite pour des zones tenues par des forces pro-Saleh.

Des miliciens Houthis ont bloqué un convoi de quatre véhicules à environ 40 km au sud de Sanaa et ont tué par balle Ali Abdallah Saleh, ainsi que le secrétaire général du CPG, Arif al-Zouka, et son adjoint Yasir al-Awadi. Les rebelles affirment avoir tiré une roquette pour immobiliser son véhicule blindé. Il l’aurait ensuite abattu.

Tensions entre Saleh et les Houthis

Ces derniers jours les Houthis étaient en conflit ouvert avec l’ancien chef de l’Etat, Ali Abdallah Saleh. Accusé d’avoir repris contact avec Riyad, Saleh s’était en effet dit prêt à ouvrir une nouvelle page avec les Saoudiens, ses ennemis jusque-là. Autrement dit l’ancien président était prêt à lâcher les Houthis pour s’entendre avec le voisin saoudien. Riyad, dès ce matin, a bombardé sans répit la capitale pour venir en aide à son allié de la dernière heure, mais apparemment trop tard.

La chaîne de télévision des Houthis, Al-Massira, corroborée par des témoins, affirme que les miliciens chiites s’étaient rendus maîtres dans la capitale de la résidence du neveu de Saleh, Tarek, un général qui est l’un des principaux soutiens de l’ancien président. Des habitants affirment également que les Houthis avaient fait sauter la maison de l’ex-président Saleh dans le centre de la capitale. Il semblerait à présent que les miliciens chiites progressent vers le village natal de l’ex-président, près de Sanaa, où celui-ci possède un palais fortifié.

Les Houthis et l’ancien président Ali Abdallah Saleh s’étaient alliés en 2015 pour faire face à l’intervention militaire d’une coalition conduite par l’Arabie saoudite pour rétablir au pouvoir le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi.

Source: www.rfi.fr